Crise systémique : les USA au bord du gouffre

Par Gilles Bonafi

Le nouveau rapport de L’OCC, l’Office of Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques US, dépendant du trésor américain, est sorti le 23 juin 2010.  Intitulé « OCC and OTS Release Mortgage Metrics Report for First Quarter of 2010 », il fait le point sur les prêts immobiliers (non commerciaux) US, leur nombre, leur répartition par catégories et surtout, dénombre les saisies immobilières en cours.(1)  Étant un organisme gouvernemental de contrôle des banques, ses données sont exceptionnelles sur le plan qualitatif, des données qui prouvent que l’économie US est en phase avancée de destruction, ceci en totale contradiction avec ce que l’on peut lire dans la presse.

Pour commencer, il faut savoir que l’ensemble des crédits immobiliers non commerciaux aux USA représentent 5947,548 milliards de dollars soit plus de deux fois le PIB de la France. Or, ce rapport de l’OCC nous apprend que 87,3 % de ces prêts sont remboursés (voir tableau : encadré en rouge « current and performing ») ce qui signifie que 12,7 % de ces prêts sont actuellement en difficultés. Les USA se retrouvent donc avec une ardoise immobilière brute de 755,33 milliards de dollars. N’oublions pas que le 20 septembre 2008, Paulson le secrétaire au trésor, le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke ainsi que Christopher Cox (président de la SEC) mirent au point le TARP, le Troubled Asset Relief Program permettant de racheter 700 milliards USD de MBS (mortgage-backed securities, un titre hypothécaire) afin de combler les dettes des institutions financières. 

Il faudra donc mettre en place un Tarp II, suivi d’un Tarp III car l’immobilier commercial est lui aussi en zone rouge selon un rapport publié par le COP, le Congressionnal Oversight Panel (Congrès US). Un énorme krach de l’immobilier commercial serait en effet en cours avec près de 1.400 milliards de dollars de crédits immobiliers commerciaux à refinancer sur 3 ans, soit près de 466,6 milliards de dollars à trouver par an, ce qui est pour ma part un montant sous évalué qu’il faudrait plutôt situer autour des 600 milliards.

Les « petites banques » US n’y survivront pas et on assistera à une super concentration du secteur bancaire. Les USA auront donc, si tout va bien, près de 1200 milliards de dollars à trouver cette année pour sauver les banques du trou noir immobilier !(2) Plus inquiétant encore, les procédures de saisies immobilières ont augmenté de 8,5 % au premier trimestre 2010 (malgré la renégociation, la modification de la plupart des prêts) avec 1 170 874 procédures. Il y a donc 12 866 procédures de saisies immobilières par jour aux USA, des milliers de familles jetées à la rue. Le nombre de SDF n’est pas prêt de diminuer (lire sur ce point précis : http://gillesbonafi.skyrock.com/2886448330-L-explosion-des-SDF-aux-USA.html)!

Il n’y a donc pas eu de miracle Obama !

Il faut rappeler que les Etats-Unis ont une dette totale (publique et privée) de 52 859 milliards de dollars soit 375 % du PIB US et plus que le PIB mondial qui va encore s’aggraver et devrait atteindre les 400 % en fin d’année. Heureusement que les agences de notations sont américaines car les problèmes grecs ne sont rien en comparaison !

Il est intéressant de noter qu’Ayn Rand a été l’égérie d’Anton LaVey, des libertariens et d’Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale jusqu’en 2006. Ce dernier est d’ailleurs l’un des responsables de la crise actuelle par sa politique des taux très bas puis brutalement relevés. Il a ainsi fait passer le taux directeur de la Fed (la banque centrale US), de 1% le 25 juin 2003, à 4,5% (plafond à 5,25% le 29 juin 2006) le jour de son départ, le 31 janvier 2006. Voici la véritable origine de la crise des subprimes (prêts immobiliers à risques) qui a historiquement débuté au second trimestre 2006 à cause de ce réhaussement des taux, entraînant l’envolée des mensualités pour les emprunteurs. On raconte n’importe quoi sur l’origine de cette crise qui n’est pas imputable aux banques, mais à la banque centrale américaine, la Fed !

Ayn Rand a ainsi écrit dans son livre la révolte d’Atlas publié en 1957 :

« Lorsqu’on constate que le commerce se fait non par consentement mais par compulsion lorsqu’on constate que pour produire, il faut auparavant obtenir la permission d’hommes qui ne produisent rien — lorsqu’on constate que l’argent afflue vers ceux qui dispensent non des biens mais des faveurs — lorsqu’on constate que les hommes deviennent plus riches par la subornation et les pressions que par le travail, et que les lois ne vous protègent pas de tels hommes, mais les protègent au contraire de vous — lorsqu’on constate que la corruption est récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — on sait alors que la société est condamnée ».
 

(1) Source : http://www.occ.treas.gov/ftp/release/2010-69a.pdf

(2) Source : http://www.agefi.fr/articles/Limmobilier-commercial-americain-prepare-nouvelle-vague-defaillances-1126571.html 

Gilles Bonafi est professeur et analyste économique.

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prospection pétrolière dans le bassin parisien

Par Enerzine

Hess Corporation, une compagnie pétrolière américaine confirme son intérêt pour la prospection de pétrole non conventionnel dans le secteur amont situé dans le Bassin parisien en France.

Selon un accord définitif qui doit encore être approuvé par le gouvernement français, Hess Oil France (HOF), une filiale de Hess détenue à 100%, investira jusqu’à 120 millions de dollars pour devenir co-titulaire (jusqu’à 50% d’intérêts) de plusieurs permis d’exploration et de demandes de permis accordés à, ou initiés par Toreador Resources Corporation, compagnie d’exploration et de production cotée au Nasdaq.

Ces différents permis recouvrent une surface d’environ 420 000 hectares (dont 275 000 hectares couverts par les permis attribués et 145 000 hectares par des permis en cours d’attribution).

Selon les termes de cet accord, Hess versera immédiatement 15 millions de dollars et investira jusqu’à 120 millions de dollars dans un programme en deux phases. La première phase concernera l’évaluation de la superficie à prospecter et le forage de six puits, dont le premier est prévu d’ici à la fin de l’année. En fonction des résultats de la phase 1, la seconde phase devrait consister à évaluer les réserves et à développer la production. A la suite de la Phase 2, si les obligations contractuelles ont été respectées, Hess détiendra 50 % des intérêts économiques directs de Toreador dans les permis concernés.

De la prospection pétrolière dans le bassin parisien

Ce partenariat permet de réaliser une synergie entre le portefeuille de permis de Toreador couvrant les gisements de pétrole non-conventionnel des roches mères du Bassin Parisien à la manne financière et aux capacités techniques de Hess, l’un des principaux producteurs de pétrole non-conventionnel aux Etats-Unis.

« Nous sommes enthousiastes de lier un tel partenariat avec Hess pour l’exploration du Bassin Parisien. Cet accord représente une étape majeure dans la stratégie de croissance de Toreador et une source de valeur considérable pour nos actionnaires. » a déclaré Craig McKenzie, Directeur Général de Toreador.

« Nous sommes heureux de nous allier à Toreador en France. Les technologies que nous utilisons pour la production de pétrole aux États-Unis dans le non-conventionnel trouveront une application directe dans le Bassin Parisien. Nous considérons ce partenariat comme une opportunité de croissance pour Hess, pour notre partenaire et pour l’industrie pétrolière française. » a indiqué pour sa part Greg Hill, Président de la division Worldwide Exploration and Production de Hess.

Les ressources contenues dans le sous-sol du Bassin parisien ont été estimées à environ 65 milliards de barils de pétrole, s’agissant, pour la plupart, de pétrole non conventionnel qui était jusqu’à maintenant inaccessible (un grand nombre d’autres pays membres de l’Union Européenne, notamment la Pologne, l’Allemagne, la Suède et l’Autriche, possèdent d’importants dépôts de pétrole non conventionnel qui ont des caractéristiques similaires à ceux du Bassin parisien).

Cette transaction revêt une forte dimension stratégique puisque l’Union Européenne souhaite réduire sa dépendance aux sources d’énergie ne provenant pas de l’Union Européenne (qui satisfont actuellement 50% de ses besoins en énergie).

Politique énergétique des Etats-Unis : le vent est-il en train de tourner pour l’or noir ?

Par Agnès Sinaï

De Nixon à Obama, de Carter à Bush, les présidents des USA clament depuis 40 ans leur volonté d’atténuer la dépendance au pétrole. A la rhétorique de la fin de l’addiction s’ajoute désormais un objectif climatique… qui semble rester inatteignable.

Barack Obama l’a lui-même rappelé dans son discours historique du 15 juin dernier sur la marée noire :  »Pendant des décennies, nous avons été conscients que les jours d’accès facile à un pétrole bon marché étaient comptés. Pendant des décennies, nous avons parlé et parlé encore de la nécessité d’en finir avec un siècle d’addiction pétrolière des Etats-Unis. Et pendant des décennies, nous avons échoué à agir avec le sentiment d’urgence que ce défi requiert. A chaque fois, la volonté d’aller de l’avant a été bloquée – non seulement par les lobbyistes de l’industrie pétrolière, mais aussi par un manque de courage et de franchise politique ».

Ce manque de leadership en matière de politique énergétique va-t-il se confirmer ? Les propos lucides du président Obama viendront-ils s’ajouter au catalogue rhétorique de ses prédécesseurs ? Ces questions sous-tendaient la rencontre franco-américaine organisée à l’université de Paris-Dauphine, en partenariat avec le Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP), le 22 juin dernier.

A l’issue de la conférence, un intervenant de marque, le professeur John M. Deutch du Massachussets Institute of Technology (MIT), éclaira dans une rétrospective lapidaire l’ensemble du débat.  »Dans les grands cycles de l’énergie, il y a toujours des surprises, l’inattendu peut faire irruption à tout moment. Songez aux chocs pétroliers, à l’accident de Three Miles Island, à la marée noire dans le Golfe : tous ces événements étaient inattendus, mais prévisibles… Et pourtant, rien n’a vraiment changé en 40 ans. Souvenez vous que Jimmy Carter, dès 1978, voulait lancer un programme d’énergies renouvelables, qui devaient produire 20% de l’électricité du pays en 2000. A l’époque, l’approche de l’énergie était plus exécutive qu’actuellement. Aujourd’hui, le président Obama privilégie le compromis. Il demande au Congrès de transcrire ses orientations en une loi, et ce sont plus de 1000 pages du projet Waxman-Markey, Kerry-Boxer, Kerry-Lieberman et que sais-je encore qui en ressortent. Résultat, on va se retrouver avec une législation ultra compliquée, qui n’a aucune chance d’être appliquée durant le mandat du président !  »< /i>. »aucune réalité sur le plan du changement climatique et sur le plan de la transition énergétique ». Le Golfe persique demeure d’une importance géopolitique cruciale pour l’approvisionnement des Etats-Unis, la gestion des sites d’enrichissement du nucléaire dans le monde semble hors de contrôle (Iran), et Obama a échoué à Copenhague parce que les Etats-Unis y sont allés sans avoir rien de concret à offrir à des pays émergents qui n’ont pas l’intention de restreindre leurs émissions.

Des laboratoires régionaux

En réalité, selon le professeur Deutsch du MIT, les Etats-Unis n’ont guère progressé : il n’y a pas encore de centre opérationnel de biocarburants à base de cellulose sur le territoire américain, les technologies solaires ne sont pas au point (de ce point de vue, on n’est pas beaucoup plus avancé qu’à l’époque de Carter), la législation américaine en cours sur le climat et l’énergie, qui prétend réduire de 80% les émissions étasuniennes de gaz à effet de serre d’ici à 2050, n’a pour le moment

La bonne politique, selon M. Deutsch, serait de privilégier une taxe carbone plutôt que de lancer un marché d’émissions aléatoire, qui ne rapportera pas d’argent à l’Etat et risque de se faire à l’avantage des industries européennes. Lancer un marché de CO2 sans vision de l’étape suivante démontrerait une absence de stratégie de politique nationale.

Les Etats-Unis restent le pays-continent des possibles. Malgré leur lente évolution globale sur le plan du paysage énergétique où les fossiles couvrent 80% des usages, l’efficacité énergétique s’est améliorée d’1,63% par an entre 1990 et 2007 (AIE/OCDE 2009). Pour Barry Smitherman directeur de la commission des services publics du Texas, deux priorités sont à retenir : investir massivement dans l’efficacité énergétique et fixer des normes sur les carburants. La Californie, la ville de New York et le Texas figurent parmi les laboratoires de stratégies énergétiques diversifiées. Le Texas, par exemple, est devenu le premier producteur d’énergie éolienne du pays. Plusieurs records de production électrique éolienne ont été enregistrés, jusqu’à 25% de l’alimentation du réseau le 28 octobre 2009. Le réseau de distribution est en pleine expansion pour desservir les centrales éoliennes, tandis que plus de 6 millions de compteurs intelligents seront installés au Texas d’ici à 2013. L’Etat texan met en ligne des tableaux comparatifs des prix de l’électricité pour que les particuliers aient  »le pouvoir de choisir »1. La ville de New York a fait de l’efficacité énergétique sa priorité. Son porte parole, Garry Brown, en charge des services publics, la décrit comme le laboratoire de l’avenir.

Selon une étude du CSIS (Center for Strategic and International Studies), les sources d’énergies renouvelables hors hydroélectricité couvriront 41% de la croissance de la production électrique entre 2008 et 2035. Ce qui n’empêchera pas les énergies fossiles de fournir 78% de l’énergie finale américaine en 2035, selon cette étude.

Les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Par LEAP2020

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Pour LEAP/E2020, la seconde moitié de 2010 va ainsi correspondre à une nouvelle inflexion en matière de dislocation géopolitique mondiale, caractérisée par une accélération des processus de décomposition stratégique, financière, économique et sociale autour de quatre points individuels de défaillance (1) du système international . Le contexte général reste celui décrit dans les GEAB précédents à savoir celui d’une reprise … de la récession économique mondiale après un gel provisoire dû aux mesures de stimulation. Mais avant d’entrer dans le détail de ces anticipations sur le développement de la crise économique et financière au second semestre 2010, constatons que le début du mois de Juin 2010 offre deux exemples flagrants de l’effondrement accéléré du système global de ces dernières décennies: l’un en matière de gouvernance économique globale, l’autre en ce qui concerne la capacité des Etats-Unis à contrôler ses propres alliés .
Cette mise en perspective d’évènements récents, symptomatiques de l’accélération de la dislocation géopolitique mondiale, étant faite, les quatre points individuels de défaillance du second semestre 2010 (2) selon LEAP/E2020, sont les suivants :
1. La dette publique occidentale : Quand l’insolvabilité devient insupportable
2. Austérité européenne : Quand la croissance conjoncturelle est abandonnée au profit de la stabilité structurelle
3. L’inflation chinoise : Quand la Chine va commencer à exporter son inflation
4. La décroissance US : De « l’austérité populaire cachée » à l’ « austérité fédérale imposée »
Chacun d’entre eux va être affecté par un choc majeur au cours du second semestre 2010 entraînant une crise sectorielle, régionale ou globale. 

Notre équipe a choisi de présenter son anticipation sur le quatrième point individuel de défaillance du second semestre 2010, à savoir la décroissance US. Pour le reste, dans ce numéro du GEAB, les abonnés pourront découvrir un second extrait du manuel d’anticipation politique, consacré à la question des sources et des équipes de recherche, ainsi que des informations sur le nouveau cycle de formation à l’anticipation politique 2010-2011 réservé aux abonnés du GEAB. Enfin, nous développons nos recommandations en matière de bons municipaux US, de marchés financiers, de devises et d’immobilier notamment pour faire face aux chocs du second semestre 2010.

En terme de gouvernance économique globale, souvenons-nous qu’il y a seulement un an, le G20 prétendait établir une nouvelle gouvernance mondiale et les Etats-Unis croyaient pouvoir organiser ce nouveau système autour de leurs priorités (3). Or, les 3 et 4 Juin derniers, non seulement les ministres des Finances des pays du G20, réunis à Busan en Corée du Sud, n’ont pas pu s’entendre pour mettre en place une taxe bancaire mondiale (idée soutenue par Washington, Londres et l’Euroland); mais ils ont refusé la proposition américaine (en solitaire cette fois) de soutenir de nouveaux plans de stimulation économique (4), bottant en touche pour « décider » de laisser chacun faire ce qu’il pouvait ou ce qu’il voulait en fonction de ses moyens. On est bien loin des déclarations officielles d’il y a un an sur un G20 nouvel organe central de la gouvernance mondiale; et on est au contraire en plein dans le « chacun pour soi » que notre équipe avait anticipé faute de remise en cause du Dollar US comme devise mondiale de référence. En fait plus personne ne veut jouer le jeu global en fonction des règles américaines (5). Et faute de nouveau « jeu commun », la solidarité internationale s’effrite à vue d’oeil. Cette situation ne va faire que s’amplifier dans les mois à venir, entraînant plus qu’un découplage, une vraie désynchronisation politique, sociale et budgétaire des principales puissances économiques de la planète entrainant en particulier des conséquences tragiques pour les opérateurs et les marchés dépendant du « bon fonctionnement » du système international. S’il y a bien une nouvelle phase de récession économique synchronisée (comme le montre le graphique ci-dessous), les contextes de chaque grande puissance sont désormais tellement différents qu’il ne peut plus y avoir de réponses communes; d’autant plus que les Etats-Unis ne sont plus capables d’imposer un leadership.

Synchronisation des phases de croissance et de décroissance de la production industrielle mondiale (indices PMI) (en noir, Eurozone / en rouge, Chine / en bleu, USA / en vert, Australie) – Source : SirCharlot, 05/2010

Synchronisation des phases de croissance et de décroissance de la production industrielle mondiale (indices PMI) (en noir, Eurozone / en rouge, Chine / en bleu, USA / en vert, Australie) - Source : SirCharlot, 05/2010

La décroissance US : De l’ « austérité populaire cachée » à l’ « austérité fédérale imposée »

Les élections intermédiaires (« mid-term elections ») de Novembre 2010 vont constituer le premier test électoral des Etats-Unis en crise. En effet, l’élection présidentielle de 2008 s’était déroulée dans un contexte marqué par l’effondrement de Wall Street (qui dynamisa le vote pour Barack Obama) mais sans que l’ensemble de la population américaine n’ait encore une vision précise de l’ampleur des dégâts économiques et sociaux qu’elle allait entraîner. Or, sur fond de fuite pétrolière sans fin dans le Golfe du Mexique et d’une grande désillusion sur l’aptitude de l’administration Obama à renverser les tendances négatives à l’œuvre dans le pays (désindustrialisation (6), chute de la classe moyenne dans la classe défavorisée, saisies immobilières, chômage, surendettement des ménages, des collectivités locales et des Etats, angoisse sur l’ampleur croissante des déficits fédéraux, guerres sans fin en Irak et en Afghanistan, etc…) (7), la situation électorale est particulièrement explosive, comme nous l’avons déjà analysé dans le GEAB N°45, avec la montée en puissance des nouveaux sécessionnistes et du mouvement « Tea-Party». Nous ne reviendrons pas ici sur ces analyses.

En revanche, il nous paraît nécessaire de souligner l’état de délabrement croissant de l’environnement socio-économique d’une grande majorité d’Américains, et ce pour deux raisons :

. d’une part, parce que c’est un facteur qui nous paraît déterminant pour anticiper les votes d’un grand nombre d’Américains en Novembre 2010

. d’autre part, parce que c’est une réalité couverte de manière anecdotique uniquement par la plupart des grands médias américains et presque totalement ignorée par les principaux médias étrangers, notamment occidentaux (8).

Corrélation par Etats US entre le taux de chômage élargi (U6) et le taux d’hypothèques impayées au 1er trimestre 2010 – Source : Bureau of Labor Statistics / CalculatedRiskBlog, 05/2010

Corrélation par Etats US entre le taux de chômage élargi (U6) et le taux d'hypothèques impayées au 1er trimestre 2010 - Source : Bureau of Labor Statistics / CalculatedRiskBlog, 05/2010

Cette crise au niveau des collectivités locales et des états est éclipsée par les problèmes des déficits fédéraux. Pourtant, elle est l’autre face de la même pièce, et une face qui va montrer dans le courant du second semestre 2010 qu’elle possède un double caractère explosif : électoral, comme le montreront les élections ; et financier, comme le prouveront les conséquences de la crise prochaine du marchés des « Munis », les titres des collectivités locales US .

Pour LEAP/E2020 la situation est pourtant claire : l’environnement direct d’une grande majorité d’Américains n’a cessé de se dégrader depuis 2008 quoi qu’en disent les statistiques et les experts fédéraux (9). Le chômage réel se situe au minimum entre 15% et 20% (10) et atteint 30% à 40% dans les villes et régions les plus touchées par la crise (11). Jamais autant d’Américains n’ont été dépendants des bons d’alimentation du gouvernement fédéral qui contribue désormais à un niveau jamais atteint aux revenus des ménages US (12). Parallèlement, les Etats sont obligés de multiplier les coupes budgétaires (13) et la suppression de services sociaux en tout genre, aggravant du même coup le chômage (14). Et ces phénomènes se déroulent alors que l’impact du plan de stimulation économique de l’administration Obama est censé être à son maximum (15) !

Il n’y a donc pas de quoi être surpris en apprenant que la consommation des ménages ne décolle pas, voire régresse, comme le montrent les ventes de détail du mois de Mai ; et que le marché immobilier continue sa descente aux enfers (16). Les indicateurs avancés les plus fiables montrent d’ailleurs que l’économie américaine va repartir en décroissance au second semestre (17). Loin des 3,5% de croissance annoncés par Ben Bernanke pour 2010, le pays sera bien chanceux selon notre équipe s’il enregistre un chiffre au dessus de zéro pour l’année en cours.

Car, contrairement au discours de Washington et Wall Street, l’austérité est en fait déjà là pour la grande majorité des Américains qui n’ont plus de travail, et/ou plus de maisons, et/ou des dettes supérieures à leurs actifs, et qui ne peuvent plus payer l’université, les sorties et/ou les vacances à leurs enfants, sans même parler de la consommation quotidienne. En plus, dans de nombreuses localités (18), ils n’ont plus de ramassage de poubelles fréquents (ou bien ils doivent payer plus de taxes), ils ont perdu une journée de distribution du courrier (19), ils sont moins protégés faute de policiers, ils doivent faire des queues interminables aux guichets des administrations suite au licenciement des fonctionnaires, et leurs enfants ont moins d’enseignants dans des écoles qui offrent moins de services (cantine, ramassage scolaire, …). En terme collectif, ce sont donc les collectivités locales et les Etats qui mettent de facto en place une politique d’austérité cachée à l’international depuis de nombreux mois déjà, et qui s’accélère.

Déficits budgétaires des Etats américains pour l’année fiscale 2010 (en pourcentage des dépenses générales) – Source : Freerisk, 04/2010

Déficits budgétaires des Etats américains pour l'année fiscale 2010 (en pourcentage des dépenses générales) - Source : Freerisk, 04/2010

C’est ce que LEAP/E2020 appelle l’ « austérité populaire rampante ». Elle constitue la principale composante de l’économie et de la société US réelles depuis deux ans. C’est elle qui incarne la fin du « consommateur US » que nous avions anticipée dès la fin 2006 pour cause d’insolvabilité. Cette insolvabilité a cheminé progressivement vers le haut, vers les acteurs du marché immobilier, vers les banques, vers les constructeurs automobiles. Et maintenant, en fin de stimulus économique, elle affecte les Etats, à nouveau les banques et enfin l’Etat fédéral car, suite à la mise en scène médiatique réussie de la « crise grecque », la peur de la faillite souveraine a conduit l’Eurozone et le reste du G20 à privilégier le rétablissement des équilibres budgétaires structurels et donc à bannir la poursuite de l’endettement public occidental (20). Or, sans endettement public croissant, l’économie américaine est condamnée à une crise majeure puisque depuis deux à trois décennies, elle ne produit plus qu’une seule chose, à savoir de la dette, et qu’elle n’exporte plus que cette dernière. Le Dollar US n’est plus qu’une créance sur une économie totalement endettée.

Ainsi, en décidant de ne pas suivre la demande du Secrétaire d’Etat au Trésor US, Timothy Geithner, d’entamer un nouveau round de stimulation économique par l’endettement, le G20 a condamné Washington à devoir faire face à l’impensable pour les marchés mondiaux : annoncer une ère d’austérité budgétaire fédérale. Ironie de l’Histoire, cette démarche en négatif du G20 (en laissant faire chacun selon ses possibilités, les autres membres du G20 n’ont pas osé expliciter la nécessaire austérité US), rejoint directement les conséquences probables des élections de Novembre 2010 qui vont voir les électeurs américains porter des coups violents au système washingtonien et à ses deux grands partis (voir GEAB précédents), rendant non seulement possible mais nécessaire, pour les Démocrates et les Républicains, une telle « révolution mentale » … s’ils veulent avoir une chance de l’emporter aux élections présidentielles de 2012. Pour notre équipe, les contraintes socio-politiques américaines internes convergent ainsi avec les pressions économico-financières externes au cours du second semestre 2010, rendant inévitables la mise en œuvre du premier grand plan d’austérité budgétaire US depuis plus de soixante ans et la plus forte hausse de la pression fiscale depuis cinquante ans.

Niveau de pression fiscale sur les Américains les plus riches (1920 – 2010) - Sources : CBO / EconIm, 05.2010

Niveau de pression fiscale sur les Américains les plus riches (1920 – 2010) – Sources : CBO / EconIm, 05.2010
Les conséquences d’une telle (r)évolution sur l’économie US, les échanges commerciaux, les marchés financiers mondiaux, la valeur des actifs libellés en Dollars (au premier rang desquels les Bons du Trésor US) et le Dollar lui-même sont immenses. Nous y revenons dans la partie de ce GEAB N°46 consacrée aux recommandations. Il faut néanmoins garder à l’esprit que depuis 1945 (et peut-être même les années 1930), l’économie et la finance mondiales se sont fondées sur le mythe d’un moteur de croissance américain irrésistible qui, tout en pouvant connaître de courtes baisses de régime, restait néanmoins d’une fiabilité à toute épreuve. Si la faiblesse du filet social a toujours imposé aux Etats-Unis une forte croissance pour éviter que des millions d’Américains ne s’écrasent dans la pauvreté, nul doute que c’est encore plus vrai pour le système financier et monétaire mondial qui ne bénéficie lui d’aucun filet de secours. Si l’austérité grecque ou espagnole provoque de telles turbulences, imaginez ce qu’il va advenir avec l’austérité US qui devra imposer des coupes budgétaires d’au moins 1.000 Milliards sur 3 à 5 ans (21). Ce type de nouvelles provoquera une remise en cause radicale du principal mythe sur lequel se fondent les marchés internationaux et le système économique et financier des dernières décennies, lui assurant une place éminente parmi les quatre points individuels de défaillance du système global au cours du prochain semestre.
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Notes:

(1) Un point individuel de défaillance (Single Point of Failure ou SPOF en anglais) est un point d’un système informatique dont le reste du système est dépendant et dont une panne entraîne l’arrêt complet du système. Le point individuel de défaillance a comme principale caractéristique de ne pas être protégé (redondant). Il est donc un risque pour la disponibilité du système. Dans la définition « Single Point of Failure », le mot anglais « Single » est le plus important et souligne le caractère unique et donc fragile du « composant ». La notion de point individuel de défaillance est fortement liée à celle de service, dans la mesure où un problème sur le point concerné entraîne une interruption de service. Selon LEAP/E2020, l’approfondissement de la crise et le passage de ce nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale au second semestre 2010 vont mettre en évidence des problèmes très graves au niveau de quatre points individuels de défaillance au sein du système international actuel. Les conséquences, à l’image d’un système informatique, seront de l’ordre du déni de service, c’est-à-dire, de crises majeures dans les domaines, régions et secteurs concernés.

(2) Nos lecteurs remarqueront que, à la différence des principaux médias anglo-saxons et de ceux qui les copient/collent dans les autres pays, nous n’avons pas résumé les risques mondiaux à venir à deux causes : la Grèce et l’Euro. Nous estimons même qu’ils ne font pas partie des points individuels de défaillance du système international : la Grèce car elle est marginale et n’occupe aucune fonction-clé du système, l’Euro car il n’a jamais été en risque d’effondrement et car, en deux mois, l’Euroland a mis en place les mesures qu’elle se refusait à prendre depuis une décennie, dont l’austérité fait d’ailleurs partie. Et c’est cette austérité qui selon notre équipe fait partie des quatre points individuels de défaillance du système mondial.

(3) LEAP/E2020 avait alors investi beaucoup d’efforts et de moyens (y compris une lettre ouverte en pleine page dans le Financial Times) pour souligner que le G20 ne pourrait constituer une solution alternative à l’effondrement de la gouvernance mondiale issue de l’après Seconde Guerre Mondiale que si le projet d’une nouvelle devise de réserve mondiale était mis sur le tapis, afin de s’assurer que tous les acteurs du G20 aient un intérêt à coopérer sur le moyen et long terme (voir les GEAB du premier semestre 2009). Or, Washington n’a rien voulu savoir et les Européens ont été incapables d’assumer leurs responsabilités pour proposer une telle nouvelle devise et associer ainsi leur poids à celui des Chinois, des Russes, des Indiens et des Brésiliens. Résultat un an plus tard : le chacun pour soi règne en maître et Washington n’est même plus capable de faire adopter ses propositions au G20 qui se transforme de facto en assemblée cachant de plus en plus mal un état croissant de désunion mondiale.

(4) Source : GlobalEconomicAnalysis, 05/06/2010

(5) Source : Alphaville, 05/06/2010

(6) En Avril dernier, les licenciements ont d’abord été le fait du secteur manufacturier, réfutant tout le discours sur une reprise tirée par les exports et l’industrie. Source : Reuters, 21/05/2010

(7) Le New York Times du 04/06/2010 parle même d’un sentiment de chaos dans le pays.

(8) Il est en effet toujours étonnant de voir des médias faire des unes à répétition sur une manifestation de 7.000 personnes à Athènes pour rendre compte d’une mobilisation de la population contre les mesures d’austérité (voici un exemple parmi tant d’autres de ce type d’articles sur CNBC du 05/03/2010) ; tandis qu’aucun d’entre eux ne mentionne le fait que le gouverneur de l’Etat de New York annonce un chaos généralisé dans l’Etat du fait de coupes sombres dans les personnels de police, de justice, de santé, … sur fond de protestations régulières de milliers de fonctionnaires de l’Etat. Source : NYDailyNews, 10/06/2010; New York Times, 09/06/2010

(9) Les nouveaux menus à 2$ de TacoBell indiquent clairement la tendance à l’appauvrissement généralisé. Source : USAToday, 14/05/2010

(10) En matière de chômage, il est utile de consulter cette liste des quinze entreprises US qui ont le plus licencié d’employés ces derniers mois pour comprendre la logique suicidaire de leur profitabilité. Sources : CNNMoney/Fortune, 13/05/2010; Gallup, 19/03/2010

(11) Sources : MarketWatch, 08/06/2010 ; CNNMoney, 05/06/2010

(12) Source : USAToday, 26/05/2010

(13) Une demi-douzaine d’entre eux n’ont même plus les moyens de payer les crédits fiscaux dûs aux ménages et entreprises. Et trente-deux Etats vont devoir emprûnter près de 40 Milliards USD en 2010/2011 pour pouvoir payer les indemnités de chômage. Sources : New York Times, 02/06/2010 ; GlobalEconomicAnalysis, 21/05/2010

(14) Le rapport de Mai 2010 publié à ce sujet par la National League of Cities montre l’ampleur du phénomène.

(15) Ces derniers mois, plus d’un million d’Américains ont arrêté de chercher du travail étant donnée l’absence d’opportunités. C’est ce qui permet au gouvernement fédéral de les sortir des statistiques et de proclamer que le taux de chômage baisse … alors que de moins en moins d’Américains ont du travail. Source : CNBC, 07/06/2010

(16) La consultation des dix graphiques sur ce sujet proposés par DrHousingBubble du 10/06/2010 est très parlante.

(17) Pour ceux qui croient encore que la croissance américaine est au rendez-vous des prochains trimestres, il est très édifiant de lire les 25 questions à se poser à ce sujet listées par PrisonPlanet du 25/05/2010 ; ou encore de consulter les 20 indicateurs proposés par EconomicCollapse du 02/06/2010.

(18) Sources : CNNMoney, 01/06/2010 ; SeekingAlpha, 11/06/2010 ; USAToday, 12/06/2010

(19) Le US Postal Service ne livre plus le courrier que cinq jours par semaine au lieu de six auparavant. Source : Washington Post, 24/03/2010

(20) Tout cela se déroule sur fond de hausse des taux d’intérêts de plusieurs banques centrales comme celles du Canada, de l’Inde, d’Australie, du Brésil, … rendant donc de plus en plus improbable une capacité de vente des Bons du Trésor US à perte comme actuellement, sauf à multiplier les « coups » comme la Grèce chaque trimestre. Mais, en Europe comme en Asie, les pays candidats à ce type de « coups » s’appellent le Japon, la France, l’Italie, le Royaume-Uni …. soit des cibles trop proches ou trop dangereuses par leur capacité de nuisance.

(21) C’est une estimation basse de la part de notre équipe, dans une logique de similitude avec les autres pays occidentaux, sachant que le budget de la Défense et les programmes sociaux seront les plus touchés.

Le gaz augmente encore au ler juillet : + 4,7%

Par Enerzine

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) conforte GDF Suez dans sa demande de révision à la hausse du barème tarifaire lié à ses coûts d’appro- visionnement au 1er juillet 2010.

La CRE a vérifié que l’application de cette formule entre le 1er avril et le 1er juillet correspond bien à une hausse de 0,228c€ par kWh. Celle-ci résulte de l’augmentation, sur la période considérée, des moyennes prises en compte dans la formule, à savoir 9,4% pour le fioul lourd, 13,3% pour le fioul domestique et de 11,3% pour le Brent du fait notamment de la hausse de 6 % de la moyenne du taux de change dollar/euro sur la même période.

En définitive, cette hausse va se traduire par une augmentation moyenne de 4,7% pour les clients se chauffant au gaz au tarif B1, soit 6,3 millions de clients
.

Selon France Info, pour les ménages qui utilisent également le gaz pour la cuisson et/ou le chauffe-eau, l’augmentation atteindra 2,1 % pour le premier contre 3,1 % pour le second. Concernant les entreprises, la hausse sera comprise entre 5 et 7,5 % en fonction de la taille de leur chaufferie.

Rappelons que cette augmentation demandée par GDF Suez intervient après celle de 10 % octroyée le 1er avril dernier.

Par ailleurs, la CRE rappelle que la formule tarifaire fait l’objet d’un audit sur lequel elle délibérera d’ici septembre. Les premiers résultats laissent entrevoir des évolutions fondées sur les renégociations en cours des contrats à long terme entre GDF Suez et ses fournisseurs. Celles-ci aboutiraient à l’intégration d’une indexation plus importante sur les prix de marché, inférieurs à ce jour aux prix indexés sur le pétrole.

Taxe bancaire : Londres, Paris et Berlin reviennent à la charge

Par Les affaires.com(Presse Canadienne)

Les gouvernements britannique, français et allemand entendent instaurer une taxe sur les banques, assise sur leur bilan, afin de protéger les contribuables du coût de la résolution des crises financières et comptent demander à d’autres pays de se joindre à eux.

Cette proposition, rendue publique mardi, intervient à quelques jours du sommet du G-20 ce week-end à Toronto.

Dans une déclaration commune, les trois gouvernements affirment que ces taxes visent à « garantir que les établissements bancaires contribuent à la hauteur des risques auxquels ils exposent le système financier et l’économie en général » et à « les encourager à apporter les ajustements nécessaires à leur bilan pour réduire ces risques ».

L’Allemagne a annoncé fin mars le cadre dans lequel s’inscrira le prélèvement sur les banques qu’elle souhaite instaurer. L’Allemagne présentera un projet de texte en conseil des ministres durant l’été, selon la déclaration, tandis que la Grande-Bretagne a annoncé mardi la création d’une taxe bancaire à compter de janvier 2011. La France présentera quant à elle les modalités détaillées de sa taxe bancaire dans son prochain projet de loi de finances.

Selon la déclaration, « les modalités précises de chaque taxe pourront varier en fonction du contexte et de la fiscalité de chaque pays mais le niveau de prélèvement tiendra compte dans tous les cas de la nécessité de garantir des conditions équitables ».

Les trois pays disent avoir pris « acte des résultats du G-20, au cours duquel les participants sont convenus que le secteur financier devrait contribuer de manière juste et substantielle à la couverture des charges liées aux interventions publiques permettant de restaurer le système bancaire ou de financer la résolution des crises financières ».

Ils se déclarent « résolus à mettre en oeuvre le programme ambitieux de réforme du secteur financier défini par le G-20 dans tous ses aspects » et « se réjouissent à la perspective de débattre plus avant de ces propositions avec leurs partenaires internationaux lors du Sommet du G-20 » à Toronto.

L’Activité des TPE en 2009 (ou plutot le manque…)

Une étude de la FCGA 

L’étude « Activité et Tendances » vient compléter la grande enquête annuelle de la FCGA sur les « Tops et les Flops des TPE » dont la dernière édition vient d’être rendue publique (http://www.fcga.fr). Moins exhaustive que cette dernière, elle se concentre sur 8 grands secteurs d’activité regroupant 26 professions du commerce, de l’artisanat et des services. 

Détail des performances, secteur par secteur

Après une année 2008 morose (+0,8%), pharmaciens et opticiens-lunetiers réalisent la plus forte progression d’activité en 2009. Une performance en trompe l’oeil toutefois car, si le chiffre d’affaires du secteur reste globalement positif (+1,5%), les marges, elles, ont tendance à diminuer dans les deux professions.

Croissance nulle en 2009 pour le secteur CHR ! Seuls les hôteliers restaurateurs affichent une activité en hausse : +0,8%. Les restaurateurs purs (-0,2%) et les cafetiers (-1,1%) enregistrent des scores négatifs, même si – en comparaison à l’année 2008 – ils améliorent relativement leurs performances. A noter : la réduction du taux de TVA dans la restauration n’a toujours pas produit les effets escomptés sur l’activité et l’emploi. 

Contre toute attente, les artisans de l’alimentation résistent plutôt bien à la crise. Boulangers (-0,3%), pâtissiers (-0,2%), bouchers (-0,8%), charcutiers (-0,1%), supérettes de proximité (-0,5%) et commerces de fruits et légumes (-3%) sont tous confrontés à une baisse de chiffre d’affaires, mais celle-ci reste globalement plutôt modérée (sauf pour les primeurs). Mieux : depuis le début de la crise, le commerce de détail alimentaire semble avoir retrouvé les faveurs des consommateurs.

Espacement des visites et réduction du ticket moyen dans les salons de coiffure (-1,4%), apparition de concepts low-cost et concurrence des grandes enseignes dans les instituts de beauté (+0,9%). Résultat : un recul de 1,2% pour l’ensemble du secteur. La diminution sensible de la vente de produits d’entretien illustre le choix dominant de la clientèle pour alléger la facture : consommation de la prestation de base seulement (soins ou coupe) et pas d’achat de produits ou services annexes. 

Après une année 2008 décevante (-2,8%), le secteur de l’équipement de la personne ne parvient toujours pas à renouer avec la croissance en 2009 (-2,1%). Les horlogers-bijoutiers (-3,5%) et les magasins de prêt-à-porter (-3%) enregistrent les plus forts reculs d’activité. Les chausseurs indépendants remontent la pente à petits pas : +0,7% (contre -1,4% en 2008). De son côté, la lingerie (+0,8%, contre -1% en 2008) se redresse légèrement. 

L’équipement de la maison : -2,9% Dégringolade du chiffre d’affaires dans les petits magasins d’électroménager en 2009 : -4%, (contre +2,4% en 2008) ! Et pas même un bouquet de fleurs pour consoler les professionnels du secteur…L’activité des fleuristes, autre profession de l’équipement de la maison retenue dans cette étude, se fane tout aussi tristement l’année dernière : -2,7% (contre -0 ,2%, en 2008). 

Année noire pour les artisans du bâtiment dont le chiffre d’affaires accuse un repli moyen de 3,7% en 2009. Tous les corps de métiers sont dans le rouge, à l’exception de la plomberie qui affiche un timide +0,7%. La maçonnerie connaît une plongée spectaculaire de son activité (-8,7%) tandis que l’électricité (-3,9%) et la couverture (-3,5%) révèlent des performances également préoccupantes.  

Boosté par la prime à la casse, le marché du neuf s’est plutôt bien porté en 2009. La crise n’a pas freiné les ventes de véhicules neufs, au grand bonheur des constructeurs ! Diagnostic inverse sur le marché de la réparation-entretien dont l’activité a nettement ralenti l’année dernière (-4%, contre +1,7% en 2008). Confrontés à cette panne de la demande, les garagistes traditionnels ont tenté de réagir en développant de nouveaux services : contrôles préventifs, vente d’accessoires, forfaits réparation à bas prix…Insuffisant pour faire redémarrer une demande au point mort.

 

 

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