Course mondiale pour l’éolienne de 10 MW


Par GreenUnivers

C’est une course internationale au gigantisme : un groupe norvégien, un britannique et un américain, tous aidés par des fonds publics, se sont lancés dans la course pour fabriquer une éolienne de 10 MW, immense araignée de métal qui sera deux fois plus grande que les plus grandes éoliennes actuelles. Les Chinois sont encore hors-course — pour l’instant.

Premier projet, annoncé cette semaine, celui du norvégien Sway, le plus audacieux : ce serait un véritable gratte-ciel flottant, une éolienne offshore de 10 MW mais flottante, simplement posée sur un grand mât immergé.

La Norvège, l’un des trois pays les plus actifs dans l’éolien en haute mer, y croit : son fonds d’innovation pour l’énergie marine Enova, créé en février 2009, a déboursé 137 millions de couronnes (16 millions d’euros) pour aider le jeune fabricant de turbines Sway (dont Statoil est actionnaire) à construire un prototype de 10 MW de son modèle existant de turbine flottante.

Au début de l’aventure, le français Areva était dans la boucle, puisqu’en août 2009 sa filiale Multibrid était le partenaire de Sway pour construire une éolienne flottante de 5 MW. Elle combinait le mat flottant de Sway et une turbine d’Areva.

La nouvelle turbine flottante de 10 MW sera purement norvégienne, fruit d’une alliance entre Sway et son compatriote Smartmotor, qui ensemble s’efforcent d’élaborer une turbine nettement plus légère et avec moins de parties mobiles (sans multiplicateur de vitesse), pour résister aux vents du large.

Ce prototype coûtera en tout 48 millions d’euros. “Nous voulons l’installer en 2011″, a déclaré le responsable des nouvelles technologies d’Enova, Kjell Olav Skoelsvik.

La turbine flottante de 10 MW mesurera 160 mètres de haut et 145 mètres de diamètre. Elle pourra à elle seule alimenter 2.000 foyers, trois fois plus que les habituelles turbines offshore, qui sont le plus souvent de 3 MW. Elle sera testée pendant deux ans à terre près d’Oygarden, au sud du pays, avant d’être expérimentée en mer.

Le mât immergé est rempli de ballast, ce qui déplacera le centre de gravité vers le bas. Il ne sera lié au sol que par un tuyau et une ancre. L’éolienne flottante pourra gîter de 5 à 8° et tourner sur elle-même avec le vent.

Le projet britannique de Clipper

Second projet, l’éolienne « Britannia », du fabricant britannique Clipper Windpower, qui a présenté son plan en septembre 2009 et compte déployer l’éolienne à partir de 2015-2016.

Un prototype doit être terminé fin 2011 et testé au sol. Là encore les pales font 70 mètres de long (et pèsent 30 tonnes) – donc un diamètre de 140 m pour un mât de 175 mètres.

Clipper a reçu quelques fonds publics : 4,4 millions de livres, mais son programme de développement lui coûtera au total 18 millions de livres (20,6 millions d’euros).

Le projet américain d’AMSC

Enfin outre-Atlantique, où l’éolien l’offshore est encore quasiment inexistant, le groupe American Superconductor (AMSC) travaille lui aussi depuis l’an dernier sur une éolienne de 10 MW, qu’il veut vendre principalement au marché britannique, et à ses très ambitieux projets de parcs offshore.

Aidé par les laboratoires du Département de l’Energie (DoE), AMSC veut s’appuyer sur son savoir-faire dans les supraconducteurs (des câbles qui peuvent transporter 100 fois plus de courant que les câbles électriques en cuivre, mais qui sont plus coûteux) pour fabriquer des moteurs d’éoliennes bien plus petits et légers que ceux des éoliennes classiques.

Au lieu de 8.000 à 9.000 turbines pour générer 32 GW de puissance au large de côtes anglaises, il en suffirait de 3.000 à 4.000 de grande capacité, a expliqué dans la presse un porte-parole du groupe.

AMSC veut être prêt pour le moment où l’éolien offshore décollera vraiment, ce qui est prévu au milieu de la décennie, vers 2014-2015, explique-t-il.

AMSC est déjà présent dans l’éolien britannique et international par ses systèmes de contrôle du voltage, qui permettent de raccorder les fermes éoliennes au réseau sans dommages. Il fabrique aussi des turbines de propulsion pour les grands navires de l’armée américaine, et affirme qu’il lui suffira pour les moteurs de turbines de construire les mêmes, mais montés à l’envers.

Dans le cadre de ce programme de recherche de 12 mois, qui coûte près de 7 millions de dollars et est financé à moitié par des fonds publics, AMSC étudie le coût d’une turbine de 10 MW complète.

Pour l’instant, les Chinois son absents de cette compétition, mais AMSC les aide : il vient de signer avec  le fabricant Donfang pour démarrer cette année la production avec lui d’une éolienne de 5 MW. AMSC a d’ailleurs récemment remporté de  nombreux contrats pour équiper de ses systèmes de contrôle de voltage les parcs éoliens chinois. Le groupe Sinovel, autre grand fabricant chinois d’éoliennes, prépare lui aussi la sortie d’une éolienne de 5 MW.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :