Quand Grande Distribution et développement durable se rencontrent…


Par Sophie Fabrégat

Dans les modes de consommation actuels, la grande distribution est l’intermédiaire entre les producteurs et les consommateurs. Elle joue donc un rôle important et peut, en travaillant avec les différents acteurs, impulser un changement des pratiques. En encourageant les producteurs et fournisseurs à produire des produits plus respectueux de l’environnement, en mettant à disposition des consommateurs des produits vertueux et en favorisant leur accessibilité mais aussi en travaillant sur l’ensemble des activités générées par le commerce, la grande distribution peut contribuer à rendre les modes de production et de consommation plus durables.
C’est dans cet objectif que le ministère en charge de l’Ecologie et l a Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) ont signé une convention en janvier 2008. Deux ans après cet engagement, les parties prenantes ont dressé un bilan des actions entreprises dans ce cadre. Des évolutions positives ont été constatées, de nouveaux objectifs pourraient donc être fixés.

Information environnementale, une démarche à poursuivre

En vue de la généralisation d’ici 2011 de l’affichage environnemental pour les produits et services (lois Grenelle 1 et 2), la FCD s’est engagée à mener une expérimentation de ce dispositif sur 300 produits. Il s’agissait d’évaluer la faisabilité d’une évaluation environnementale multicritères (impact carbone et un ou plusieurs autres indicateurs) et les attentes des consommateurs sur ce sujet.
En partenariat avec l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), la FCD a mobilisé en 2009, 10 distributeurs et 120 industriels pour mener cette expérience. 300 références, alimentaires et non alimentaires (produits frais, épicerie, droguerie, textiles…) ont ainsi été analysées. Cette initiative a permis de mettre en lumière les difficultés de mise en œuvre d’un affichage environnemental multicritère. Sur 300 références retenues, 232 ont pu faire l’objet d’une évaluation environnementale au moins partielle (gaz à effet de serre et un ou plusieurs autres impacts). Les données nécessaires pour l’évaluation de l’ensemble du cycle de vie des produits ne sont pas toujours disponibles. Les données liées à la production et à la logistique notamment sont particulièrement difficiles à collecter (cela tient en partie du fait que la démarche était volontaire et non obligatoire comme le prévoit le Grenelle à partir de 2011) ou à distinguer. La FCD estime donc qu’il est indispensable de disposer de données génériques (moyennes) publiques. L’ADEME travaille actuellement à la mise en place d’une base de données publiques pour faciliter la généralisation du dispositif et limiter les coûts (une ACV complète coûte jusqu’à 100.000€). Après expérimentation, il apparaît que l’écotoxicité, l’impact sur la biodiversité sont difficiles à mesurer aujourd’hui.
Enfin, la FCD note que le niveau d’incertitudes ne permet pas de distinguer aujourd’hui les références au sein d’une même famille de produits en fonction de leurs impacts. Les données actuelles ne permettent pas un degré de précision suffisant. L’organisation professionnelle s’interroge donc sur la pertinence d’un affichage par référence plutôt que par famille de produit, étant donné les moyens mobilisés et les coûts inhérents.
L’opération devrait se poursuivre selon Jérome Bédier, président de la FCD, avec  »des simulations opérationnelles sur quelques produits comme la viande, les produits transformés ou les fruits et légumes, en partenariat avec les industriels et les agriculteurs ».
Face aux difficultés rencontrés, Chantal Jouanno a précisé que la généralisation du dispositif prévu dans le Grenelle se ferait progressivement,  »en commençant par les produits non alimentaires où la démarche pose moins de difficultés ».

Ecolabels : 10 % d’augmentation du volume des ventes

La FCD s’était également engagée à accroître le nombre de références et la visibilité des produits bénéficiant d’un écolabel. Selon elle, l’accroissement du nombre de références (100 références nouvelles) conjugué à la mise en avant de ces produits (notamment au travers d’opérations promotionnelles) a permis une augmentation des ventes d’environ 10 %.

Des efforts de réduction des emballages

La convention engageait également les distributeurs à réduire les emballages et à favoriser l’intégration de matériaux recyclés. Sur 25 cas documentés, 72.886 tonnes de matériaux ont été économisées, pour une réduction à la source de 9,4 %. Pot thermoformé et suppression du carton d’emballage pour des yaourts (49 t évitées), suppression des emballages individuels pour dosettes à café (91 % de matériaux économisés), optimisation de la forme d’une bouteille en plastique (27 % de matériau économisé) font partie des actions développées par les adhérents de la FCD et leurs partenaires industriels. Si ces réductions sont la preuve qu’il est possible de diminuer les déchets à la source, la FCD estime que  »la marge de progression s’avère, avec le temps, de plus en plus étroite et les efforts buttent aujourd’hui sur diverses limites, notamment technologiques et comportementales ».

20 % de croissance annuelle sur les produits bio

Sur les produits bio, la convention précisait que les enseignes de la FCD devaient augmenter d’au moins 15 % par an la part des produits bio dans le total des ventes alimentaires. Pour la deuxième année consécutive,  »les produits bio ont affiché une croissance annuelle de plus de 20 %, avec des pics de 50 à 70 % dans certaines enseignes ». Le communiqué précise que  »toutes les enseignes, y compris le maxidiscompte, misent sur le développement de ce marché et élargissent leur gamme à marques distributeurs ».
Chantal Jouanno a souligné l’importance de poursuivre cet engagement en mettant l’accent sur la  »saisonnalité et la proximité ». Les importations sont en effet courantes dans le bio pour répondre à la demande mais aussi pour limiter les coûts.

Diminuer l’impact de l’activité de distribution

Enfin, la FCD s’est engagée à réduire les consommations énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre du secteur. En 2009, les consommations énergétiques des magasins auraient baissé de 6 % par rapport à l’année précédente, en travaillant notamment sur les postes froid, climatisation et éclairage (pilotage à distance, récupération de chaleur et de froid, équipements performants…). Quant aux énergies renouvelables (le potentiel photovoltaïque des grandes et moyennes surfaces représenterait 20 millions m2), l’organisation précise que  »tous les projets de construction de sites nouveaux et la plupart des grosses rénovations intègrent désormais l’utilisation des énergies renouvelables ».
Enfin, les enseignes travaillent aussi à réduire les émissions liées au transport, en optimisant le remplissage des camions et en rationalisant leurs trajets, en renforçant les modes de transports alternatifs à la route (ferroviaire, fluvial).

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