Coopératives : un modèle en croissance

Par Muriel Jaouen

Pivot de l’économie sociale, le système coopératif confirme sa bonne santé.

Près d’un million. C’est le nombre de salariés travaillant au sein de coopératives en 2008 en France. Un effectif en croissance régulière depuis 2004, selon une récente étude du Groupement National de la Coopération (GNC), qui constate la bonne santé du modèle coopératif, tant en termes économiques que sociaux.

Avec un business cumulé passé de 227 milliards d’euros en 2004 à 260 milliard en 2008, l’économie coopérative est aujourd’hui présente dans la plupart des secteurs économiques. Entreprises essentiellement régionales, les coopératives ont pour vertu de n’être ni délocalisables, ni “opéables”. Elles interviennent donc comme des acteurs structurellement implantés dans les territoires et garantissant des emplois stables : 875 000 en 2004, 975 000 en 2008.

La population des sociétaires, elle aussi, augmente : 19 300 000 en 2004, près de 22 500 000 quatre ans plus tard. Une croissance qui traduit l’écho favorable auprès du grand public des valeurs coopératives et témoigne de la portée des campagnes de sociétariat régulièrement menées par les différentes branches sectorielles. Côté coopératives de consommateurs, Coop Alsace, par exemple, a vu le nombre de ses sociétaires quadrupler en quatre ans (42 000 en 2004, plus de 160 000 en 2008). Les coopératives de consommateurs regroupent aujourd’hui un million de sociétaires et génèrent 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les banques coopératives ont également investi dans la promotion de leur modèle. A l’image de la Caisse d’Epargne qui a ouvert son site www.societaires.com et lancé une campagne d’affichage.

L’essor du schéma coopératif se décline jusqu’aux Sociétés coopératives de production (Scop). La Confédération Générale des Scop (CG Scop) recense à fin 2008 quelque 1893 entreprises adhérentes, pour 39 929 salariés. En cinq ans, le nombre de sociétés coopératives s’est renforcé de 355 unités, sous forme Scop mais aussi de Scic (Sociétés coopératives d’intérêt collectif, 73 adhérentes). Quant à l’effectif salarié, il a également progressé avec 4 830 emplois supplémentaires, soit l’équivalent de près de 1 000 nouveaux emplois par an.

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La Théorie du « Marché Efficace » réfutée à Davos !

Par Daniel Gross – Traduction A.Loréal

Cette après-midi, en me promenant dans le Centre des Congrès, la principale plaque tournante de Davos, j’ai remarqué un morceau de papier gris sur le sol. Il ressemblait à un billet, certainement pas un dollar, mais peut-être un francs suisses ou autre chose. J’ai commencé à me baisser pour le ramasser, mais ensuite je me suis dis. « C’est le World Economic Forum. Il est peuplé par des centaines d’économistes et par des milliers de businessmen élevés dans les préceptes de l’économie de marché. C’est peut-être la plus grande concentration de capitalistes dans le monde. Ce sont les acteurs qui représentent un marché efficace. Et bien sûr des adhérents à l’hypothèse du marché efficient célèbre ne croient pas à la notion d’argent qui se trouve ou d’épargne.

Une vieille blague:  Deux économistes se promènent dans la rue. Un dit: « Hé, il ya un billet d’un dollar sur le plancher. » L’autre dit: « Impossible. Si c’était vrai, quelqu’un l’aurait déjà ramassé «  Mais je suis un fin connaisseur de l’irrationalité économique. Et je me suis penché et j’ai  ramassé le papier. D’un côté, le visage sombre de la reine Elizabeth. D’autre part, Charles Darwin. C’était un billet de 10 livres, un montant d’environ 16,25 $. Simplement allongé sur le sol, sans être inquiété par les Nominés de Prix Nobel d’Economie, des PDG d’entreprises classées dans les 500 du magazine Fortune, et les journalistes financiers…

 

Les politiques font de la Macro.Economie, le patronat fait de la Micro-Economie et nous, nous ne faisons plus d’économies!

Par Emile Domski (D&E)

Qu’entendons-nous au moment où on nous dit que le débat majeur en France est celui des retraites ?

Les « politiques » nous disent : 10% des retraites actuelles ne sont pas financées, l’équation n’est pas compliquée : soit on réduit le niveau des retraites, soit on augmente le taux de cotisation des entreprises et des actifs, soit on allonge la durée de cotisation, soit on fait un peu de tout cela. Et chacun de se « positionner » selon ces termes. Sarkozy : « On ne  réduira pas le niveau des retraites » ; Aubry : « On pourra envisager de repousser l’âge légal à 61 ou 62… »  avant de faire machine arrière sous la pression du Bureau National du PS. Elle ajoute bien qu’il faut favoriser l’emploi des seniors ! (Comment ?). Tous, y compris les syndicats de salariés: « Il conviendra de tenir compte de la pénibilité » (laquelle d’ailleurs ? celle des mineurs des Charbonnages d’il y a 40 ans ? celle des techniciens de France Telecom d’il y a quelques mois ?).

Les politiques ont oublié qu’ils ont cédé, en son temps, aux sirènes du patronat pour permettre le départ massif de salariés de plus de 55 ans (pour favoriser l’emploi des jeunes !) 

Le « patronat » reste discret, mais fait savoir, par les canaux habituels, que toute augmentation des charges serait une atteinte à la productivité et à l’emploi. On le croit, évidemment ! On sait assez comment la réduction de la TVA sur la restauration a permis une réduction du coût de la vie et une augmentation de l’emploi dans le secteur (sans parler de la régularisation des employés au noir et du paiement des impôts sur le chiffre d’affaires réel  incluant les règlement en espèces…) ! On sait assez la capacité du patronat français, notamment des grandes entreprises, à se servir des primes et subventions de tous ordres promues par des politiques sans vision comme autant d’effets d’aubaine. La plus grande inventivité du patronat consiste en l’aménagement de la retraite de ses dirigeants : il semble qu’il soit parfaitement conscient qu’une vie de labeur (pénible ?) doive être couronnée par quelque retraite « chapeau » votée par les conseils d’administration (voyez les rebondissements du cas Proglio). 

Pour remettre la balle au centre, nous évoquerons le régime très spécial de retraite de nos parlementaires (qui vont voter les aménagements à notre pauvre régime général). 

Et les experts : à parcourir un certain document du COR intitulé « Impact de la Crise sur le Système des Retraites », on retient l’idée que les retraités sont la catégorie favorisée dans la Société française, qu’elle est protégée des aléas, qu’elle est moins inégalitaire que les autres catégories et qu’elle pèse en fait sur la société tout entière et le rapport énonce les questions que cette situation pose, en n’indiquant comme voie d’avenir que la mobilisation pour l’emploi des seniors par report à 70 ans de la mise à la retraite d’office!
Et la création d’emplois? qui parle en France de la création d’activités? qui parle de l’élargissement de nos marchés (de l’emploi)?
Juste une réflexion: qui s’est dit, il y a dix ans, qu’il y aurait un marché de l’emploi important pour les jeunes français dans l’hôtellerie et la restauration en Grande Bretagne et qu’on pourrait l’investir? C’est presqu’aujourd’hui un « close shop » pour ceux qui sont familiers du syndicalisme anglais.
N’y a t’il pas, dans le cadre et les moyens de la coopération et du développement en France et en Europe, un « marché » pour les géologues, géophysiciens, hydroliciens, agriculteurs, nutritionnistes, médecins, enseignants, …jeunes et seniors, ingénieurs et techniciens, en Afrique au moins francophone.
Qui s’en charge ? Qui en parle ? 

Qui parle de la production massive d’emplois de service en France? On manque d’infirmières et de sage-femmes. Ah bon. Mais comment se fait-il que l’argent des cliniques de Marseille s’investit dans les programmes immobiliers de luxe à l’Ile Maurice? Qui est en charge?
Le Grand Paris, oui. Mais les embarras de la circulation et la couche d’ozone. Ah oui! Mais regardez la réaction des chauffeurs de taxis des aéroports devant l’innovation des motos-taxis! 

Et encore les restaurateurs qui doivent incessamment créer des milliers d’emplois après la baisse de la TVA.

Je crois, personnellement, que ce sont les rentes de situation en France qui stérilisent le débat et empêchent le progrès. La question n’est donc pas de sémantique: il s’agit de savoir si, pour faire avancer les idées que les uns et les autres peuvent avoir, il ne faut pas passer par une forme de  « nuit du 4 août » : abolissons les privilèges,  encourageons l’entreprise et le travail, permettons la création de richesse économique et sociale, taxons les rentes pour financer le développement et la solidarité. Qui s’en charge ?

Crise et Productivité du travail

Par Frank Stassi

La baisse de la demande a provoqué des réactions différentes en Europe et aux Etats-Unis. Les destructions d’emplois enregistrées outre-Atlantique ont permis d’accroître la productivité des firmes.

Les Norvégiens, les Luxembourgeois et les Belges peuvent se réjouir. Ils figurent en tête des peuples les plus productifs au monde, selon le Conference Board, un institut économique américain. « On pourrait objecter que le niveau très élevé des salaires en Belgique incite puissamment les entreprises à augmenter la productivité, avec l’automatisation poussée des processus de production ou encore des restructurations », explique au quotidien belge L’Echo l’économiste en chef chez Dexia Jacques de Pover.

Les performances des firmes en matière de productivité ont souffert pendant la crise: celle-ci a reculé l’an dernier de 1% aussi bien sur le globe qu’à l’intérieur de la zone euro. En Europe, la France (+0,3 % de productivité horaire du travail en 2009), la Pologne (+ 1,8%) ou l’Espagne (+ 3,8%) affichent des performances honorables sur cette période, tandis que la Grande-Bretagne (-1,9%) et l’Allemagne (-2,8%) sont à la traîne.

Les données ont été obtenues par mesure de la productivité en valeur du travail, la production étant mesurée en termes monétaires (la valeur de la production) et non physiques (le nombre de quantités produites, particulièrement variable d’une entreprise à une autre).

L’écart de productivité entre la zone euro et les Etats-Unis, qui n’a jamais été aussi important, en témoigne. Face à la baisse des carnets de commandes, les firmes européennes ont préféré opter pour des mesures de chômage partiel, entrainant des baisses de productivité. Des mesures de suppressions de postes et de réduction du nombre d’heures travaillées ont quant à elles été engagées outre-Atlantique, permettant de sauvegarder ce précieux indicateur de compétitivité.

Réduire le nombre d’emplois à l’amorce d’une récession permet aux firmes d’accroître leur productivité, avant que la production ne diminue. La sortie de crise devrait permettre aux deux aires d’enregistrer de nouveaux gains de productivité, mais le doute est permis quant aux créations d’emplois tant attendues. La relation entre récession et productivité se vérifie notamment par le biais du taux d’utilisation des capacités de production, affecté par des mesures de restriction telles qu’un arrêt des chaînes de montage.

Mesurer l’efficacité du système productif s’avère essentiel dans un contexte de mondialisation de plus en plus affirmé. La productivité d’une entreprise sera d’autant plus grande qu’elle produira une quantité donnée avec moins de facteurs de production – travail et capital. Un élément théorique à mettre en regard d’hypothèses pour le moins pessimistes formulées par de nombreux économistes: un faible usage des capacités de production dû à une demande encore médiocre, et de fortes incertitudes quant à la situation financière des entreprises.

Dans ce contexte, la notion de performance revêt une importance particulière.

L’enfouissement du CO2, un concept qui progresse

par Gilles Bridier

Le stockage souterrain de gaz carbonique pour des milliers d’années pose toutefois des problèmes d’acceptation sociale.

Même si le CO2 n’est pas un déchet, mais une ressource présente à l’état naturel, sa concentration dans des cavités souterraines pour des milliers d’années pose un certain nombre de problèmes, à commencer par l’acceptabilité sociale. Les ingénieurs, qui observent les réactions du public à l’enfouissement des déchets nucléaires, ne méconnaissent pas cet obstacle. Mais la capture et le stockage du CO2 (CSC) pour lutter contre les émissions dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, a été abondamment commentée au sommet de Copenhague compte tenu du potentiel de cette technologie : elle devrait permettre de neutraliser entre 20% à 40% des émissions de CO2 vers 2050 !

De nombreuses expérimentations sont déjà menées

Alstom, en pointe sur la mise en œuvre de ce concept, cherche à dépassionner le débat : « Le CO2 est aussi produit naturellement dans l’atmosphère, or il ne brûle ni n’explose jamais. Il constitue même 8% de la respiration humaine ! », affirme l’industriel. Par ailleurs, à propos des risques inhérents à la concentration de dioxyde de carbone, « de nombreuses accumulations naturelles de CO2 ont déjà été découvertes sous terre, piégées là depuis des millions d’années, exactement de la même manière que ce que nous préconisons aujourd’hui ».

En outre, des expériences de séquestration du dioxyde de carbone ont déjà été menées dans le monde. Au total dans le monde, quelque 150 expérimentations sont menées sur des sites pilotes, y compris en France à Lacq par Total. Depuis 1996, les experts étudient le comportement du site de stockage d’Utsira, une saline aquifère située à 1000 mètres de profondeur sous la Mer du Nord, pour vérifier notamment qu’aucune fuite n’apparaît.

Au Canada, les émissions de CO2 d’une centrale thermique installée aux Etats-Unis sont injectées sous pression dans un forage pétrolier. D’une part, cette technique améliore le rendement de l’extraction. D’autre part, elle élimine du carbone de l’atmosphère en l’enfouissant sous terre à la place du pétrole. Toujours au Canada, Alstom a conclu un accord avec l’électricien canadien Transalta, et vient d’inaugurer une installation aux Etats-Unis. Il s’est associé à Statoil pour capturer les émissions d’une centrale au gaz naturel en Norvège.

Plus récemment, l’italien Enel et la Chine ont signé un contrat de même nature pour une centrale à charbon, l’injection du gaz dans un gisement pétrolier devant, comme dans l’exemple canadien, accélérer la production de pétrole. GDF Suez profite de l’expérience acquise sur des sites de stockage souterrain de gaz naturel pour se lancer dans la séquestration du CO2 et procède à des injections en sites souterrains dans l’offshore aux Pays-Bas, en Norvège, en Allemagne comme en Algérie.

Objectif : 3000 sites opérationnels dans 40 ans

Cette technique de l’enfouissement est bien maîtrisée, insistent les opérateurs. Elle a ses défenseurs. En 2002, Le BRGM, l’IFP et l’Ademe ont fondé en France le Club CO2 pour en assurer la promotion. Elle fait aussi l’objet de nombreuses communications. Ainsi, en octobre 2007 un colloque international sur la capture et le stockage géologique du CO2 s’est tenu à Paris ; c’était le deuxième du genre. On y débat des questions de sécurité, mais aussi des différentes technologies qui permettent d’isoler le CO2 (en amont en travaillant sur le combustible, en aval par extraction dans les fumées de combustion, ou après concentration par la présence d’oxygène). Alstom, par exemple, a recours à la technique de l’ammoniaque réfrigéré qui permet de réduire de 90% le CO2 émis par les fumées de combustion. Mais ces différentes techniques ne présenteront d’intérêt que dans la mesure où elles pourront être adaptées aux centrales existantes (et pas seulement aux nouvelles) pour les rendre moins polluantes.

Une fois le dioxyde de carbone capturé, il est injecté dans des gisements de gaz ou de pétrolé épuisés, ou à plus grande profondeur (environ 1000 mètres) dans des aquifères à la place de l’eau qui s’y trouve. Plus profond encore (environ 1500 mètres), il est possible de stocker le CO2 dans des cavités salines dont a dissout une partie du sel en injectant de l’eau. On peut aussi utiliser des mines désaffectées aux accès faciles, mais aux volumes relativement peu importants comparés aux autres possibilités. En théorie, les capacités de stockage pourraient porter sur plusieurs dizaines de siècle dans le monde. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui soutient le développement du CSC, a déjà fixé un plan de marche : disposer d’une centaine de sites en grandeur réelle en 2020 dans le monde, 850 en 2030 e t plus de 3.000 d’ici à 40 ans.

Répondre au défi posé par le recours croissant au charbon

Mais les expérimentations sur des sites pilotes manquent encore de recul. Or, des inquiétudes pour la sauvegarde de l’environnement se sont exprimées, concernant des risques d’acidification des terrains, de mélange avec des nappes d’eau potable, ou de concentration excessive de dioxyde de carbone en cas de perte d’étanchéité du réservoir. Ce sont ces inquiétudes auxquelles les experts et les politiques vont devoir répondre.

L’analyse de la situation oblige à considérer le CSC avec attention. Aujourd’hui, 40% des émissions de CO2 dans le monde proviennent aujourd’hui de la production d’énergie. Sur ce total, 71% des émissions sont issues de centrales au charbon, 18% au gaz et 11% au pétrole. Or, la production d’énergie devrait augmenter de 60% d’ci à 2030 selon l’AIE, avec une part de plus en plus importante pour le charbon, le plus gros émetteur de dioxyde de carbone. Le statu quo, qui consisterait à émettre toujours plus de CO2 dans l’air, serait donc une faute.

Or, dès 2020 à en croire Alstom, le CSC pourrait permettre aux centrales européennes à énergie fossile d’atteindre le « zéro émission » de CO2. Au milieu du siècle, l’Union européenne pourrait enregistrer une réduction du total de ses émissions de plus de 50%. Et la séquestration permettrait de répondre au problème que poseront l’Inde et la Chine qui seront à l’origine de 60% de l’augmentation des émissions dans les vingt prochaines années. Le CSC pourrait ainsi être à l’origine d’une baisse de 20% des émissions mondiales de dioxyde de carbone au milieu du siècle, toutes activités et tous pays confondus.

Une rentabilité aujourd’hui non assurée

Les projections sont plutôt intéressantes…. Trop, même. Car les promoteurs de cette technique ne peuvent oublier qu’elle n’est pas, actuellement, rentable. Ce qui constitue un frein déterminant à son développement. Le captage et le stockage d’une tonne de CO2 coûte aujourd’hui environ 90 euros la tonne.

On est très loin de son prix en bourse, qui a baissé et se traîne actuellement autour de 15 euros la tonne. Mais avec l’industrialisation, les experts considèrent que le coût du CSC pourrait être divisé par trois dans vingt ans. Or, à cette échéance, les experts qui ont planché sur la taxe carbone en France estiment que le prix d’une tonne de CO2 sur le marché pourrait atteindre 100 dollars. Ce qui rendrait cette technologie compétitive.

Reste à lancer les investissements. Des aides existent en Europe, mais elles sont plafonnées à 50% des montants. Un niveau dissuasif pour accélérer la construction des démonstrateurs, estime le groupement Eurelectric, qui contribue involontairement à faire naître des doutes sur la rentabilité future de ces installations.

Mon petit (green)business connait pas la crise…

Par Alain Loréal et l’équipe de D&E

Alors que tous les chiffres de l’économie sont dans le rouge, que les banquiers descendent aux abris en attendant la prochaine crise, que les politiques tentent d’endormir le bon peuple en lui parlant de burqa et d’identité nationale, un secteur résiste, voire se développe, le green business.

 Un bon indicateur est le montant en volume des transactions du secteur (achats, reprises, participations, alliances…). Le chiffre de 20 milliards d’€ dans le monde est avancé pour 2009 pour plus de 300 « deals » dont un nombre considérable réalisés par les Chinois.En france le bilan est plus modeste, emmenés par les géants du secteur (Suez, Areva, Alstom).Le dernier trimestre marque d’ailleurs un réveil des industriels français, qui prennent les uns après les autres le virage du green business. Si la première place est décrochée par Suez Environnement, qui a pris le contrôle d’Agbar, numéro un espagnol de l’assainissement et de la distribution de l’eau, deux entreprises traditionnelles se glissent dans les cinq premiers. 

La deuxième plus grosse opération du trimestre est ainsi signée par l’équipementier automobile Faurecia qui rachète l’américain Emcon Technologies, spécialiste des technologies de contrôle des émissions de CO2 : un secteur promu à un bel avenir à l’heure où la réglementation sur les véhicules polluants se fait de plus en plus sévère. Et Soitec, jusque là spécialiste des matériaux innovants pour l’industrie microélectronique (dont les plaques de silicium sur isolant), rafle la cinquième place en mettant la main sur la société allemande Concentrix Solar, un producteur de cellules photovoltaïques à concentration. Plus globalement, en France, les énergies renouvelables auront réalisé un formidable bond en 2009. Les levées de fonds ont explosé dans le solaire, même si les montants restent souvent modestes. Les transactions ont été moins nombreuses dans l’éolien mais avec des sommes beaucoup plus importantes : ainsi, au 4e trimestre, la filiale européenne du canadien Boralex a racheté trois parcs français à Theolia, pour environ 73 millions d’euros.

Pour l’instant ce sont donc toujours les secteurs de l’assainissement (eau, déchets), suivi par celui des énergies renouvelables qui constituent l’essentiel des opérations de fusion-acquisition-développement.Mais le poids relatif de ces secteurs dans le PIB Français reste encore modeste, même si les « Energies renouvelables » pèsent désormais pour 12% du total « Energie ». La crise risque d’ailleurs d’être un frein à l’expansion tant des recherches (filière bois, hydroéléctrique, agrocarburants, éolien, voltaïque) que du financement de la mise en marché. A ce titre les choix qui seront fait et effectivement réalisés à partir du « grand emprunt » risquent d’avoir un impact décisif.

sourcé par Daniel Huchette et Toussaint Carrindo

 

Des emplois d’abord, des retraites ensuite…

Par Emile Domski (D&E)

L’agenda social-politique de cette année prévoit, selon les accords de 2006, une révision et une adaptation des politiques des retraites.

Les débats commencent avec une polémique récurrente sur l’âge de départ à la retraite qui serait décisif en termes de garantie du niveau de ces retraites et d’équilibre du système de répartition.

Il nous semble que le problème n’est pas bien posé, en particulier par le patronat et le gouvernement : la vérité, c’est que, quelles que soient les déclarations et pour un ensemble de raisons qui remontent à l’après 68, le patronat français n’aime pas l’emploi: la culture dominante, c’est que le recrutement d’un salarié est un coût pour l’entreprise, à la différence de l’investissement dans une machine qu’on amortit.Parler des retraites sans parler de l’emploi consiste à prendre le problème du côté des conséquences et non pas des causes.

Quels sont donc les termes de l’équation?

Les Français et leurs représentants syndicaux disent tous être attachés à la répartition – qui implique que les actifs (qui cotisent, donc qui touchent un salaire) financent les retraités (et les chômeurs suivant le même principe). Si on ne met pas en cause ce principe de financement et si on ne crée pas d’emploi (pour les jeunes qui peinent à entrer dans la vie active et pour les seniors qui présentent déjà un taux de chômage record dès 55 ans, nonobstant les déclarations et exhortations des uns et des autres) et si on ne relève pas les salaires (donc le montant des cotisations)  comment on va résoudre ce problème ?

Les politiques, qui sont les champions du dégagement en touche, nous dirons que, de toute façon, le problème existe du fait de l’allongement de la durée de vie. Argument spécieux: s’il y avait de l’emploi, beaucoup de seniors accepteraient de travailler plus longtemps, éventuellement avec une durée de travail et un traitement allégés pour pouvoir former des jeunes qui sont les cotisants de leurs futures retraites.

Donc, le problème des retraites pose la véritable question de l’emploi, qui renvoie elle-même au problème du modèle économique de développement en France;

 la Chine ne réussit pas par magie ou sous l’influence des astres: elle a opté pour un modèle productiviste qui en fait l’usine du monde avec des coûts de production bas et une monnaie faible pour prendre les marchés; globalement, ça marche. Que veut être la France, que veut l’Europe, comment tirons-nous parti de nos atouts (pour en faire des avantages compétitifs) avec un euro fort?

Peut-être peut-on cesser de se dire qu’on a les meilleurs politiques, patrons, haut fonctionnaires, grandes écoles,…du monde, à les lire, à les entendre et à constater les résultats. Peut-être peut on revenir au vrai débat, en privilégiant d’autres voies tout en préservant ce qui peut l’être en attendant.

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