Face à la concurrence internationale, les entreprises occidentales tremblent


Par Vincent Paes

Il est fini le temps où les entreprises des pays en développement se contentaient de produire pour les pays développés. Aujourd’hui, elles souhaitent faire jeu égal. En seulement quelques années, elles ont réussi à mettre en place une stratégie agressive pour monter en gamme. Elles ne sont plus de simples fournisseurs. Elles souhaitent désormais capter le maximum de valeur ajoutée dans la chaîne de production.

Pour cela, les entreprises des pays en développement n’ont pas hésité à investir massivement. Et elles ont pu profiter de leur marché national, plus résistant face à la crise, pour accélérer le mouvement. Face aux sociétés occidentales en perte de vitesse, elles ont appuyé sur l’accélérateur. À tel point qu’elles ne font qu’une bouchée de nos sociétés en difficulté.

Les entreprises du « Sud » font leurs soldes

Dernière exemple en date. Volvo. La société suédoise, qui a produit, en 2009, 335 000 voitures, vient d’être rachetée par le constructeur chinois Geely, troisième marque automobile sur son marché domestique en 2009. Il s’agit de la plus grosse acquisition jamais réalisée à l’étranger par un constructeur automobile chinois. Pour ce faire, Geely a pu compter sur le support de grandes banques occidentales et chinoises. Après avoir vu Goldman Sachs investir 334 millions de dollars en 2009, les banques d’Etat chinoises se sont pressées de participer au financement du rachat de Volvo.

La mauvaise santé économique de certaines sociétés occidentales permet aux entreprises des pays en développement de faire leurs soldes. Geely n’a ainsi dû débourser que 1,8 milliard de dollars pour acquérir Volvo alors que Ford avait dû dépenser 6,4 milliards de dollars en 1999. Symbole de cette nouvelle domination, le drapeau chinois flottait au siège de Volvo, en Suède, avant même l’annonce de l’acquisition. Cette transaction permet néanmoins à Ford de récupérer du cash et de souffler un peu.

Grâce à sa nouvelle marque, Geely espère obtenir la respectabilité qu’il cherche. Cette prise de contrôle doit permettre au groupe chinois d’acquérir de nouvelles technologies, un réseau de distribution en Europe et aux États-Unis mais également de progresser en termes de management, de contrôle qualité, de gestion de l’après-vente et de crédits auto. Vaste programme.

Et bien innovez maintenant !

L’objectif est clair : faire croître ses ventes de voitures sur le Vieux continent et aux États-Unis. En 2017, Geely compte vendre pas moins d’un million de voitures à l’étranger. Les constructeurs européens, longtemps épargnés par la concurrence des pays en développement sur leur propre marché vont souffrir de cette nouvelle concurrence. Spécialisé dans les voitures low cost, le constructeur chinois pourrait rapidement s’imposer sur le marché européen grâce à des voitures moins chères et tout aussi compétitive.

Faut-il s’inquiéter de cette tendance ? Oui. Si les entreprises européennes n’arrivent pas à se démarquer par l’innovation, les entreprises des pays en voie de développement seront rapidement aussi compétitives. Ce qui nous a sauvés pendant de longues années était notre avantage technologique. Mais, au fil des années, ce fossé s’est resserré. La fourmi du Sud est en train de prendre sa revanche sur la cigale du Nord. Et si la cigale veut traverser l’hiver, il lui faudra innover.

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