Heuliez et Ségolène Royal


Par Alain Loréal (D&E)

Pour la pluspart des politiques l’Entreprise est une « boite noire » qui se résume trop souvent aux « fleurons de l’industrie » et/ou aux « entreprises innovantes ». La réalité est que 95% des entreprises en activité en france ne sont ni l’un ou l’autre mais du « basique » (Bâtiment, restauration, tertiaire, sous-traitant industriels…), qu’elles sont aussi le principal employeur du pays et une part  essentielle  de la contribution fiscale au budget de l’Etat.

Quand ces mêmes politiques se mêlent de faire des montages financiers, on peut craindre le pire. Heuliez est de ce point de vue exemplaire. A la lecture des deux dépêches d’Agence ci-dessous on peut légitimement s’intérroger sur la viabilité du plan soutenu par Ségolène Royal. Si sa démarche n’est pas contestable sur le fond et s’inscrit dans le rôle que beaucoup souhaiteraient voir jouer à la puissance publique (l’Etat Investisseur) il semble, dans le cas d’espèce, que le partenaire choisi (BKConsultants) est en train de rouler tout le monde dans la farine, la Région comme l’Etat. En effet son apport en capital est virtuel (une créance) et ce sont les fonds publics qui relanceront l’activité Heuliez.

En cas d’échec à court terme de cette reprise, ce que personne ne souhaite, c’est tout un nouveau mode de gestion des finances publiques (l’investissement productif) qui en serait contrarié.

 Dépêche AFP de ce jour :

Une réunion destinée à « débloquer » la situation dans le dossier de reprise du constructeur automobile Heuliez par le président de Bernard Krief Consulting (BKC) Louis Petiet s’est ouverte aujourd’hui à Bercy, en présence du ministre de l’Industrie Christian Estrosi et de Ségolène Royal.

Contrairement à ce qu’il avait déclaré hier, Louis Petiet prend également part à cette rencontre, ainsi qu’un représentant du Fonds stratégique d’Investissement (FSI), qui doit apporter 10 millions d’euros dans cette opération. « Je pensais au début que ce n’était qu’une réunion technique. Mais j’ai appris par la suite que c’était une réunion avec une dimension politique et de soutien public à Heuliez. Donc, j’ai changé d’avis », a expliqué le président de BKC.

Ségolène Royal, présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, où est implanté le constructeur, et qui a promis d’apporter cinq millions d’euros, s’est préalablement entretenue pendant une vingtaine de minutes avec Christian Estrosi. Rien n’a filtré de cette discussion.

Dépêche AFP du 17/12

Les différents acteurs du dossier Heuliez parviendront-ils à s’entendre ? Alors que Louis ­Petiet, le repreneur de l’entreprise, multiplie les déclarations rassurantes, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) attend toujours des preuves formelles sur ses engagements financiers. En signe de bonne volonté, le FSI a décidé, ce jeudi, de placer les 10 millions d’euros qu’il pourrait apporter au capital du constructeur automobile sur le compte séquestre d’un avocat à Niort. La somme sera effectivement débloquée en une fois si trois conditions sont remplies.Le FSI attend que Louis Petiet procède à l’augmentation de capital de 16 millions d’euros promise cet été. Mercredi, il a dévoilé son nouveau schéma de financement. Il n’est plus question que Midex, ­entreprise des Émirats, investisse. Il «attend que l’État français tienne ses engagements pour apporter des fonds», explique Issam Khairallah, son président, au Figaro. Il ne précise pas quels sont ces engagements. «Sans Midex, ajoute-t-il, Heuliez ne peut rien faire. La commande de 14 000 véhicules pour les aéroports des Émirats, c’est nous.

Dans le nouveau schéma présenté par Louis Petiet, 15 millions proviennent de la cession de 10% d’Heuliez Concord Capital à un groupe industriel français coté en Bourse. Heuliez Concord Capital est la société dans laquelle Louis Petiet a logé les actifs immobiliers et ­industriels (machines) d’une partie des entreprises qu’il a récemment rachetées (Heuliez, l’ex-DMC…). Ce holding dispose d’une filiale, Heuliez New World, qui, elle-même, détient Heuliez Véhicules électriques (VE). Les 15 millions d’euros, qui sont en fait une créance, ont été transférés aujourd’hui à Heuliez VE. «Il s’agit d’une créance certaine, le nom de l’émetteur sera connu début janvier», explique Louis Petiet, qui boucle son financement avec 1 million d’euros tirés sur les comptes courants de son ­entreprise, Bernard Krief Consulting (BKC).

La deuxième réserve du FSI porte sur la signature à venir d’un pacte d’actionnaires qui garantisse un siège au conseil d’administration d’Heuliez VE à un de ses repré­sentants. Louis Petiet a qualifié ­cette demande de «parfaitement ­légitime»Troisième point de désaccord : la valorisation d’Heuliez VE. Louis Petiet a repris Heuliez pour 60 000 euros cet été dernier. Aujourd’hui, il valorise l’entreprise 19 millions d’euros. Il met en avant le travail effectué par ses consultants depuis quatre mois, un carnet de précommandes qui correspondrait à 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010 (au lieu des 90 millions prévus). Cette valorisation est beaucoup trop élevée selon le FSI, qui refuse que son apport ne représente plus que 20% du capital d’Heuliez VE, et non 32,26% comme initialement convenu.

 

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