INFO ou INTOX , les crédits aux entreprises ?


Par Alain Loréal (D&E)

Il est des fois ou le télescopage de l’information laisse un goût amer…Ou est la vérité ?

Par exemple, prenons le thème du crédit bancaire aux entreprises,

1)    Un article de « l’Usine Nouvelle »  s’appuyant sur une enquête commanditée par KPMG et la CGPME  nous dit que les « relations semblent s’être apaisées entre entreprises et banques » tout en mentionnant qu’un certains nombre de difficultés persistent…

2)    Par contre, dans les Echos,  on lit que les Banques sont « loin des engagements de croissance de 3 à 4 % qu’elles avaient formulés en octobre 2008 en échange de l’aide financière de l’Etat. Cet objectif était pourtant jugé comme une formalité et une simple contrainte de façade, les encours croissant alors à deux chiffres. »

Alors, la boite à crédit est à moitié pleine ou à moitié vide ?

1)————————————————————————————-

Crédit aux entreprises : dialogue rétabli et inquiétudes persistantes

Le 27 janvier 2010 par Sylvie Andreau

Baromètre KPMG à l’appui, Jean-François Roubaud, fraîchement réélu à la tête de la CGPME et Baudouin Prot, président de la fédération bancaire française, ont confirmé, mercredi matin, que l’accès au financement de la part des TPE et des PME étaient toujours problématiques. En cause: les difficultés économiques persistantes rencontrées par un nombre croissant de chefs d’entreprises. Sur les 400 dirigeants sondés ces dernières semaines, 58% affichent une baisse de leur chiffre d’affaires, contre 55% en septembre. Ce recul de l’activité entraîne une restriction des demandes de financement bancaire. Une « autocensure », selon la CGPME qui touche principalement les structures de 20 à 49 salariés.

Les relations semblent s’être apaisées entre entreprise et banques. Elles sont désormais qualifiées de satisfaisantes par 9 PME sur 10. Un score satisfaisant pour Baudoin Prot dont la fédération se démène, depuis quelques mois, pour animer le dialogue avec les entreprises. La FBF a promis de nouveaux efforts de la part de ses adhérents. Pour faciliter l’accès des TPE au crédit de trésorerie, elles vont clarifier le processus de décision d’octroi de crédit et mieux informer les chefs d’entreprises sur le délai de réponse.

« Attention que les chefs d’entreprise n’attendent pas des réductions d’investissement et de frais généraux que cela les aide à sortir de la crise », prévient le patron des petits patrons en constatant que 72% des sondés s’avouent inquiets de la situation économique actuelle.

2)———————————————————————-

Crédit : les banques manquent l’objectif imposé par l’Etat

Les encours de crédit ont crû de 0,2 % l’an dernier (1,8 % hors secteur financier), en deçà des engagements de 3 à 4 % pris par les banques en octobre 2008. Tous les établissements n’ont pas joué le jeu. Les banques aidées ont augmenté leurs encours d’environ 2 %, soit un peu plus que la moyenne. BNP Paribas dépasse les 3 %.

Hors cible. La Banque de France a publié vendredi le bilan annuel de la distribution du crédit. Le verdict est sans appel : les banques ont accru leurs encours de 0,2 % (1.864 milliards d’euros) l’an dernier et 1,8 % hors secteur financier.Une évolution positive, mais loin des engagements de croissance de 3 à 4 % qu’elles avaient formulés en octobre 2008 en échange de l’aide financière de l’Etat. Cet objectif était pourtant jugé comme une formalité et une simple contrainte de façade, les encours croissant alors à deux chiffres.

Ce sont les crédits de trésorerie aux entreprises, en recul de plus de 14 % (185 milliards d’euros), qui ont tiré les chiffres vers le bas. D’où le sens des annonces formulées mercredi par la Fédération bancaire française pour démontrer leur mobilisation. Au total, les concours accordés aux entreprises sont en retrait de 0,9 % (770 milliards).

En revanche, les banques sont dans les clous envers les particuliers, voire au-delà des objectifs. Les encours de crédit aux ménages ont progressé de 4,1 % (986 milliards), dont 4 % pour les prêts à l’habitat et 3,5 % pour les prêts à la consommation. Les banques se sont montrées particulièrement actives entre octobre et décembre.

Problème de demande

Les établissements de crédit ont donc rivalisé d’arguments ces derniers jours pour démonter le Meccano des statistiques aux entreprises.

Le 7 janvier, la Banque de France a publié une étude ad hoc sur le sujet, pour la première fois. Celle-ci explique le recul des prêts aux entreprises par un problème de demande : les crédits utilisés (« mobilisés ») ont baissé plus fortement (- 2,5 %) que toutes les lignes mises à disposition des sociétés par les banques (- 1,2 %). Ensuite, les PME sont beaucoup moins touchées que les grandes entreprises.

Les encours de crédit aux PME indépendantes ont crû de 2,2 % à fin novembre, tandis que ceux accordés aux groupes ont reculé de 6,2 %. Les grandes entreprises, défend la Fédération bancaire française dans un communiqué vendredi, ont délaissé le crédit et plus que quadruplé leur recours au marché obligataire (63,7 milliards d’euros contre 14,4 milliards en 2008).

Cependant, tous les établissements n’ont pas joué le jeu de la même manière. Les groupes qui ont signé une convention avec la Société de financement de l’économie (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Caisse d’Epargne, Société Générale, BNP Paribas, Banque Populaire) publieront dans les dix prochains jours des progressions d’encours de l’ordre de 2 %, soit légèrement supérieurs à la moyenne générale.

Certaines banques commerciales sont plus proches de l’objectif que des mutualistes. BNP Paribas, qui devait atteindre 4 %, a augmenté ses encours d’environ 3 %, selon nos informations. A la Société Générale, on indique que les encours de crédit ont connu une belle remontée en décembre et que la campagne de crédit de 5 milliards d’euros lancée en novembre a dépassé ses objectifs. Le Crédit Agricole, qui avait lancé une campagne similaire, et les autres établissements n’ont pas souhaité faire de commentaires avant la publication de leurs résultats.

Rendez-vous le 10 février

Rendez-vous est pris avec les pouvoirs publics le 10 février pour faire le bilan des engagements de crédit des banques. La directrice générale de la FBF a d’ores et déjà affirmé (« Les Echos » du 27 janvier) que la profession refusait de se plier à un nouvel exercice de respect d’objectifs chiffrés pour 2010.

Dans une enquête de la Banque de France publiée vendredi, toutes les banques ont indiqué qu’elles joueront la carte du statu quo sur les critères d’octroi d’ici à fin mars, toutes catégories de crédits confondues (hors un certain relâchement sur le crédit à l’habitat) et ce pour la première fois depuis fin 2008.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :