Dette : « des sacrifices humains pour apaiser la colère de dieux invisibles »

Par Vincent Paes

« L’élite des responsables politiques (les banquiers centraux, les ministres des Finances, les élus qui se dressent en défenseurs de la vertu budgétaire) agissent comme les prêtres d’un culte antique, exigeant que nous nous livrions à des sacrifices humains pour apaiser la colère de dieux invisibles. Oui, on parle de sacrifices. Il faudrait que ceux qui doutent de la souffrance causée par les coupes claires dans les dépenses regarde les conséquences catastrophiques des programmes d’austérité en Grèce et en Irlande.

(…) D’abord on nous a dit qu’il fallait ignorer les fondamentaux économiques et à la place obéir au diktat des marchés financiers; maintenant on nous dit d’ignorer ce que disent en fait ces marchés parce qu’ils sont désorientés. En Amérique, nous avons le choix. Les marchés n’exigent pas que nous laissions tomber la création d’emplois », a écrit Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, dans sa chronique du New York Times.

Le déficit ne devrait pas être la priorité de l’Etat

Selon lui, « ces dieux invisibles » sont les investisseurs sur le marché des emprunts d’État. Il remet surtout en cause leur influence sur les décisions des États et l’impact final que cela a sur l’économie et sur les hommes. Selon lui, la réduction des déficits en vue de lutter contre la dette publique n’est pas la priorité des pays occidentaux. Ils doivent avant tout se concentrer sur la reprise et sur l’emploi. Il souligne d’ailleurs que, malgré un déficit record, les États-Unis continuent d’emprunter à des taux historiquement bas.
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L’indispensable justice fiscale

Par Alain-Paul Godard,

Ancien président d’Aventis CropSciences

 

En tant qu’ancien dirigeant de groupes internationaux, j’ai vécu les avantages croissants que les grands patrons se sont octroyés au fil du temps. J’ai moi-même bénéficié de ces pratiques, avec un salaire multiplié par dix en quinze ans, auquel il faut ajouter des stock-options et, au bout du compte, une confortable retraite chapeau. Toutefois, refusant de vivre dans un pays coupé en deux, je continue à militer pour un système plus égalitaire: oui, il existe encore dans notre pays des privilégiés qui pensent que l’intérêt général doit prendre le pas sur les situations dont bénéficient ceux que la fortune ou leurs qualités ont faits riches.

Le déséquilibre des finances publiques exige une réforme fiscale qui touche significativement les plus riches, mais également les classes moyennes. Il faut supprimer le bouclier fiscal et ne pas avoir peur de créer de nouvelles tranches d’imposition pour les revenus les plus élevés. Il n’est pas juste, en effet, de taxer au même niveau un revenu de 70 000 euros par an, le seuil actuel de la dernière tranche d’imposition, et des revenus de deux voire trois millions d’euros. A partir de tels montants, l’impôt doit dissuader de continuer la course à des salaires mirobolants qui ne correspondent pas à de vraies compétences. Parallèlement, il faudra supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), devenu une usine à gaz peu productive, tout en réduisant les avantages fiscaux anormaux accordés aujourd’hui aux revenus du patrimoine et aux plus-values sur le capital. Il faudra également accroître fortement les droits de transmission des très gros patrimoines, afin d’éviter la reconstitution d’une classe de rentiers non productifs.

On m’objectera certainement qu’augmenter les impôts des plus riches va accroître le nombre des exilés fiscaux alors que, refrain connu, ce sont ces riches qui créent des emplois et de la croissance. Je ne crois pas à cette menace, car les cadres dirigeants actifs ne sont pas des candidats naturels à l’expatriation fiscale, contrairement aux vedettes du sport ou du show-biz et aux richissimes retraités ou rentiers qui ont déjà largement quitté le pays.

Bien évidemment, de telles mesures ne doivent en aucun cas être un substitut à la lutte contre les dépenses inutiles. Elles n’empêcheront pas non plus, comme c’est normal, les riches de rester riches: tout au plus verront-ils leur capacité d’épargne diminuer, au profit d’un peu plus de justice sociale, sans laquelle on ne sortira pas de la crise. Sans un fort sentiment de justice, le nécessaire appel à l’effort de tous est en effet irrémédiablement voué à l’échec.

Quand une seule entreprise chinoise recrute autant que 10% des chomeurs français…

D’après Reuter

Le numéro un mondial de la sous-traitance électronique vient d’annoncer un programme de recrutement pour ses usines chinoises: +9 % de salariés d’ici à fin 2010, et entre +20 % et +30 % en 2011.


Actuellement, Hon Hai s’appuie, dans l’Empire du Milieu, sur 920 000 personnes. Ses effectifs y passeraient donc à 1 million d’employés à la fin de cette année, et à entre 1,2 et 1,3 million fin 2011.
Avec cette décision, Hon Hai, veut assurer de meilleures conditions de travail à ses employés. Il veut, par exemple, limiter les heures supplémentaires mensuelles à 36 heures contre 80 heures couramment aujourd’hui.
Le numéro un mondial a également programmé la délocalisation de productions actuellement réalisées dans les usines de Shenzhen, dans des provinces du centre de la Chine (notamment Henan et Sichuan), plus pauvres et donc à salaires moins élevés. Des usines y sont en construction.
Rappelons qu’en juin dernier, sous la pression des employés de ses sites de Shenzhen, Hon Hai a décidé d’augmenter de 70 % les salaires de ceux-ci. En octobre prochain, les salaires mensuels de ces derniers devraient ainsi passer de 1 200 yuans (138 euros) à 2 000 yuans (231 euros).
En outre, le groupe a aussi prévu que les salaires de ses employés des autres régions de Chine seront aussi rehaussés.
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Eoliennes en mer : l’État va investir 10 milliards €

Par Enerzine

Comme prévu, le gouvernement lancera à partir du mois de septembre une première série d’appels d’offres visant à la construction de 3 000 mégawatts (MW) de capacité de production d’électricité éolienne dans une dizaine de zones maritimes identifiées comme favorables.

 

Le premier appel d’offres concernera l’installation de 600 éoliennes au large des côtes françaises, un programme qui représentera 10 milliards d’euros d’investissements, a indiqué mardi le ministère de l’Ecologie et de l’Energie.

Les projets seront sélectionnés au troisième trimestre 2011 sur la base du prix d’achat de l’électricité proposé et du délai de mise en service des installations.

Le ministère a précisé à l’AFP « qu’au coût actuel de 3,5 millions d’euros par mégawatt installé, cela représente un programme d’investissements de 10 milliards d’euros« .

Les zones retenues pour la construction de parcs éoliens devraient se situer dans la Manche et la Mer du nord, au nord de la Bretagne, au large des Pays-de-la-Loire et de la région Languedoc-Roussillon.

Le plan de développement des énergies renouvelables de la France (cf : Grenelle Environnement) prévoit une accélération du développement de l’énergie éolienne en mer, et vise l’installation d’une capacité de 6 000 MW à l’horizon 2020, objectif confirmé lors du Grenelle de la Mer et lors de l’adoption de la nouvelle «feuille de route énergétique de la France».

L’immobilier américain fait tousser des marchés déjà fébriles

Par Agence France-Presse
New York

Les Bourses européennes et américaines ont à nouveau baissé mardi après la publication d’un mauvais indicateur aux États-Unis, entraînant un net repli des investisseurs vers certaines obligations d’État, valeurs refuges par excellence

Déjà mal en point dans la matinée, les marchés boursiers ont décroché dans l’après-midi en Europe, après l’annonce que les ventes de logements anciens aux États-Unis avaient chuté à leur plus bas niveau depuis quinze ans.Ils se sont légèrement repris en fin de séance européenne. Le CAC 40 a ainsi terminé en baisse de 1,75%, sous les 3500 points, et le Footsie à Londres de 1,51%. Le Dax à Francfort a lâché 1,26% et s’est installé sous les 6000 points. L’indice Eurostoxx 50 des principales valeurs européennes a cédé 1,74%.

Aux États-Unis, l’indice Dow Jones a abandonné 1,32%, après être brièvement passé sous les 10 000 points après la publication de l’indicateur immobilier. Le Nasdaq a concédé 1,66%. 

Selon les chiffres de l’Association nationale des agents immobiliers (NAR), les ventes de logements anciens sont tombées à 3,83 millions en rythme annuel en juillet, soit 27% de moins que le mois précédent.

«Le chiffre est mauvais dans l’absolu mais l’indicateur est biaisé par la fin d’avantages fiscaux qui encourageaient l’achat de logement», a observé un vendeur d’actions parisien.

Le secteur de la construction a particulièrement souffert en Europe, d’autant plus que le producteur irlandais de matériaux de construction CRH a fait état en matinée de perspectives moroses. Son titre a chuté de 17% à la clôture.

«Le marché était déjà mûr pour baisser avant l’immobilier. L’indicateur a été un catalyseur», a résumé le vendeur d’actions.

Cette déception sur l’immobilier vient s’ajouter à une série d’indicateurs publiés depuis plusieurs semaines montrant que l’économie américaine tourne au ralenti, ce qui pèse sur les marchés boursiers.

Déprimés par ces craintes sur l’économie, les investisseurs se détournent massivement des actifs risqués, au bénéfice des valeurs refuge, comme le dollar. L’euro est ainsi tombé jusqu’à 1,2588 dollar vers 8h25, heure de Montréal.

Toutefois, vers 16h30, heure de Montréal, la monnaie unique européenne remontait à 1,2667 dollar, contre 1,2654 dollar la veille.

«Les inquiétudes sont vives quant à un risque de récession en double creux au niveau mondial et la monnaie unique devrait rester sous pression dans un contexte d’aversion au risque. Il y a également des doutes à long terme sur les fondamentaux de la zone euro alors que les craintes sur les dettes souveraines restent d’actualité», a estimé Adam Solomon, analyste de TorFX.

Les grandes gagnantes ont une nouvelle fois été les obligations d’État: les titres allemands et français –deux pays disposant de la meilleure note par les agences de notation– ont atteint des niveaux records.

Refuge traditionnel des investisseurs inquiets, les obligations américaines ont également profité de ce mouvement: le rendement du bon du Trésor à 10 ans, qui évolue à l’inverse des prix, est descendu à son plus bas niveau en 17 mois.

Du côté de Toronto

La Bourse de Toronto a clôturé mardi en forte baisse, tirée vers le bas par un secteur financier déprimé par les plus récents résultats trimestriels de la Banque de Montréal, lesquels ont soulevé des doutes quant aux profits des autres grandes banques à être présentés ces prochains jours.

Un mouvement à la baisse des cours des matières premières s’est ajouté aux pressions sur le parquet, tandis que la publication de nouvelles données décevantes sur le marché de l’habitation aux États-Unis a soulevé de nouveaux doutes quant à la reprise économique. 

L’indice de référence de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a retraité de 161,28 points, pour terminer la journée à 11 557 points. La Bourse de croissance TSXV a quant à elle chuté de 18,48 points à 1456,85 points. 

Le dollar canadien s’est déprécié de 0,72 cent US à 94,31 cents US. 

Le secteur de la finance a reculé de près de trois pour cent après que la Banque de Montréal(BMO.TO) eut dévoilé un bénéfice de 669 millions $, soit 1,14 $ par action, ce qui s’est avéré environ sept cents inférieur aux attentes des analystes.

«Je crois que plusieurs des facteurs qui nuisent aux banques au Canada sont liés aux conditions en Europe, parce que toutes nos grandes banques font affaires partout dans le monde», a observé Don Reed, président et chef de la direction de Franklin Templeton Investment Corp.«Les vents contraires auxquels ils continuent de faire face seront davantage à l’extérieur du Canada qu’à l’intérieur du Canada.» 

L’action de la Banque de Montréal a lâché six pour cent, soit 3,56 $, pour clôturer à 55,50 $.

La Banque CIBC(CM.TO) dévoilera ses résultats mercredi, tandis que la Banque Nationale(NA.TO) et la Banque Royale(RY.TO) le feront jeudi. Les titres des trois banques ont perdu de deux à trois pour cent à la suite à la suite de la publication des résultats de la Banque de Montréal. 

Selon l’association nationale des courtiers immobiliers, les ventes de juillet ont reculé de plus de 27 pour cent, ce qui représente la plus importante chute mensuelle à cet égard depuis 1968.

L’économie canadienne a aussi montré des signes d’essoufflement, Statistique Canada ayant indiqué mardi que les ventes au détail avaient progressé de 0,1 pour cent en juin, tandis que les économistes s’attendaient à une hausse de 0,4 pour cent. 

À la Bourse de Toronto, le secteur de l’énergie a perdu 1,75 pour cent. L’action de Suncor Énergie(SU.TO) a laissé 44 cents à 32,11 $, tandis que celle de Canadian Natural Resources(CNQ.TO) (TSX:CNQ) a rendu 88 cents à 32,91 $. 

Avec La Presse Canadienne

La communication de Bruxelles inquiète les marchés

Par Antoine Duroyon

Vendredi, un porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj, a dû remettre les pendules à l’heure après un lapsus qui a coûté 49 points de base (pb) aux taux à 2 ans de la Grèce. «Nous ne demandons pas à la Grèce de mettre en œuvre des réductions supplémentaires de ses dépenses». Plus tôt, la Commission avait en effet affolé le pays et les marchés dans un texte soulignant que, si elle voulait tenir son objectif de ramener son déficit à 8% du PIB, la Grèce devrait réduire ses dépenses publiques de 4 milliards d’euros «par rapport à ses plans» pour compenser une baisse de ses recettes et un dérapage de ses dépenses. Mais plus tard, Amadeu Altafaj, constatant la mauvaise interprétation de ses propos, a précisé que les 4 milliards évoqués dans le texte figuraient déjà dans les engagements pris par le gouvernement grec, et qu’Athènes était même en avance sur l’objectif du premier semestre. La hausse des rendements a ainsi été ramenée à 15 pb. 

La Chine envahit l’Afrique

Par Vincent Paes

2010 marque le 60e anniversaire de la politique chinoise d’aide à l’Afrique. En 2009, la Chine a signé pour près de 9 milliards d’euros de prêts à taux préférentiel en faveur des pays africains. A elle seule, la Banque d’Import-export de Chine a soutenu 325 projets pour un montant total de 6,7 milliards d’euros. La Chine devrait également signer, avant la fin de l’année, des accords d’annulation de dettes avec certains pays africains. Au niveau éducatif, la Chine prévoit de construire, d’ici trois ans, quelques 56 écoles sur le continent africain.

Mais la coopération de la Chine avec le continent africain ne se limite pas aux aides. Au cours de la cérémonie de clôture du forum sino-africain sur l’agriculture, la Chine a montré sa volonté de développer les échanges agricoles avec l’Afrique. Mais, dans le domaine des matières premières, la Chine a néanmoins encore beaucoup de retard. En 2009, l’importation de matières premières en provenance d’Afrique atteignait 23 milliard de dollars pour l’Europe. Pour la Chine, ce montant ne dépassait pas les 9 milliards de dollars.

La Chine investit massivement en Afrique. Longtemps considéré comme un mythe, cette affirmation ne fait plus aucun doute. Le commerce entre la Chine et le continent noir a été multiplié par vingt depuis 1997. En 2008, le montant du commerce entre la Chine et l’Inde avait atteint 107 milliards de dollars.

Les investissements chinois permettent de développer les infrastructures

Aujourd’hui, la Chine y réalise 10 % de ses Investissement directs à l’étranger (IDE) et y consacre la moitié de son aide au développement. Les projets chinois en Afrique concernent principalement de routes, de ports et de mines. Les pays africains semblent satisfaits de cette situation bien que l’empire du milieu s’intéresse plus particulièrement aux pays riches en matières premières, comme l’Algérie, le Nigeria ou encore le Soudan. Ces trois pays attiraient un tiers des investissements provenance de la Chine.

Et pour cause, il s’agit d’une aubaine pour des pays africains qui manquent cruellement d’infrastructures. « Nous avons des besoins de financement énormes à ce niveau », assure Athanase Matenda Kyelu, ministre des Finances de la République démocratique du Congo. Mais le revers de la médaille n’est pas loin.

Le FMI se méfie

Le taux d’intérêt auquel le prêt est remboursé est plus risqué. C’est notamment cet aspect qui inquiète les institutions financières. « Il faut toutefois s’assurer que les taux d’intérêt pratiqués ne remettent pas en cause la maîtrise de la dette des pays destinataires » précise Dominique Strauss Kahn, le président du FMI.

Le déferlement de financements chinois fait craindre le pire pour la situation budgétaire des économies africaines, alors que les bailleurs traditionnels s’efforcent de réduire la dette africaine. Les pays occidentaux auraient-ils peur que la Chine viennent marcher sur leur territoire ?

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