Quand les Normale Sup débattent de la démocratie dans l’entreprise


Par Marc Dupuis (D&E)

 

Le débat sur la démocratie dans l’entreprise est peu présent à gauche, il faut donc saluer l’initiative de la section Normale Sup du PS de lancer le 18 novembre  une série de débats dans cette prestigieuses Institution sur un thème qui nous est cher. Ce débat s’inscrit dans une réflexion plus large sur un modèle alternatif de développement

Les organisateurs avaient pris soin de distribuer quelques textes choisis sur la question du dialogue social en France et notamment ceux de Thomas Philippon, professeur à New York University.

Plusieurs représentants des forces sociales étaient présents dont des syndicalistes et des cadres

Le constat du mauvais climat social en France est une toile de fonds de la discussion, mauvais climat issu d’une double tradition, rigidité du patronat mais aussi méfiance des syndicats à l’égard de toute forme de cogestion. Des droits  existent  à la suite des lois Auroux  mais demeurent souvent lettre morte les directions les vidant de leur contenu, et mettant les syndicalistes en porte à faux.

L’évolution du management vers des groupes de projets, des organigrammes matriciels, une responsabilisation des équipes de production, tiennent à l’écart les employés  dès qu’il s’agit de questions stratégiques de l’entreprise.

Plus grave, la fragmentation des statuts des contrats de travail, l’utilisation effrénée de la sous -traitance où le droit du travail est ignoré rendent  bien difficile de faire éclore une confiance des salariés dans le système, ne leur laissant le choix le plus souvent que de pratiquer des grèves courtes et sans succès évident.

A côté, les exemples de l’Europe du Nord, développés par l’un des participants, montrent que d’autres types de relation sont possibles basés sur un taux de syndicalisation massif, une formation des syndicalistes, une culture du compromis qui n’est pas compromission et une volonté de cogestion des affaires .

De gros progrès sont à faire en France par un renforcement du syndicalisme, la sensibilisation du personnel, la formation au droit du travail dès l’école, une culture économique à répandre. Encore faut-il que la volonté politique existe au plus haut niveau,. N’est ce pas le rôle des forces progressistes de la promouvoir ?

Au total, un bon débat, on regrettera cependant l’absence d’entrepreneurs qui auraient pu apporter un éclairage complémentaire dans une discussion qui devra se poursuivre et pas seulement à Normale Sup.

Marc

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