L’immobilier américain fait tousser des marchés déjà fébriles


Par Agence France-Presse
New York

Les Bourses européennes et américaines ont à nouveau baissé mardi après la publication d’un mauvais indicateur aux États-Unis, entraînant un net repli des investisseurs vers certaines obligations d’État, valeurs refuges par excellence

Déjà mal en point dans la matinée, les marchés boursiers ont décroché dans l’après-midi en Europe, après l’annonce que les ventes de logements anciens aux États-Unis avaient chuté à leur plus bas niveau depuis quinze ans.Ils se sont légèrement repris en fin de séance européenne. Le CAC 40 a ainsi terminé en baisse de 1,75%, sous les 3500 points, et le Footsie à Londres de 1,51%. Le Dax à Francfort a lâché 1,26% et s’est installé sous les 6000 points. L’indice Eurostoxx 50 des principales valeurs européennes a cédé 1,74%.

Aux États-Unis, l’indice Dow Jones a abandonné 1,32%, après être brièvement passé sous les 10 000 points après la publication de l’indicateur immobilier. Le Nasdaq a concédé 1,66%. 

Selon les chiffres de l’Association nationale des agents immobiliers (NAR), les ventes de logements anciens sont tombées à 3,83 millions en rythme annuel en juillet, soit 27% de moins que le mois précédent.

«Le chiffre est mauvais dans l’absolu mais l’indicateur est biaisé par la fin d’avantages fiscaux qui encourageaient l’achat de logement», a observé un vendeur d’actions parisien.

Le secteur de la construction a particulièrement souffert en Europe, d’autant plus que le producteur irlandais de matériaux de construction CRH a fait état en matinée de perspectives moroses. Son titre a chuté de 17% à la clôture.

«Le marché était déjà mûr pour baisser avant l’immobilier. L’indicateur a été un catalyseur», a résumé le vendeur d’actions.

Cette déception sur l’immobilier vient s’ajouter à une série d’indicateurs publiés depuis plusieurs semaines montrant que l’économie américaine tourne au ralenti, ce qui pèse sur les marchés boursiers.

Déprimés par ces craintes sur l’économie, les investisseurs se détournent massivement des actifs risqués, au bénéfice des valeurs refuge, comme le dollar. L’euro est ainsi tombé jusqu’à 1,2588 dollar vers 8h25, heure de Montréal.

Toutefois, vers 16h30, heure de Montréal, la monnaie unique européenne remontait à 1,2667 dollar, contre 1,2654 dollar la veille.

«Les inquiétudes sont vives quant à un risque de récession en double creux au niveau mondial et la monnaie unique devrait rester sous pression dans un contexte d’aversion au risque. Il y a également des doutes à long terme sur les fondamentaux de la zone euro alors que les craintes sur les dettes souveraines restent d’actualité», a estimé Adam Solomon, analyste de TorFX.

Les grandes gagnantes ont une nouvelle fois été les obligations d’État: les titres allemands et français –deux pays disposant de la meilleure note par les agences de notation– ont atteint des niveaux records.

Refuge traditionnel des investisseurs inquiets, les obligations américaines ont également profité de ce mouvement: le rendement du bon du Trésor à 10 ans, qui évolue à l’inverse des prix, est descendu à son plus bas niveau en 17 mois.

Du côté de Toronto

La Bourse de Toronto a clôturé mardi en forte baisse, tirée vers le bas par un secteur financier déprimé par les plus récents résultats trimestriels de la Banque de Montréal, lesquels ont soulevé des doutes quant aux profits des autres grandes banques à être présentés ces prochains jours.

Un mouvement à la baisse des cours des matières premières s’est ajouté aux pressions sur le parquet, tandis que la publication de nouvelles données décevantes sur le marché de l’habitation aux États-Unis a soulevé de nouveaux doutes quant à la reprise économique. 

L’indice de référence de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a retraité de 161,28 points, pour terminer la journée à 11 557 points. La Bourse de croissance TSXV a quant à elle chuté de 18,48 points à 1456,85 points. 

Le dollar canadien s’est déprécié de 0,72 cent US à 94,31 cents US. 

Le secteur de la finance a reculé de près de trois pour cent après que la Banque de Montréal(BMO.TO) eut dévoilé un bénéfice de 669 millions $, soit 1,14 $ par action, ce qui s’est avéré environ sept cents inférieur aux attentes des analystes.

«Je crois que plusieurs des facteurs qui nuisent aux banques au Canada sont liés aux conditions en Europe, parce que toutes nos grandes banques font affaires partout dans le monde», a observé Don Reed, président et chef de la direction de Franklin Templeton Investment Corp.«Les vents contraires auxquels ils continuent de faire face seront davantage à l’extérieur du Canada qu’à l’intérieur du Canada.» 

L’action de la Banque de Montréal a lâché six pour cent, soit 3,56 $, pour clôturer à 55,50 $.

La Banque CIBC(CM.TO) dévoilera ses résultats mercredi, tandis que la Banque Nationale(NA.TO) et la Banque Royale(RY.TO) le feront jeudi. Les titres des trois banques ont perdu de deux à trois pour cent à la suite à la suite de la publication des résultats de la Banque de Montréal. 

Selon l’association nationale des courtiers immobiliers, les ventes de juillet ont reculé de plus de 27 pour cent, ce qui représente la plus importante chute mensuelle à cet égard depuis 1968.

L’économie canadienne a aussi montré des signes d’essoufflement, Statistique Canada ayant indiqué mardi que les ventes au détail avaient progressé de 0,1 pour cent en juin, tandis que les économistes s’attendaient à une hausse de 0,4 pour cent. 

À la Bourse de Toronto, le secteur de l’énergie a perdu 1,75 pour cent. L’action de Suncor Énergie(SU.TO) a laissé 44 cents à 32,11 $, tandis que celle de Canadian Natural Resources(CNQ.TO) (TSX:CNQ) a rendu 88 cents à 32,91 $. 

Avec La Presse Canadienne

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Une Réponse

  1. Sans expertise particulière, je pense que le court-termisme des spéculateurs n’a d’égal que le court-termisme des observateurs. Généralement ce sont les mêmes ou leurs frères/soeurs ou cousins/cousines. Je prends le pari, dans deux semaines on n’en parlera plus. Ils regardent l’écume alors que c’est la vague qui importe.

    Les exportations allemandes repartent, car leur vague industrielle est toiujours là prête à répondre à la demande mondiale. Que va écrire Mme Lagarde cette fois-ci, dans le « Financial Time », car le court terme requiert une réaction immédiate ?

    Le fétichisme du bruit de fond sert avant tout à effrayer, nous avons une présidence dans notre pays, orfèvre en la matière, pour laquelle le fait divers est devenu la boussole de l’histoire. En effet ,malheureusement, ça marche, la peur répond.

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