Théories du Management : vers un renouveau ?


Par Marc Dupuis (D&E)

Il ne se passe guère de semaines sans que paraisse un ouvrage sur le développement durable, mais qu’en est-il de la responsabilité des entreprises sur notre écosystème ? Comme le note Olivier Delbard dans son excellent ouvrage « Pour une entreprise responsable » les entreprises ne sont pas absentes de ce grand débat qui vient remettre en cause un poncif néolibéral qu’énonçait simplement Milton Friedman, grand inspirateur de cette pensée en 1970 « la responsabilité de l’entreprise c’est d’accroitre le profit »
Le thème de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) dont on trouve les prémisses dès les années soixante, a pris son envol au début des années 2000, il remet en cause le dogme du profit comme but et moteur unique de l’entreprise. L’impact de ce tournant se fait sentir chez les chercheurs en management, dans les universités et grandes écoles où se forment les entrepreneurs de demain. Les chaires de développement durables et les enseignements sur l’éthique des affaires se multiplient, HEC développe une Majeure « Alternative Management » qui a pour but de former des entrepreneurs autour d’une vision alternative des missions de l’entreprise
Les « états généraux du management « qui réuniront en octobre 2010 la crème de l’enseignement et de la recherche managériale pour la seconde année consécutive ont mis en bonne place dans leur appel à communication le thème « « entreprise, démocratie et bien commun » on y parlera entre autres du partage du profit et des nouvelles formes de responsabilités de l’entreprise.

L’entrée de la RSE dans les théories du management s’est faite largement en contrepoint d’une interprétation unilatérale de l’entrepreneuriat, et principalement des pouvoirs dans la société anonyme plaçant l’actionnaire comme générateur quasi unique du risque, de la formation du profit et comme bénéficiaire de ses fruits. L’introduction de la théorie des parties prenantes selon laquelle outre les actionnaires, les intérêts des salariés, des fournisseurs, des consommateurs, et de la collectivité toute entière sont à prendre en compte a ouvert une brèche dans le dogme managérial.

Cette brèche peut également s’appuyer sur d’autres approches académiques mais aussi stratégiques comme la théorie des compétences clés, qui démontre que le succès d’une entreprise s’appuie non seulement sur son adaptation à son environnement mais tout autant sur bonne identification et mobilisation de ses compétences qui trouve sa source dans un partage entre parties prenantes de la formation de la valeur et de sa répartition

Les critiques justifiées sur la part de communication et d’auto justification des pratiques effectives de certaines entreprises ne sauraient faire oublier qu’une nouvelle ère s’engage autrement excitante pour les chercheurs que l’éternel « make money and profit »

Pour autant le profit reposant sur la production de biens et de services correspondant à une juste rémunération des facteurs, demeure un élément indispensable à la survie et au développement de l’entreprise, ce n’est pas l’un des moindres mérites d’ouvrages comme celui d’Olivier Delbard, de montrer que cet objectif est pleinement compatible avec le développement durable

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