Course mondiale pour l’éolienne de 10 MW

Par GreenUnivers

C’est une course internationale au gigantisme : un groupe norvégien, un britannique et un américain, tous aidés par des fonds publics, se sont lancés dans la course pour fabriquer une éolienne de 10 MW, immense araignée de métal qui sera deux fois plus grande que les plus grandes éoliennes actuelles. Les Chinois sont encore hors-course — pour l’instant.

Premier projet, annoncé cette semaine, celui du norvégien Sway, le plus audacieux : ce serait un véritable gratte-ciel flottant, une éolienne offshore de 10 MW mais flottante, simplement posée sur un grand mât immergé.

La Norvège, l’un des trois pays les plus actifs dans l’éolien en haute mer, y croit : son fonds d’innovation pour l’énergie marine Enova, créé en février 2009, a déboursé 137 millions de couronnes (16 millions d’euros) pour aider le jeune fabricant de turbines Sway (dont Statoil est actionnaire) à construire un prototype de 10 MW de son modèle existant de turbine flottante.

Au début de l’aventure, le français Areva était dans la boucle, puisqu’en août 2009 sa filiale Multibrid était le partenaire de Sway pour construire une éolienne flottante de 5 MW. Elle combinait le mat flottant de Sway et une turbine d’Areva.

La nouvelle turbine flottante de 10 MW sera purement norvégienne, fruit d’une alliance entre Sway et son compatriote Smartmotor, qui ensemble s’efforcent d’élaborer une turbine nettement plus légère et avec moins de parties mobiles (sans multiplicateur de vitesse), pour résister aux vents du large.

Ce prototype coûtera en tout 48 millions d’euros. “Nous voulons l’installer en 2011″, a déclaré le responsable des nouvelles technologies d’Enova, Kjell Olav Skoelsvik.

La turbine flottante de 10 MW mesurera 160 mètres de haut et 145 mètres de diamètre. Elle pourra à elle seule alimenter 2.000 foyers, trois fois plus que les habituelles turbines offshore, qui sont le plus souvent de 3 MW. Elle sera testée pendant deux ans à terre près d’Oygarden, au sud du pays, avant d’être expérimentée en mer.

Le mât immergé est rempli de ballast, ce qui déplacera le centre de gravité vers le bas. Il ne sera lié au sol que par un tuyau et une ancre. L’éolienne flottante pourra gîter de 5 à 8° et tourner sur elle-même avec le vent.

Le projet britannique de Clipper

Second projet, l’éolienne « Britannia », du fabricant britannique Clipper Windpower, qui a présenté son plan en septembre 2009 et compte déployer l’éolienne à partir de 2015-2016.

Un prototype doit être terminé fin 2011 et testé au sol. Là encore les pales font 70 mètres de long (et pèsent 30 tonnes) – donc un diamètre de 140 m pour un mât de 175 mètres.

Clipper a reçu quelques fonds publics : 4,4 millions de livres, mais son programme de développement lui coûtera au total 18 millions de livres (20,6 millions d’euros).

Le projet américain d’AMSC

Enfin outre-Atlantique, où l’éolien l’offshore est encore quasiment inexistant, le groupe American Superconductor (AMSC) travaille lui aussi depuis l’an dernier sur une éolienne de 10 MW, qu’il veut vendre principalement au marché britannique, et à ses très ambitieux projets de parcs offshore.

Aidé par les laboratoires du Département de l’Energie (DoE), AMSC veut s’appuyer sur son savoir-faire dans les supraconducteurs (des câbles qui peuvent transporter 100 fois plus de courant que les câbles électriques en cuivre, mais qui sont plus coûteux) pour fabriquer des moteurs d’éoliennes bien plus petits et légers que ceux des éoliennes classiques.

Au lieu de 8.000 à 9.000 turbines pour générer 32 GW de puissance au large de côtes anglaises, il en suffirait de 3.000 à 4.000 de grande capacité, a expliqué dans la presse un porte-parole du groupe.

AMSC veut être prêt pour le moment où l’éolien offshore décollera vraiment, ce qui est prévu au milieu de la décennie, vers 2014-2015, explique-t-il.

AMSC est déjà présent dans l’éolien britannique et international par ses systèmes de contrôle du voltage, qui permettent de raccorder les fermes éoliennes au réseau sans dommages. Il fabrique aussi des turbines de propulsion pour les grands navires de l’armée américaine, et affirme qu’il lui suffira pour les moteurs de turbines de construire les mêmes, mais montés à l’envers.

Dans le cadre de ce programme de recherche de 12 mois, qui coûte près de 7 millions de dollars et est financé à moitié par des fonds publics, AMSC étudie le coût d’une turbine de 10 MW complète.

Pour l’instant, les Chinois son absents de cette compétition, mais AMSC les aide : il vient de signer avec  le fabricant Donfang pour démarrer cette année la production avec lui d’une éolienne de 5 MW. AMSC a d’ailleurs récemment remporté de  nombreux contrats pour équiper de ses systèmes de contrôle de voltage les parcs éoliens chinois. Le groupe Sinovel, autre grand fabricant chinois d’éoliennes, prépare lui aussi la sortie d’une éolienne de 5 MW.

REACH : dernière ligne droite avant l’échéance d’enregistrement

Par Rachida Boughriet


Annoncé en décembre dernier, à un an de la première échéance d’enregistrement des substances chimiques dans le cadre de Reach, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno a présenté le 15 février avec l’Union des industries chimiques (UIC), un plan de formation et d’accompagnement des entreprises, et notamment des PME,  »pour leur permettre de franchir les obstacles rencontrés et de progresser dans le processus d’enregistrement ».

Rappelons que dans le cadre du règlement européen Reach (Registration, Évaluation, Authorisation and Restrictions of Chemicals), entré en vigueur le 1er juin 2007, les fabricants et importateurs de substances chimiques en Europe doivent déposer un dossier d’enregistrement auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (European Chemicals Agency ou ECHA). Cette procédure vise à regrouper dans une base de données centrale l’ensemble des informations sur ces substances utilisées sur le territoire européen : propriétés physico-chimiques, processus de fabrication, secteur d’utilisation, classification et étiquetage, conseils d’utilisation et données toxicologiques et éco-toxicologiques connues. Un pré-enregistrement a été organisé du 1er juin au 1er décembre 2008 afin de créer un dossier par substance qui sera ensuite complété de manière commune par tous les acteurs concernés. Si l’ECHA estimait à 30.000 le nombre de substances à enregistrer, au final, 150.000 substances différentes ont été pré-enregistrées dont 22% d’entre elles doivent être totalement renseignées.

Une échéance qui se rapproche à grand pas

Avant le 30 novembre 2010, les dossiers d’enregistrement des substances produites ou importées à plus de 1.000 tonnes par an, des substances classées cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR 1 et 2) produites ou importées à plus d’une tonne par an et des substances classées R50/53* et produites à plus de 100 tonnes par an, devront être déposés auprès de l’ECHA. Les entreprises sont donc invitées à se réunir au sein de forums d’échange d’informations sur les substances (SIEF) pour partager des informations et constituer la partie commune du dossier d’enregistrement.
Mais alors que l’Agence européenne des produits chimiques estime à 9.200 le nombre de substances devant être enregistrées au 30 novembre 2010, seuls 2.306 déclarants leader se sont signalés auprès de l’ECHA au 3 février 2010. Or  »l’enregistrement est une obligation : les substances qui ne seront pas enregistrées à la date butoir ne pourront plus être fabriquées, importées ou mises sur le marché communautaire », a prévenu le Ministère du Développement durable.
L’Union des Industries Chimiques avait déjà pointé du doigt en février 2009 des problèmes techniques rencontrés par ses sociétés adhérentes pour renseigner les SIEF.
Aussi, face à cette  »situation préoccupante », le Ministère du développement durable et l’UIC ont annoncé un plan autour de 4 actions visant à accompagner les 4.400 entreprises françaises concernées à  »progresser rapidement dans le processus d’enregistrement » d’ici au 30 novembre prochain.

Un accompagnement individualisé et des formations pour 1.000 PME

Le plan préconise pour 1.000 PME un accompagnement individualisé  »afin d’apporter une réponse concrète aux questions spécifiques posées par chaque société », et la mise en place d’ateliers afin d’examiner, par petits groupes de 20 personnes, les difficultés rencontrées dans le fonctionnement des SIEF.
6 sessions de formation collective (sur le management des SIEF, les aspects juridiques, la réalisation du rapport sur la sécurité chimique dans le dossier d’enregistrement…) seront organisées pour 900 entreprises. Le plan prévoit l’élaboration  »de documents simples en français » permettant une appropriation des obligations mises en place par Reach : 2.000 entreprises devraient être concernées.
Pour Chantal Jouanno, »Reach rentre en 2010 dans sa phase véritablement opérationnelle. Les entreprises concernées doivent s’y préparer : il n’y a plus de temps à perdre. Une grande part du présent et de l’avenir de la chimie en Europe passe par Reach ».

*R50/53 : substances classées comme très toxiques pour les organismes aquatiques et pouvant entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique.

Coup de jeune pour les Scop

Par entrepreneurs d’Avenir

 La nouvelle marque du Mouvement Scop a été lancée officiellement le 1er février. Les co-entrepreneurs ont de nouvelles ambitions en 2010 : développer le mouvement en apportant une réponse innovante et moderne dans le contexte économique et social actuel.  

Dans un contexte de crise et de mutation économique, le modèle économique des Sociétés COopératives et Participatives apparaît comme une réponse adaptée aux attentes d’entrepreneurs et de salariés. 

Leur projet : permettre aux hommes et aux femmes de devenir co-entrepreneurs en créant ou en reprenant collectivement leur propre entreprise (exemple : SDAB). Juridiquement rattachées au droit coopératif et au droit des sociétés commerciales, les Scop, reposant sur un principe de démocratie d’entreprise et de priorité à la pérennité du projet, permettent de partager équitablement les droits et les devoirs, la participation au capital, les décisions, les bénéfices.Concilier performance économique et finalité humaine, telle est la vocation des Scop. 

En 10 ans, 1 600 Sociétés COopératives et Participatives et près de 12 000 nouveaux emplois ont été créés. Depuis 2007, 200 nouvelles Scop naissent chaque année, par création, reprise ou transmission d’entreprise, contre 120 à 150 les années précédentes. Fin 2009, 1 950 Scop emploient 40 685 salariés (hors filiales) pour un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros. 

Un nouveau site présentant la nouvelle marque du Mouvement a été mis en place. Découvrez-le en cliquant sur : http://www.les-scop.com

Naissance d’une charte sur les bonnes pratiques achats entre grands donneurs d’ordres et PME

Par Sebastien de Boisfleury

Près de 18 grandes entreprises privées ont signé le 11 février, au ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, en présence de la ministre Christine Lagarde, une charte sur les bonnes pratiques entre les grands donneurs d’ordres et les PME. 

Près de 18 grandes entreprises privées* ainsi que le ministère de la Défense, représentant un volume d’achats de près de 100 milliards d’euros, ont signé le 11 février, au ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, en présence de la ministre Christine Lagarde, une charte sur les bonnes pratiques entre les grands donneurs d’ordres et les PME.

Baptisée “10 engagements pour des achats responsables”, cette charte entend marquer l’engagement des signataires à respecter un certain nombre de bonnes pratiques achats, plus particulièrement vis-à-vis des PME : respect des délais de paiement, gestion prévisionnelle des commandes, raisonnement en coût complet, maîtrise des risques de dépendances réciproques dans la relation client/fournisseur, etc. 

Selon Christine Lagarde, l’engagement des 18 grands comptes signataires « va participer à l’accélération de la reprise économique, tant attendue ». La ministre de l’Economie qualifiant même l’instant de « décisif ».

Pour la Cdaf, à l’origine de la création de cette charte avec la Médiation du Crédit, la reconnaissance au plus haut sommet de l’Etat de l’importance de la fonction achats dans les entreprises et dans le tissu économique français, sonne comme une victoire. « J’espère que le contenu de ce document va permettre de changer l’image parfois négative des acheteurs, indique Pierre Pelouzet, directeur achats de la SNCF et président de la Cdaf. Cette charte définit un ensemble de principes qui participent à la construction d’une relation équilibrée et durable entre grands donneurs et PME. » 

Si certains points, comme le respect des délais de paiement, apparaissent comme un simple rappel à la réglementation, d’autres dispositions sont plus novatrices comme la nomination d’un «correspondant PME» chez chacun des grands comptes signataires. Saisi directement par les fournisseurs, celui-ci serait chargé de résoudre des conflits éventuels avec les acheteurs locaux en privilégiant la médiation.

« Le contenu de cette charte correspond à notre vision de la relation client/fournisseur, s’est félicité Louis Gallois, le p-dg d’EADS, l’un des grands comptes signataires. Nous dépendons de nos fournisseurs et réciproquement. Il est donc très important que nos relations soient basées sur la confiance et le dialogue, bref une relation adulte. » Un sentiment partagé par tous les directeurs achats présents. « Cependant, il ne faudrait pas tomber dans l’angélisme. Cette charte ne va pas régler tous les problèmes », nuance Louis Gallois qui rappelle que les relations avec les fournisseurs sont avant tout basées sur « une exigence de compétitivité ». Autrement dit, les objectifs de qualité et d’économies restent toujours à l’ordre du jour dans le contexte actuel. 

D’autres grands comptes devraient signer la charte dans les prochains jours. Un comité de suivi, constitué des directeurs achats des entreprises signataires, veillera au respect des engagements pris. « Nous sommes convaincus que cette démarche sera pérenne et aura un vrai impact sur le développement économique de notre pays. Nous espérons que de nombreux autres grands donneurs d’ordres viendront nous rejoindre sous l’impulsion de leurs directions achats », conclut Pierre Pelouzet.

 

*ADP, Biomérieux, Bouygues, Danone, EADS, EDF, Eiffage, Legrand, L’Oréal, RATP, Rhodia, Safran, Sanofi Aventis, SNCF, Sodexo, Sperian, Thales et Veolia. 

CAPITALISER LES TPE et les Petites Entreprises

Par Pascal Jan (D&E)

Pour poursuivre la réflexion sur le financement  des  petites entreprises, il convient de soulever ici une difficulté majeure.

Les TPE/PME qui souhaitent ouvrir leur capital à un cercle d’investisseur rapproché (famille, amis) sont confrontés à une difficulté majeure. 

Cette forme d’investissement joliment appelée « love money « est fortement encouragée par un récent dispositif fiscal qui permet de bénéficier d’une réduction d’impôt allant jusqu’à 25% pour un investissement de 50 000 euros et pour une personne seule soit une économie  de 12 500 euros   sans possibilité toutefois  de report sur les 4 années suivantes lorsque la réduction d’impôt reste non consommée ou bien  lorsque le  versement  se situe au delà du plafond de 50 000€. La seule condition est que l’investissement en capital concerne une PME au sens communautaire, créée depuis moins de 5 ans  et en phase de développement (amorçage, démarrage, expansion).  Bien entendu ce dispositif ne vise que les entreprises ayant une activité économique (c’est à dire qui ne se contente pas de gérer  un patrimoine immobilier par exemple). Le dispositif fiscal antérieur qui s’appliquait à des investissements en capital inférieur à 20 000 euros est maintenu jusqu’en 2012, mais il n’y a pas de cumul pour un même investissement avec le nouveau dispositif. L’ancien dispositif est probablement plus intéressant pour les personnes peu imposables car il autorise le report des investissements  faits au delà du plafond sur les 4 années suivantes. 

Il faut souligner que cette niche fiscale est profondément injuste car elle ne s’adresse qu’aux personnes qui payent l’impôt sur le revenu. En effet on parle ici de réduction d’impôt et non pas de crédit d’impôt. 

La capitalisation des TPE/PME mérite d’être fortement encouragée et cette niche fiscale va dans le bon sens. Un capital solide permet d’asseoir des prêts bancaires, renforce la crédibilité de l’entreprise vis à vis des banquiers . 

Seulement au pays de Courteline et d’UBU les choses ne sont jamais simples.

Imaginons un nouvel entrepreneur qui vient de se lancer avec un capital de  5 000 euros et qui souhaite deux ans plus tard faire une augmentation de capital nominal de 5 000 euros. Des amis  et des parents souhaitent l’aider à développer son affaire qui a démontré  la viabilité de son modèle économique.

L’entrepreneur devra pour réaliser son augmentation de capital de 5 000 euros en nominal (on suppose ici pour faire simple  qu’il n’y a pas de prime d’émission, compte tenu de la jeunesse de l’entreprise), faire une publicité légale (coût environ 100 euros), modifier son K-bis (coût environ 180 euros) et surtout payer un droit d’enregistrement au trésor public  de 375 euros puisque son capital est inférieur à 225 000 euros (sinon c’est 500!) soit en tout un débours de 650 euros environ. S’il utilise les services d’un avocat ou d’un expert comptable pour rédiger son PV d’augmentation de capital et ensuite les services d’un formaliste pour effectuer les démarches administratives, ce sera bien entendu  plus cher. Mais restons en là,  on donc a un débours de 650 euros pour une rentrées de 5 000 euros  soit 13% des fonds apportés. 

Ce chiffre est tout à fait exorbitant et constitue un frein à la capitalisation des TPE, à l’accueil au tour de table de nouveaux investisseurs surtout pour des petits montants. Ce sont pourtant les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

Ne pourrait on pas envisager une absence de droit d’enregistrement pour des augmentations de capital inférieure à 10 000 euros voire  plus, le greffe du tribunal de commerce ne pourrait-il pas appliquer le même barème pour une petite augmentation de capital que pour une création d’entreprise ?

Et surtout ne pourrait on pas imaginer un dispositif fiscal qui exonérait de toute imposition une faible fraction des bénéfices si ces bénéfices servent à financer une augmentation de capital et cela uniquement pour les PME et TPE ?

La Chine contrôle 95 % des métaux stratégiques

Par Vincent Paes

En profitant de la richesse de son sous-sol, la Chine a réussi à devenir, en moins de 20 ans, le leader mondial de terres rares. Ces dernières constituent une famille de 17 minéraux utilisés dans des secteurs de pointe. Aujourd’hui, Pékin en contrôle environ 95 % de la production mondiale, soit à près de 124 000 tonnes en 2008, selon l’US Geological Survey, l’institut américain d’études géologiques. Ces métaux stratégiques sont indispensables au développement de nombreux produits de haute technologie.

Ainsi, les principales innovations vertes fonctionnent à partir de ces métaux : voitures hybrides, éolienne, et alliages à destination de l’aéronautique. Autant dire que la situation commence à inquiéter les autres puissances. Selon Le Monde, Les États-Unis réfléchissent à reprendre des gisements inexploités pour faire gonfler leur production. Le Sénat américain souhaite notamment garantir l’autosuffisance de l’armée américaine. En effet, ces minéraux sont également utilisés dans les technologies militaires.

Une guerre stratégique

De son côté, l’Australie est partie à la recherche de nouveaux gisements. Pour le moment, l’Union européenne fait seulement une liste des métaux indispensables à son économie. Quant au Japon, il n’a pas hésité à créer un stock de minerais afin de se prémunir contre les aléas du marché. Il faut dire que la Chine alimente les spéculations. L’an dernier, elle a sous entendu qu’elle baisserait ses quotas d’exportation afin de réserver sa production aux entreprises locales. La guerre pour découvrir et prendre le contrôle de nouveaux gisements devraient donc faire rage durant les années à venir.

 

Fusion thermonucléaire contrôlée : une étape décisive a été franchie

Par René Tregouët

Il y a quelques jours, des scientifiques américains ont réalisé deux avancées remarquables vers la maîtrise de la fusion nucléaire contrôlée qui représente une source potentielle d’énergie illimitée et propre, pouvant résoudre durablement les problèmes de gaz à effet de serre de la planète.

Dans le domaine de la fusion par confinement inertiel, les chercheurs du « National Ignition Facility » (NIF) ont réussi à franchir pour la première fois la barrière d’un mégajoule avec plus de 111 millions de degrés Celsius, en concentrant 192 rayons laser de grande puissance dans un tube pas plus grand qu’un taille-crayon, rempli de deutérium et de tritium, deux isotopes naturels légers d’hydrogène.
Ils se sont ainsi approchés, comme jamais jusque là, très près de la température nécessaire pour déclencher la fusion thermo-nucléaire, qui se produit naturellement dans le coeur du soleil et de la plupart des étoiles. »Le NIF a montré sa capacité à produire suffisamment longtemps l’énergie requise pour mener des expériences de fusion plus tard cette année », souligne Ed Moses, le directeur du NIF, qui fait partie du Laboratoire Lawrence Livermore en Californie.

La température produite pendant quelques milliardièmes de seconde par ce dispositif de puissants lasers occupant la surface d’un terrain de football, a produit une énergie équivalente à 500 fois celle utilisée aux Etats-Unis à tout moment. Elle est aussi trente fois plus élevée que celles obtenues jusqu’à présent par tout autre groupe de laser dans le monde.

« Franchir la barrière du mégajoule nous rapproche du déclenchement de la fusion nucléaire et montre le potentiel énorme de l’un des plus grands défis scientifiques et d’ingéniérie de notre époque », a déclaré Thomas D’Agostino, le directeur du NNSA (National Nuclear Security Administration). Le deutérium est un élément qui peut être extrait de l’eau et ses réserves correspondent à plusieurs millions d’années de consommation mondiale. « Si nous pouvons dompter cette source d’énergie pour avoir une planète sans carbone et déchets nucléaires radio-actifs, ce sera tout simplement merveilleux », observe Ed Moses, dont les travaux sont détaillés dans la revue américaine Science datée du 29 janvier.

Dans l’autre grande voie de recherche sur la fusion, celle du confinement magnétique, des chercheurs du Massachussets Institute of Technology (MIT) et de l’Université américaine de Columbia ont également annoncé une remarquable avancée. Ils sont parvenus à utiliser un aimant d’une demi-tonne, aussi gros qu’un pneu de camion, maintenu en lévitation grâce à un autre aimant, afin de contrôler un gaz ionisé ou plasma.

Dans le cadre du « Levitated Dipole Experiment » (LDX), installé au MIT, l’aimant supraconducteur, refroidi à -269°C grâce à l’hélium liquide, a pu contrôler les mouvements d’un plasma porté à 10 millions de degrés, contenu dans un compartiment adjacent. Les turbulences créées « ont entraîné une concentration plus dense du plasma -une étape cruciale pour faire fusionner des atomes- au lieu de le disperser davantage comme cela survient habituellement », souligne le MIT dans un communiqué.

Observé lors de l’interaction de plasmas avec les champs magnétiques de la Terre ou de Jupiter, ce type de concentration sous l’effet d’un champ magnétique « n’avait jamais auparavant été recréé en laboratoire », selon le MIT. Cette approche « pourrait fournir une voie alternative pour la fusion » nucléaire, fait valoir Jay Kesner (MIT), co-responsable du projet LDX avec Michael Mauel (Université de Columbia). Source de déchets radioactifs, la fission nucléaire dans les centrales actuelles consiste à casser des noyaux d’atomes. Réaliser au contraire leur fusion pourrait fournir une énergie plus propre.

Dans le cadre du projet de fusion contrôlée au sein du réacteur expérimental international (ITER) à Cadarache (France), il s’agit de faire fusionner les noyaux de deux isotopes lourds de l’hydrogène : le deutérium et le tritium. Cela implique de produire du tritium radioactif et de protéger les parois du réacteur des neutrons issus de la réaction nucléaire, alors que le procédé du LDX pourrait permettre la fusion sans utiliser de tritium. Plus complexe à mettre en oeuvre, il pourrait intervenir dans « une deuxième génération » de réacteurs à fusion, selon M. Kesner.

La fusion présente trois avantages majeurs. D’abord, elle utilise comme combustible le deutérium dont les réserves terrestres sont quasiment inépuisables et le tritium relativement facile à produire ; son exploitation industrielle permettrait donc de résoudre, pour de nombreux millénaires, les problèmes liés à notre approvisionnement énergétique. L’exploitation d’une centrale électrique de 1000 MW basée sur la combustion du charbon nécessite de brûler 3 millions de tonnes de charbon par an mais la même centrale utilisant la fusion nucléaire ne consommerait qu’un quart de tonne d’un mélange basé pour moitié de deutérium et pour moitié de tritium.

Le deuxième avantage majeur de la fusion est la sécurité inhérente à ce phénomène. D’abord, seule la quantité de combustible nécessaire au fonctionnement du réacteur (à peine quelques grammes) est injectée dans l’enceinte du tokamak. Ainsi, si l’état du réacteur déviait trop des conditions normales d’exploitation, il est très simple de le mettre hors service rapidement. En fait, les quantités de plasma qui se trouveront au sein du réacteur seront si faibles qu’un incident, aussi improbable soit-il, ne pourrait jamais entraîner un événement catastrophique du type d’une explosion et limiterait ses effets à la mise hors service du réacteur.

Enfin, le deutérium (isotope naturel de l’hydrogène) peut être produit de manière aisée et non polluante. Le tritium, quant à lui, est un élément radioactif. Cependant, son temps de vie, c’est-à-dire la période pendant laquelle il émet des rayonnements potentiellement dangereux, est très courte (de l’ordre de la dizaine d’années). De plus, la réaction de fusion ne génère pas, directement ou indirectement, de sous-produits radioactifs de longs temps de vie.

On mesure mieux les enjeux énergétiques qui nous attendent quand on sait que, selon le dernier rapport de l’AIE, sorti fin 2009, à l’horizon 2030, les énergies fossiles (pétrole, gaz charbon) représenteront environ 80 % de la consommation mondiale d’énergie, contre 87 % aujourd’hui.

En outre, tirée par la croissance économique indienne et chinoise, la demande mondiale d’énergie devrait progresser de 40 % par rapport à 2007 et atteindre les 14 gigatonnes d’équivalent pétrole en 2030. Le problème est que, dans le même temps, le monde doit absolument réussir à stabiliser puis à diminuer d’au moins 20 % ses émissions de CO2 pour pouvoir limiter les effets du réchauffement climatique.

On voit bien que, ni la montée en puissance des énergies renouvelables « conventionnelles (solaire, éolien, biomasse), ni les progrès de l’efficacité énergétique ne suffiront à résoudre cette équation implacable et que l’Humanité doit parvenir, pour satisfaire sa soif croissante d’énergie, à accomplir des sauts technologique majeurs, qu’il s’agisse du solaire spatiale de la production d’hydrogène à partir de biomasse ou de la fusion contrôlée. Nous devons tout mettre en œuvre pour favoriser ces ruptures technologiques en développant de grands programmes et projets à long terme de recherche fondamentale qui nous permettront de relever les défis gigantesques qui nous attendent d’ici le milieu de ce siècle.

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