L’atelier du monde manque de main d’oeuvre


Par Harold Thibault

Dans les régions industrielles chinoises les plus productives, la main d’oeuvre se fait rare. Les commandes ont repris, comme le montrent les chiffres publiés, mercredi 10 mars, par les Douanes : les exportations de la Chine ont progressé de 45,7% en une seule année, signe que la crise est passée.

Alors que les usines avaient licencié en conséquence du ralentissement économique mondial, certains travailleurs n’étaient pas revenus dans les grands bassins manufacturiers de provinces telles que le Zhejiang, au sud de Shanghai, ou le Guangdong. Pour l’année du tigre, le phénomène s’est inversé. Les carnets de commande sont remplis et c’est désormais la main d’oeuvre qui fait défaut.

400 000 postes sont à pourvoir dans le Zhejiang, qui ne compte que 106 800 chercheurs d’emploi, selon les statistiques des autorités de la province, publiées par le quotidien officiel China Daily. Même constat dans la région la plus dynamique du pays, le Guangdong, où 900 000 travailleurs manquent, selon Liu Zhigeng, chef du Parti de la ville de Dongguan, un important pôle de production du delta de la rivière des Perles, où 200 000 ouvriers supplémentaires seraient nécessaires.

Avec la reprise, les travailleurs ont davantage de chances de trouver un emploi dans leurs régions d’origine, où les salaires sont inférieurs à ceux proposés dans les grandes villes mais où le coût de la vie l’est tout autant.

Selon un sondage réalisé par le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, 62% des travailleurs migrants, les « mingong », du delta de la rivière des Perles et du delta du Yangtze, prévoyaient de revenir après avoir passé le Nouvel an chinois. 30% ne pouvaient pas le garantir.

Liu Yonghao, un membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois, s’est félicité de ce constat, la baisse de la main d’oeuvre induisant selon lui  une hausse des salaires et conditions de travail de migrants rarement aisés. « Les travailleurs migrants sont payés de 10 à 20% de plus qu’avant alors que ceux qui sont âgés de 30 ans et plus trouvent un travail plus facilement » a-t-il déclaré à la presse chinoise.

Certains estiment que le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du travail pourrait même pousser des entreprises installées dans les régions les plus industrialisées à aller où les ouvriers potentiels se trouvent : dans les régions moins développées, et contribuer ainsi à leur enrichissement.

La hausse des salaires et des niveaux de vie des « mingong » sera-t-elle pour autant durable ? Il faudra patienter pour le savoir mais, dans les campagnes chinoises, les ouvriers potentiels ne manquent pas.

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Une Réponse

  1. On pourrait peut-être leur demander de payer des cours de Mandarin à nos 10% de chômeurs afin de relocaliser ceux-ci en Chine ?

    On renvoie bien les Afghans à Kaboul…

    (pardon d’être totalement cynique et mauvaise langue)

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