Crise économique : les PME sont encore dedans


Par Julien VANDERFEER

Près de deux entreprises sur trois ressentent une baisse de leur chiffre d’affaires en mars 2010. Parallèlement, 68 % d’entre elles déclarent avoir au moins un besoin de financement. C’est ce qu’indique le cinquième baromètre KPMG/CGPME.

La crise économique est derrière nous ? Pas pour les PME, en tout cas. De fait, 62 % des PME françaises ressentent une baisse de leur chiffre d’affaires en mars 2010, soit 4 points de plus qu’en janvier. C’est ce qu’il ressort de la cinquième édition du baromètre KPMG/CGPME* réalisé par l’Ifop et publié mardi 13 avril.

Des difficultés qui se reflètent au niveau du moral des dirigeants. Ils sont 80 % à se déclarer inquiets pour l’économie française, contre 72 % trois mois plus tôt. À titre de comparaison, en février 2009, en pleine crise économique, ils étaient 87 % à se dire pessimiste. 

Les besoins de financement explosent
Dans ce contexte, 68 % (+8 points) des PME déclarent avoir au moins un besoin de financement. C’est le niveau le plus haut depuis la création du baromètre il y a un an. « Les besoins liés à des financements de trésorerie et d’exploitation ont particulièrement augmenté et concernent désormais 40 % des PME (contre 32 % il y a trois mois) », indique l’Ifop.

Parallèlement, 44% des dirigeants avouent se retreindre dans leurs investissements et leurs demandes auprès des banques. Cette autocensure est plus fortement ressentie dans les entreprises de 20 à 49 salariés (51%). 

Les banques de plus en plus exigeantes sur l’accès au crédit…
Plus des trois-quarts des PME déclarent être confrontées à au moins une mesure de durcissement d’accès au crédit de la part de leur banque. Un niveau stable depuis six mois, mais en hausse de 17 points en un an.

Ainsi, une PME sur deux doit présenter des cofinancements ou des cautions ; 46 % (+ 4 points) des entreprises obtiennent des crédits à des taux ou des frais élevés, ou pour des montants plus faibles que souhaités ; 42 % (+ 4 points) doivent fournir des garanties supplémentaires. Enfin, les délais d’acceptation tendent à s’allonger pour 33 % des PME (contre 30 % en janvier). 

…ce qui impacte leurs relations avec les PME
Conséquence de ce durcissement ? Les dirigeants sont de moins en moins satisfaits de leur relation avec leur banque (-5 points depuis janvier 2010). 85 % des chefs d’entreprise se déclarent toutefois encore satisfaits.

Logiquement, les PME sont désormais 59 % à envisager d’examiner les conditions des banques concurrentes (contre 49 % il y a un an). 58 % souhaitent demander plus d’informations à leur banque et près de la moitié (48 %, -2 points) pourraient réexaminer leurs placements, trésorerie ou lignes de crédit.

Enfin, plus d’un dirigeant sur deux (51 %, +2 points) se dit prêt à recourir au médiateur du crédit ou à un tiers de confiance en cas de litige ou de problème de financement.

 

* Pour la cinquième édition de ce baromètre, l’Ifop a interrogé en mars 2010, à la demande de KPMG et de la CGPME, plus de 400 dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés sur leur financement et leur accès au crédit.

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