L’économie brésilienne au beau fixe


Par Vincent Paes

Avec la Chine, le Brésil est un des pays à avoir le moins souffert de la crise. La puissance de l’Amérique latine montre ainsi sa force de résistance. Malgré une chute de 7 % de la production industrielle, le Brésil réussit à afficher un taux de croissance légèrement positif. En 2010, il devrait frôler les 5 %.

Dans un environnement économique incertain, cette stabilité attire. Les investisseurs se précipitent. L’exploitation des immenses réserves de pétrole découvertes en eau profonde et les travaux d’infrastructures prévus pour la Coupe du monde de football (2014) et les Jeux olympiques de Rio (2016) vont continuer d’alimenter les investissements pendant encore quelques années.

Avec la Coupe du monde et les Jeux Olympiques, le Brésil attire les investisseurs

Le Brésil profite également de la hausse des exportations. Pour la première fois, la Chine est devenue, en 2009, le premier partenaire commercial du Brésil, devant les Etats-Unis. Désormais, les achats chinois, notamment de soja et de minerai de fer, représentent 13 % des exportations brésiliennes.

Mais, si l’économie brésilienne a su traverser la tempête sans trop de soucis, c’est grâce à son système bancaire, solide et rigoureux. En 2009, le flux monétaire a dégagé un surplus de 22 milliards d’euros. Désormais, le Brésil dispose d’une réserve confortable de devises. Le Brésil a augmenté ses réserves de 24 % en 2009. C’est mieux que les autres pays du Bric : Chine (19 %), Inde (12 %) et Russie (10 %). Fin 2009, la réserve de devises s’élevait à 240 milliards de dollars.

Le real fort pénalise la compétitivité de l’économie brésilienne

Le real, la devise brésilienne, est surévaluée. En décembre 2008, il fallait débourser plus de 2,5 reais pour un dollar. En 2009, la monnaie s’est valorisée de 34 % par rapport au dollar. Aujourd’hui, en 2009, le dollar s’échange autour de 1,8 real. Et le phénomène est le même par rapport aux autres monnaies. En 2009, il s’est renforcé de 36 % par rapport au yen et de 30 % par rapport à l’euro.

Cette tendance présente, à la fois, des avantages et des inconvénients. La valorisation du real permet d’acheter moins cher à l’étranger. Ce phénomène limite l’inflation, un des maux endémiques de l’économie brésilienne, et facilite la modernisation des entreprises nationales. Mais, dans le même temps, le real fort pénalise les exportations et augmente les coûts de production. Résultat, il pénalise la compétitivité de l’économie brésilienne.

Mais la chute du dollar a pour principal inconvénient de pénaliser les exportations qui, libellées en dollars, rapportent moins, tandis que la hausse du real alourdit les coûts des produits brésiliens et entrave leur compétitivité, particulièrement les produits manufacturés sur un marché mondial de sortie de crise plus concurrentiel. Les entreprises perdent des clients, par exemple au bénéfice des concurrents chinois.

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