Les risques de refinancement pèsent sur les entreprises sous LBO


Par Patrick AUSSANNAIRE

Selon une étude de S&P publiée hier, une grande majorité des sociétés européennes scrutées n’atteignent pas les résultats demandés par leurs actionnaires.

Les sociétés européennes reprises en LBO pourraient se retrouver confrontées à des problèmes de refinancement de leur dette à court ou moyen terme à cause de résultats plus faibles que prévu par leurs acquéreurs, selon une étude de Standard & Poor’s publiée hier.

En effet, environ 80% des 78 sociétés analysées par S&P dans cette étude ont enregistré des excédents bruts d’exploitation (Ebitda) inférieurs aux attentes à la fin de l’année 2009, contre seulement 69% un an plus tôt. Plus précisément, la part de sociétés qui avaient des résultats inférieurs de plus de 10% aux attentes a progressé de manière significative en 2009 à 60% contre 45% en 2008 et environ 30% en 2007.

S&P constate que les objectifs de résultats agressifs fixés par les sociétés d’investissement, qui ont investi massivement durant le boom des LBO, ont contraint les groupes concernés à renégocier leur dette pour éviter la faillite durant la crise.

S&P estime en effet que 22% des sociétés étudiées ont fait défaut depuis le début de l’enquête en 2008, et que les risques de défaut ont été sous-estimés. En moyenne, S&P évalue qu’au moment de leur rachat, ces sociétés avaient un ratio de dette sur Ebitda de 6 fois, ratio qui a grimpé à 19,8 fois au moment de leur défaut. Pourtant, avant le défaut, les sociétés anticipaient en moyenne un ratio de seulement 8 fois.

Un nombre important de sociétés sont ainsi tombées aux mains de leurs créditeurs qui ont accepté d’effacer des montants de dette énormes, mais lessivant du même coup les sociétés d’investissement, poussées vers la sortie avec une valeur de leurs actifs proche de zéro.

Or, S&P suggère que ce mouvement n’est pas terminé. «Les provisions moyennes sur perte de crédit ont été de 40% pour les sociétés en restructuration de dette ou en défaut en 2008 et 2009». Cependant, S&P précise que «dans 24% de ces cas, les investisseurs n’ont passé aucune provision, ce qui semble indiquer que de nouvelles restructurations ou des défauts sont à prévoir».

Même si «l’amélioration des cash flows laisse entrevoir de meilleures perspectives», S&P estime que des risques de refinancement pèsent sur les entreprises et que l’incertitude économique plane encore sur le segment des LBO. Et d’ajouter que «les sociétés auront des difficultés à améliorer la qualité de leur dette si la creossance ne se matérialise pas.

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