FMI :Trois petites taxes et puis s’en va…


Par Vincent Paes

 

Alors que Goldman Sachs est en plein combat judiciaire, le secteur financier s’enfonce un peu plus dans une crise existentielle. Une remise en cause du système devient de plus en plus nécessaire. Malheureusement, pour le moment, les gouvernements et les institutions ne semblent connaître que le mot « taxe » alors qu’une meilleure régulation serait tout aussi efficace.

Le coût des aides bancaires s’élève à 3 % du PIB

Après la France, l’Angleterre et les Etats-Unis, c’est au tour du Fonds monétaire international (FMI) de mettre la pression sur le secteur banquier. Dans un rapport remis aux ministres des Finances du G20, l’institution internationale propose l’instauration de deux taxes afin de renforcer la stabilité du système financier et de soutenir le remboursement des aides accordées aux banques par les gouvernements durant la crise.

Aujourd’hui, l’heure est aux comptes. A l’heure où tout le monde se demande qui devra payer l’addition, le FMI souhaite que les banques contribuent à l’effort collectif. Un effort pas si collectif que ça, puisque, selon le FMI, le coût budgétaire du soutien apporté au système financier s’est élevé, en moyenne, à 3 % du Produit Intérieur Brut (PIB) des pays du G20. Ce montant est même monté jusqu’à 5 % pour les pays les plus touchés.

Les taxes proposées par le FMI ne résolvent rien

La première taxe, appelée « contribution de stabilité financière », aurait pour objectif de couvrir le coût d’un nouveau sauvetage en cas d’une nouvelle crise. Le taux n’a pas été encore déterminé. Le FMI estime que cette taxe devrait être calculée sur le bilan des institutions. Les sommes seraient versées dans un fonds spécifique créé à cet effet ou directement au budget de l’Etat. Autrement dit, cette taxe n’est rien d’autre qu’une assurance. Mettez de l’argent de côté ; en cas de coup dur, on vous le donnera. En d’autres termes, cela incitera les banques à prendre des risques puisqu’elles se savent couvertes.

Par la suite, l’institution multilatérale veut mettre en place une seconde taxe sur les activités financières. Cette dernière serait basée sur le montant des profits et des revenus des institutions financières. Selon le rapport, une taxe de 2 % pourrait rapporter, au Royaume-Uni, 0,2 % de PIB.

Paroles, paroles, encore et toujours des paroles

Malheureusement, le FMI a indiqué qu’il était contre la taxe Tobin. Il estime que « ce n’est pas le meilleur instrument pour financer un mécanisme de résolution des crises bancaires. Cette taxe n’affecte pas la source principale de l’instabilité financière ». Pourtant, les chiffres qu’il avance sont plutôt persuasifs. Ainsi, un simple point de base sur les transactions d’actions, d’obligations et de produits dérivés rapporterait 200 milliards de dollars par an. Une taxe de 0,5 point de base sur les transactions au comptant et à terme sur les quatre devises principales permettrait de lever entre 20 et 40 milliards de dollars par an.

Mais que les financiers se rassurent, ces taxes sont encore loin de voir le jour. En effet, pour qu’elles soient mises en place, il faudra d’abord arriver à un consensus entre les différents pays. Encore une fois, ce ne sont rien que des mots.

 

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2 Réponses

  1. C’est clair que ce n’est pas demain la veille que les financiers accepteront une taxe sur leurs profits! Ou alors tellement minime qu’elle sera inefficace comme c’est bien dit dans ce billet.

    S’attaquer à l’oligarchie financière devra être à la base d’un projet de gauche qui se veut humaniste. Toute la politique en découle:
    http://ow.ly/1CU7I

  2. Ne soyons pas naïf! Depuis une vingtaine d’années et un peu plus pour ceux qui suivent avec assiduité les débats du Forum Economique Mondial de Davos,un combat sans merci s’est engagé entre les Etats et les Puissances financières (je ne sais comment les nommer tellement leur forme est en permanence évolutive et leur mode d’action englobante, enveloppante un peu comme le lierre qui étouffe le tronc pour s’en nourrir) pour la gouvernance mondiale. Un colloque sur ce sujet au Sénat en 2002 avait montré que déjà pour les Etats nationaux la bataille était perdue. L’offensive menée contre les dettes souveraines européennes est bien jouée dans ce contexte et on n’est pas loin du « Mat » quand on y songe.
    Dans un premier temps, les unes provoquent une crise de confiance qui se transforme en crise de liquidité que les Etats ne peuvent laisser faire. Donc ils renflouent et pour ce faire s’endettent au-delà du raisonnable (mais c’est pour la bonne cause, n’est-ce pas? c’est à dire le sauvetage du système) et du coup s’affaiblissent.
    dans un second temps, les sauvés viennent les mordre au sein comme le serpent de la fable, les accusant de laxisme et d’incompétence pour mieux les attaquer sur cette faiblesse ( qui reconnaissons-le quand même était déjà pour certains dont la France plus qu’une félure).
    dans un troisième temps nous y sommes : comme le dit Jacques Généreux, le sommet de Bruxelles de la semaine dernière n’aura-t-il été pour les économies européennes qu’un Munich monétaire? A ne pas choisir entre la paix la paix et l’honneur, nous aurons le déshonneur Et la guerre.
    Dans cette phase, nous sommes entrés dans une bataille à mort entre les puissances financières et les grands Etats démocratiques, l’Europe et les Etats-Unis pour faire rapide. De l’issue de cette bataille dépend le modéle économique qui dominera le monde dans le second quart du XXI° siècle. mais rassurez-vous, les financiers sauront très bien s’accomoder des régimes politiques comme le régime chinois. Et nous démocraties « dites avancées » seront définitivement ravalées au second rang (quand je dis définitivement c’est aussi définitif que peut l’être un mouvement historique évidemment)
    Alors dans ce contexte que nous chaut de savoir si les financiers l’accepteront. Ils ne l’accepteront pas , ni de bon coeur, ni de mauvais coeur. Mais est-ce qu’on se pose la question de savoir si celui qui veut votre mort accepterez de recevoir une chiquenaude sur le nez? question dérisoire, réponse inutile.
    Tout le monde est d’accord sur ce point : il faut revoir le système de régulation des instances financières mondiales, presque tout le monde est d’accord pour taxer les mouvements (rajoutons à la longue liste des rapports sur ce thème, le récent rapport remis à madame Lagarde par le président du Conseil national de la Comptabilité Jacques Lepetit sur le risque systèmique et 20 recommandations pour y faire face , rapport disponible dans la rubrique « rapport » du site du Ministère des Finances). Il ne manque qu’une chose : le courage ET la VOLONTE POLITIQUE de le faire car en face si on n’a pas trop de courage( on se cache pour agir) on a la volonté bien arrétée d’y arriver ( à faire plier les Etats). Donc chacun doit se battre avec ses armes : les financiers avec leurs milliards, les Etats avec leur règles de droit. Dans ce combat, tous les coups seront permis.

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