Les usines chinoises ménagent les travailleurs migrants autour du Nouvel an


Par Benoit Guivelic

 

Augmentations de salaires, allocations repas, billets de trains ou séances de cinéma gratuites : face à la baisse d’attrait pour les provinces industrielles côtières, entreprises et autorités multiplient les initiatives pour s’assurer que les migrants y reviennent après le Nouvel an chinois. 

L’usine de Tiansheng, dans le Zhejiang, promet aux salariés une augmentation des salaires de 15%, plus d’allocations repas et une meilleure couverture maladie à compter du 1er mars, selon l’agence Chine nouvelle. La condition : revenir après le Nouvel an chinois.

Des employeurs craignent que beaucoup de leurs salariés ne reviennent pas à l’issue des vacances du Nouvel an. Alors que les commandes à destination de l’étranger ont repris après la crise, les patrons ont peur que les travailleurs migrants fassent les fines bouches et restent dans leurs provinces d’origine après les vacances.
Certains promettent donc augmentations et avantages, par exemple un billet de train aller et retour pour rentrer dans leurs familles fêter l’année du tigre puis revenir à l’usine. 100 employeurs du Zhejiang se sont même organisés pour rapatrier leurs 1000 meilleurs employés en avion. D’autres offrent une récompense aux ouvriers qui leur présenteront de nouvelles recrues. Certains utilisent des méthodes plus radicales, comme de retenir le salaire des travailleurs jusqu’à leur retour.

Le président de la fédération des industries de Hong Kong, Cliff Sun, estime pour sa part qu’ « après le Nouvel an chinois, il manquera environ un million de travailleurs », selon Reuters.
Le gouvernement semble se soucier de la question. Lors d’une récente visite à Xiamen, dans le Fujian, le président Hu Jintao appelait les provinces à se préoccuper davantage des ouvriers migrants.  

A Pékin, on promet la mise en place d’un permis de séjour. A Shanghai, la municipalité offre des places de cinéma aux travailleurs restés sur place pendant les fêtes. Plusieurs provinces côtières évoquent une augmentation du salaire minimum légal.
Cette baisse d’intérêt pour les grandes provinces industrielles côtières est aussi le reflet du développement progressif de régions pauvres de l’intérieur du pays. « Les migrants auront bientôt intérêt à rester chez eux dans le Hunan, le Hebei ou le Sichuan », explique Nelson Siu Nai-sun, président et directeur des ressources humaines de l’association des professionnels et des cadres de Hong Kong, interrogé par le South China Morning Post. Car, ajoute t-il, « l’urbanisation rapide à l’intérieur des terres crée de l’emploi et améliore le niveau de vie, mais les prix restent plus bas que dans le Guangdong ».

Certaines usines devront donc peut-être à l’avenir envisager de déménager vers les provinces intérieures ou s’adapter aux revendications de leurs employés. 

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