Concilier les français et les entreprises : mission impossible ?


Par Marc  (D&E)

La publication par les Echos[1] des principaux résultats  de l’enquête TNS- SOFRES  sur les relations employeurs salariés place cruellement le projecteur sur un  climat social  caractérisé par le manque de confiance entre partenaires sociaux

Cette enquête réalisée en 2009 porte sur un millier d’interviews.   Elle fait ressortir en particulier que pour 80 % des interrogés les intérêts des dirigeants et des salariés ne vont pas dans le même sens 

Cette divergence n’est pas nouvelle, la France figurant en queue de peloton des pays développés en terme de climat social comme l’ont montré de nombreuses études,  et ce n’est certes pas la crise qui améliore le climat social 87 % des interrogés  craignant une délocalisation des entreprises dans les années à venir et 45% se sentant menacés dans leur emploi.

Le stress croissant qui marque l’ambiance au travail n’est donc pas le seul  élément explicatif du désamour entre les salariés de notre pays et leurs entreprises, s’y ajoute le caractère  perçu comme particulièrement choquant de voir des firmes bénéficiaires  licencier leur personnel (64% des interviewés) et une gamme d’appréciation négatives allant de la déception à la méfiance en passant par la lassitude. S’y ajoute aussi la perception croissante de l’autoritarisme au sein des entreprises mettant en danger les changements observés dans les dernières décennies dans les méthodes de management.  Or ce regain d’autoritarisme vient en contradiction avec l’évolution des modes de travail vers  des organigrammes plus transversaux que verticaux, plus  en réseau qu’en hiérarchie, modes de management auxquelles les jeunes générations sont particulièrement sensibles.

Curieusement, ce divorce  entre employeurs et salariés ne se retrouve pas dans la perception des fondamentaux économiques de l’entreprise jugée comme solide, responsable et sachant s’adapter par la majorité des répondants.

Bien sur il faudrait aller beaucoup plus loin dans l’analyse et nous le ferons. Mais la tendance lourde  est là qui mine le climat social, et affaiblit notre pays sur le plan international. D’autant que cette méfiance déborde aussi sur les syndicats (53% ne leur font pas confiance) et rejaillit encore plus sur la cote du MEDEF (86% de méfiants)

Est  ce à dire que la mission que nous nous donnons à Démocratie & Entreprises de « concilier les français avec l’entreprise » est une mission impossible, et que la prise en compte et le traitement par celles-ci  de l’énorme déficit de confiance des salariés dans leurs directions  ne serait qu’utopie ?

Nous pensons le contraire, car un bon climat économique ne peut être que corrélé à un bon climat social dans un pays démocratique. D’autres pays ont fait mieux pourquoi pas la France ? Un chantier énorme et  urgent !


[1] Les Echos 30 novembre 2009

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