Catastrophes naturelles : des phénomènes en augmentation et amplifiés par l’homme

Par Sophie Fabrégat

Tremblements de terre, inondations, tempête…Ces événements font régulièrement la une des journaux, entraînant une avalanche de questions. Ces phénomènes sont-ils en augmentation ? Quel est leur lien avec le changement climatique ? Sont-ils amplifiés par la bulle médiatique ?
Selon les spécialistes, le nombre de catastrophes naturelles a effectivement augmenté ces dernières années. Et celles-ci seraient de plus en plus dévastatrices. Selon l’Organisation des nations unies (ONU), en moyenne 211 millions de personnes sont directement touchées chaque année par les catastrophes naturelles, ce qui représente près de cinq fois le nombre des victimes de conflits.

Des catastrophes naturelles en augmentation au cours de la dernière décennie

Selon le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED), qui fait partie de l’Université catholique de Louvain (Belgique) et qui travaille avec l’Organisation mondiale de la santé, les dix dernières années ont vu le nombre de catastrophes naturelles augmenter nettement.

Parmi ces phénomènes, les catastrophes climatiques sont les plus nombreuses et seraient en nette augmentation. Aujourd’hui, environ 70 % des catastrophes naturelles sont liées au climat, près de deux fois plus qu’il y a 20 ans. En 2009, les catastrophes hydrologiques, parmi lesquelles les inondations, ont représenté 53 % du nombre total de catastrophes naturelles. Le nombre de cas déclarés catastrophes climatiques (températures extrêmes, sécheresses et incendies de forêt), était plus élevé en 2009 que l’année précédente, mais inférieur à la moyenne annuelle pour la période 2000-2008. Le nombre de personnes touchées par les catastrophes météorologiques tels que les typhons ont augmenté de 220 % par rapport à 2008.
L’Asie a concentré en 2009 un peu plus de 40 % de ces phénomènes. Les zones côtières sont également très touchées.

Une étude réalisée par la Banque mondiale et Columbia university a identifié 86 pays à très fort potentiel de catastrophes qui pourraient subir des pertes économiques et humaines élevées en raison de cyclones, tremblements de terre, inondations, sécheresses, éruptions volcaniques ou encore glissements de terrain.
Selon le rapport d’évaluation sur la réduction des risques de catastrophes au niveau mondial (Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction), les risques de catastrophes augmentent le plus rapidement dans les pays à revenu moyen et faible dont les économies sont en forte croissance. Les pays en développement, les Etats fragiles et les petits États insulaires seraient les moins résistants à l’impact de ces catastrophes.

Faut-il y voir les effets du changement climatique ?

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur les changements climatiques (GIEC), dans un climat qui se réchauffe, les phénomènes extrêmes sont plus intenses et plus longs. Les scientifiques restent cependant prudents quant à l’interprétation des événements actuels (records de températures enregistrées à Moscou, fortes inondations au Pakistan…), arguant un manque de recul. Ils sont nombreux cependant à déclarer que ces catastrophes vont dans le sens des prévisions du GIEC.
Pour la Banque mondiale,  »les catastrophes naturelles devraient augmenter en termes de fréquence et de gravité en raison du changement climatique, de la croissance démographique, de l’urbanisation rapide et de la dégradation de l’environnement ». Un rapport conjoint du PNUD, de l’UNICEF, du FNUAP et du PAM, publié en janvier 2008 dresse le même constat :  »la portée des catastrophes naturelles et l’augmentation de leur fréquence et gravité indiquent que les conséquences du changement climatique ne feront qu’empirer, notamment en raison de l’urbanisation rapide actuellement en cours ».

Des catastrophes naturelles accentuées par la main de l’homme

Car si ces catastrophes sont naturelles, l’homme n’y est pas entièrement étranger. Ces événements et/ou leurs conséquences sont souvent accentués par le travail de l’homme sur son environnement et par la pression démographique.
La déforestation, la dégradation des sols, l’imperméabilisation ou la bétonisation amplifient les phénomènes d’inondation, de glissement de terrain, de coulées de boue. En Asie, la destruction des écosystèmes côtiers comme les mangroves, les forêts littorales ou les barrières de corail augmente la vulnérabilité en cas d’ouragan ou de tsunami.
En Russie, de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que les incendies qui dévastent actuellement le pays sont dus à une mauvaise gestion des forêts. En Chine, la déforestation et le développement des énergies hydrauliques sont pointés du doigt après la mort de plus de 700 personnes à la suite d’une coulée de boue qui a recouvert une zone de 5 kilomètres sur 500 mètres dans le Gangsu. En France, la sécheresse actuelle est surtout due à une trop forte pression sur la ressource.

Lettre ouverte au ministre du Budget

Par Alain Godard

Alain Godard propose à François Baroin, pour réduire les déficits, de revenir sur certaines niches fiscales qui s’apparentent à de simples effets d’aubaine pour les riches et les entreprises. 

La récente publication de la croissance du PIB (0,6%) pour le 2èmè trimestre 2010 a donné lieu de la part de votre collègue Christine Lagarde à des commentaires enthousiastes laissant entendre que la croissance revenue allait pouvoir exonérer le gouvernement d’accentuer la rigueur, c’est-à-dire, en langage « sarkozien », ne pas augmenter les impôts

Pourtant, chacun sait pertinemment que ce résultat ne signifie rien quant à la pérennité de la croissance, et qu’il serait irresponsable de ne pas tout mettre en œuvre pour que nos déficits soient réduits significativement même si la conjoncture n’était pas favorable. Et ceci sans que l’effort de soutien aux plus défavorisés soit mis à mal comme c’est le cas pour bien des mesures que vous préparez, ni que le peu de croissance que l’on est en droit d’attendre soit amputé par les décisions à prendre. 

Or, c’est un ancien dirigeant d’entreprise qui vous le dit : lorsqu’on est en situation de crise, il faut bien évidemment s’intéresser à la ligne dépenses en éliminant tout ce qui est inutile ou superflu, mais également traiter la ligne recettes, en particulier les recettes suffisamment certaines pour ne pas dépendre exagérément d’un futur que par définition on ne domine pas.Pour une entreprise, cela signifie revoir son offre et sa politique commerciale, pour un gouvernement, cela signifie revoir sa politique fiscale. Dans l’un et l’autre cas, il faut bien sûr veiller à ce que les décisions retenues n’aient pas d’effets secondaires pervers contraires à l’objectif recherché : c’est pourquoi le marketing a inventé la notion de segmentation

Or, vous avez la possibilité d’augmenter les impôts de manière significative sans que cela ne touche la croissance en visant le segment des plus riches d’entre nous, et c’est un citoyen qui fait partie des 0,05% les plus favorisés des Français qui vous le dit.J’aborderai cette question de manière globale dans une chronique à paraître dans le prochain numéro d’Alternatives Economiques, journal dont je vous recommande la lecture, et je me contenterai aujourd’hui de vous dire combien je trouve étriqué votre objectif de réduction des niches fiscales de 8 à 10 milliards. 

Tout d’abord, la méthode du rabotage que vous avez retenue n’est pas adaptée pour remettre à plat une situation que tous s’accordent à reconnaître comme surréaliste : je vous recommande plutôt la méthode de déconstruction / reconstruction : vous annulez toutes les niches fiscales et ne recréez que celles qui ont un sens vis-à-vis des deux priorités qui doivent être celles du gouvernement, le soutien aux plus défavorisés et le soutien à la croissance.Vous éliminerez ainsi d’entrée toutes une série de niches fiscales qui, si elles ne sont pas chacune d’un montant énorme, n’ont plus aucune justification et simplifieront le fonctionnement (donc le coût) de vos services. Elles doivent toutes ensemble représenter de l’ordre du milliard d’euros. 

Vous éliminerez ensuite celles qui, ayant été créés pour un objectif précis, ne l’ont pas atteint parce que la conjoncture a été contraire : il n’y a pas de honte à cela, et vous l’avez d’ailleurs envisagé pour les intérêts d’emprunts pour les acquisitions immobilières (2,8 milliards) ; mais vous pouvez d’ores et déjà ajouter à la liste la TVA sur la restauration (3 milliards) et la défiscalisation des heures supplémentaires (4,5 milliards).Vous arrivez déjà ainsi à 11,3 milliards, mais vous avez encore du potentiel si vous décidez de vous intéresser aux niches (ou aux parties de niches) qui profitent à ceux, individus ou entreprises, qui n’en ont pas besoin. 

Ainsi, puisque vous vous posez apparemment des questions sur la TVA à 5,5% pour les travaux de rénovation dans les résidences de plus de deux ans, je vais vous faire part de mon expérience personnelle : j’ai fait l’an dernier pour plus de 50 000 euros de travaux de rénovation dans une maison et compte en faire pratiquement autant pour une autre cette année. Avec un revenu net de plusieurs centaines de milliers d’euros par an, je peux vous dire que j’aurais fait ces travaux avec ou sans réduction de TVA et que cette niche constitue pour moi ce qu’on appelle un effet d’aubaine… Et j’imagine que c’est la même chose pour madame Bettencourt lorsqu’elle décide de faire des travaux dans son hôtel particulier de Neuilly…Ceci étant, cette mesure est une aide précieuse pour de nombreux foyers plus modestes et pour les artisans qui demandent avec raison son maintien : ma proposition serait donc de limiter le montant des travaux à TVA réduite à 12 / 15 000 euros par an par exemple, l’attestation déjà existante étant utilisée pour valider l’engagement du contribuable sur le non-dépassement de ce montant… Imaginons que sur les 5 milliards que coûtent cette niche, vous en récupériez un quart, soit 1,25 milliards, avec en prime un message fort sur le fait que ceux qui peuvent payer n’ont pas à recevoir d’aide, ce n’est pas si mal… 

Je classerais dans cette même catégorie le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) qui est devenu pour une part importante un véritable effet d’aubaine pour les grandes entreprises : songez en effet qu’elles peuvent comptabiliser dans les dépenses donnant lieu à crédit d’impôt les coûts de développement liés à la mise sur le marché français (homologation, enregistrement) de leurs produits, qui ne sont en rien de véritables dépenses de recherche et d’innovation. Comme vous le comprendrez aisément le marché français est suffisamment attractif par lui-même pour que les grandes entreprises assurent la mise sur le marché de leurs produits avec ou sans CIR… Au moins la moitié des 4 milliards du CIR 2010, en augmentation fulgurante (et pour cause !) est due à ce phénomène… Corrigez-le et vous voilà avec 2 milliards supplémentaires dans les caisses…Enfin pour terminer, et encore ai-je la conviction de ne pas avoir été exhaustif, il vous reste à annuler une des niches les plus coûteuses et les plus injustes de votre panoplie, la fameuse « niche Copé » sur les plus-values de cession de titres de participations, qui vous coûte au bas mot autour de 6 milliards par an. Cette mesure exonère les plus-values sur titres après seulement deux ans de propriété (ce que la loi appelle sans complexe long terme) alors que tout un chacun doit attendre 15 ans pour être exonéré de ses plus-values immobilières. 

Cette mesure est en fait une incitation aux restructurations financières des entreprises qui ont fait tant de mal à notre tissu industriel, mesure qui bénéficie majoritairement aux investisseurs financiers qui, par des opérations de rachat d’entreprises financées par la dette (LBO), pressurent l’organisation à coups de restructuration et de destructions d’emplois pour revendre les entreprises trois ou quatre ans plus tard avec une forte plus-value… exonérée d’impôts. Vous vous honoreriez doublement en supprimant ce dispositif coûteux en argent et en emplois.Nous voilà rendus, monsieur le Ministre, à plus de 20 milliards de recettes supplémentaires pour votre budget, et j’ai encore bien des choses à vous dire si le sujet vous intéresse, ce dont je ne doute pas. D’autant plus qu’avec la réduction imposée du nombre de vos conseillers, vous ne pouvez qu’être intéressé à recevoir de manière simple et efficace des conseils gratuits… 

A bientôt donc , avec mes sentiments les plus respectueux

 

BP :Le colmatage final du puits repoussé à septembre

Par Cyberpress.ca d’après AFP

Les États-Unis ne procéderont pas avant septembre au colmatage définitif du puits de pétrole à l’origine de la marée noire dans le golfe du Mexique, a annoncé jeudi le principal responsable de la lutte contre la catastrophe, l’amiral Thad Allen.

«Nous tablons sur les alentours de la semaine qui suit la Fête du travail», qui tombe cette année le 6 septembre aux États-Unis, a déclaré l’amiral, interrogé sur la chaîne de télévision CNN.

Les autorités américaines prévoyaient à l’origine de procéder à la mi-août à l’opération «bottom kill», qui consiste à colmater le puits par en-dessous au niveau du gisement (4 000 mètres sous le fond de la mer) grâce au forage de puits de secours.

«Nous allons faire en sorte d’enfoncer un pieu dans le coeur de ce monstre», a ajouté l’amiral Allen sur la chaîne MSNBC.

La fuite de pétrole dans le golfe du Mexique a pris fin le 15 juillet grâce à la pose d’un couvercle au niveau de la sortie du puits au fond de la mer, suivie de la cimentation du conduit.

Thad Allen a précisé que BP, chargé des opérations de secours depuis l’explosion de sa plateforme le 20 avril, allait remplacer la valve anti-explosion posée à la sortie du puits avant de procéder au «bottom kill». Cette valve défectueuse, posée à 1 500 mètres de profondeur, a été à l’origine de l’explosion de la plateforme.

Attention, votre crédit « consommation planète » est arrivée à échéance

Par Vincent Paes

« L’économie mondiale va mal. Financièrement, nous vivons au-delà de nos moyens. Mais une récession financière n’est rien en comparaison de la menace d’un resserrement du crédit écologique. » En 2008, James Leape, directeur général du WWF International soulevait déjà le problème. Deux ans plus tard, les choses n’ont pas changé. Bien au contraire. Le monde doit faire face à une consommation effrénée du capital « Nature ».

On retrouve ce même comportement à l’origine de la crise financière. La surconsommation a entrainé un effondrement du système. « Nous sommes en train d’agir écologiquement de la même façon que les institutions financières se sont comportées économiquement, cherchant la satisfaction immédiate sans prendre en compte les conséquences » explique Jonathan Loh du ZSL. « Seulement les conséquences d’une crise écologique seront bien plus graves que l’actuel effondrement économique » prévient-il.

En 9 mois, nous avons consommé ce que la Terre met une année à produire

Selon le rapport « Planète vivante 2008 » établi par WWF, si les demandes se maintiennent à la même cadence, nous aurons besoin, vers le milieu des années 2030, de l’équivalent de deux planètes pour maintenir notre mode de vie. Malheureusement, il semblerait que cette prévision soit un peu optimiste.

En effet, à partir du 21 août et jusqu’à la fin de l’année, nous vivrons à crédit sur les ressources de la planète. Autrement dit, il aura fallu moins de neufs mois pour consommer ce que la terre met une année à produire. En 2009, la limite avait été atteinte le 25 septembre. Mais l’association précise que cette avancée n’est pas due à une augmentation rapide de la consommation mais à une surestimation les années passées de la production de la Terre, notamment la productivité des forets et des pâturages.

« A la fin des années 1980, notre empreinte écologique était globalement équivalente à la taille de la terre. Aujourd’hui, c’est 50% de plus », indique l’ONG. Pour inverser la tendance, il faut « arriver à ce que la population mondiale commence à décroître », un tabou qui se lève peu à peu parmi les démographes et les défenseurs de l’environnement, y compris au sein des Nations unies.

 

Incendies en Russie : les risques nucléaires minimisés ?

Par Rachida Boughriet

Les incendies de forêts, qui sévissent depuis fin juillet en Russie, ont diminué d’intensité. Les autorités excluent tout risque de contamination radioactive alors que les parties prenantes dénoncent une rétention de l’information.

La canicule semble désormais toucher à sa fin en Russie faisant place aux orages. Des pluies qui s’avèrent être les bienvenues pour lutter contre les flammes qui ont fait à ce jour une cinquantaine de morts, d’après les autorités. Près d’un million d’hectares de forêts et tourbières ont été brûlés dans le pays depuis le début des incendies fin juillet. Des incendies qui, selon l’AFP, faisaient encore rage lundi 16 août, sur plus de 45.000 hectares notamment près de plusieurs sites nucléaires faisant redouter un risque d’accident. Des fumées toxiques planaient à nouveau dimanche dans la capitale russe avec pour conséquence un pic des concentrations en monoxyde de carbone, avant d’être dispersées hier par les vents.

Si les conditions climatiques sont en cause en Russie, de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que les incendies sont dues à une mauvaise gestion des forêts. Le ministère des Situations d’urgence a annoncé ce 17 août que la surface des incendies a diminué ces dernières vingt-quatre heures passant de 45.800 à 22.700 hectares. Dans la région de Moscou, les feux ne s’étendraient plus que sur 33 hectares.

Une réelle menace ?

Les autorités ont aussi annoncé qu’elles réussissaient à venir à bout de l’incendie menaçant le centre nucléaire de Sarov, à 500 km à l’est de Moscou. L’un des responsables du ministère des Situations d’urgence, Igor Panchine, a réitéré toute absence de menaces pour le périmètre entourant le centre nucléaire et que  »la situation s’est stabilisée ». Les autorités russes démentent tout risque sanitaire liée à une pollution atmosphérique due aux particules radioactives générées par la combustion du bois. Dispersées par les vents, ces particules pourraient être inhalées par les populations. Les autorités ont aussi réaffirmé que le niveau de radiation dans le pays était  »normal ». De même qu’il  »n’y a pas de menace radioactive sur le territoire de Sarov », a assuré Sergueï Kirienko, le président du géant nucléaire russe Rosatom. Ce dernier a néanmoins reconnu que les matériaux sensibles avaient dû être évacués par deux fois du centre ces derniers jours.

Les autorités ont assuré que la situation était sous contrôle alors que les soupçons de censure enflent autour d’un risque nucléaire. D’autant que le site Internet de l’agence de surveillance des forêts, Roslesozachtchita, qui avait révélé que 4.000 hectares au total de territoires contaminés par des éléments radioactifs avaient brûlé en libérant des particules radioactives, est depuis vendredi inaccessible.

Si le danger semble notamment écarté, selon les autorités, autour du centre nucléaire de Sarov, dans la seule région de Byansk – particulièrement touchée par l’explosion de Tchernobyl en 1986 – pas moins de trois foyers d’incendie avaient été détectés, a observé l’organisation écologiste Greenpeace Russie. 270 hectares auraient brûlé dans la région de Briank, d’après l’agence de protection des forêts.
La situation resterait également préoccupante autour du centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Mayak. Le 13 août, l’organisation écologiste Réseau Sortir du nucléaire a alerté dans un communiqué  »d’un nouveau risque de contamination radioactive, lié à la sévère baisse des eaux dans la région contaminée de Mayak, touchée par la sécheresse et les incendies ». Pour Natalia Mironova, présidente de l’ONG russe Mouvement pour la Sûreté Nucléaire :  »Contre toute raison et au mépris des conséquences, les installations nucléaires de notre région continuent de déverser des déchets radioactifs dans des rivières et des lacs. Le centre d’assemblage de têtes nucléaires de Trekhgorny déverse ses déchets dans la rivière Yuryuzan. Le centre nucléaire de Snejinsk constitue une menace pour les lacs de Kasli. Quant au complexe de Mayak, il utilise quatre lacs comme site de stockage de déchets radioactifs à l’air libre : les lacs Karatchaï, Staroye Boloto, Kyzyltash et Tatysh ; il utilise également quatre des réservoirs de la cascade de Techenskom. Dans les chenaux qui bordent la cascade, comme dans les marais d’Asanovskie, les fuites sont potentiellement dangereuses, en particulier si le niveau de la nappe phréatique baisse ».

Ya-t-il un réel risque sanitaire ou faut-il croire le Kremlin ? Les écologistes pointent du doigt une censure. Le Réseau Sortir du nucléaire a pour sa part dénoncé  »la politique de déni des autorités russes et leur culture du secret, en particulier lorsqu’il s’agit de questions nucléaires. Il serait inconscient de prendre leurs affirmations rassurantes pour argent comptant ». A l’instar de l’ONG, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) s’inquiète  »de l’absence totale de résultat d’analyse sur la Russie où le niveau de risque est bien entendu sans commune mesure. Cette opacité est d’autant plus préoccupante que les autorités russes disposent nécessairement de balises de surveillance de la radioactivité atmosphérique », a-t-elle souligné.

Pas de risques sanitaires, selon l’IRSN

Les experts russes et Greenpeace Russie se veulent toutefois plus rassurants. Les incendies dans les zones irradiées auraient conduit à une propagation minimale de la radioactivité et ne présenterait pas de danger sanitaire, selon eux. Une analyse que partage l’Institut français de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (ISRN) :  »même si les territoires contaminés étaient touchés par les feux en Russie, la situation n’entraînerait pas de risques sanitaires pour la population, localement et dans les autres pays européens ».  »Une légère augmentation de la radioactivité due au césium 137 (particule radioactive ndlr) pourrait être mesurée dans l’environnement mais elle serait beaucoup plus faible que la radioactivité naturelle », conclut l’Institut le 12 août en soulignant que  »les résultats de telles mesures ne seraient pas disponibles avant plusieurs semaines après les événements ». Affaire à suivre…

Les risques de refinancement pèsent sur les entreprises sous LBO

Par Patrick AUSSANNAIRE

Selon une étude de S&P publiée hier, une grande majorité des sociétés européennes scrutées n’atteignent pas les résultats demandés par leurs actionnaires.

Les sociétés européennes reprises en LBO pourraient se retrouver confrontées à des problèmes de refinancement de leur dette à court ou moyen terme à cause de résultats plus faibles que prévu par leurs acquéreurs, selon une étude de Standard & Poor’s publiée hier.

En effet, environ 80% des 78 sociétés analysées par S&P dans cette étude ont enregistré des excédents bruts d’exploitation (Ebitda) inférieurs aux attentes à la fin de l’année 2009, contre seulement 69% un an plus tôt. Plus précisément, la part de sociétés qui avaient des résultats inférieurs de plus de 10% aux attentes a progressé de manière significative en 2009 à 60% contre 45% en 2008 et environ 30% en 2007.

S&P constate que les objectifs de résultats agressifs fixés par les sociétés d’investissement, qui ont investi massivement durant le boom des LBO, ont contraint les groupes concernés à renégocier leur dette pour éviter la faillite durant la crise.

S&P estime en effet que 22% des sociétés étudiées ont fait défaut depuis le début de l’enquête en 2008, et que les risques de défaut ont été sous-estimés. En moyenne, S&P évalue qu’au moment de leur rachat, ces sociétés avaient un ratio de dette sur Ebitda de 6 fois, ratio qui a grimpé à 19,8 fois au moment de leur défaut. Pourtant, avant le défaut, les sociétés anticipaient en moyenne un ratio de seulement 8 fois.

Un nombre important de sociétés sont ainsi tombées aux mains de leurs créditeurs qui ont accepté d’effacer des montants de dette énormes, mais lessivant du même coup les sociétés d’investissement, poussées vers la sortie avec une valeur de leurs actifs proche de zéro.

Or, S&P suggère que ce mouvement n’est pas terminé. «Les provisions moyennes sur perte de crédit ont été de 40% pour les sociétés en restructuration de dette ou en défaut en 2008 et 2009». Cependant, S&P précise que «dans 24% de ces cas, les investisseurs n’ont passé aucune provision, ce qui semble indiquer que de nouvelles restructurations ou des défauts sont à prévoir».

Même si «l’amélioration des cash flows laisse entrevoir de meilleures perspectives», S&P estime que des risques de refinancement pèsent sur les entreprises et que l’incertitude économique plane encore sur le segment des LBO. Et d’ajouter que «les sociétés auront des difficultés à améliorer la qualité de leur dette si la creossance ne se matérialise pas.

Reprise des bonus attendue à Wall Street

Par  Antoine Duroyon

Les bonus versés aux salariés des entreprises de Wall Street devraient augmenter cette année en dépit de leur surveillance étroite par les autorités de régulation, à la faveur de la reprise progressive des marchés financiers, selon une étude du cabinet Johnson Associates. Les primes devraient ressortir en hausse par rapport à leur niveau de 2009, mais elles devraient toutefois rester inférieures aux records atteints en 2007, a prédit Johnson Associates. «Le rythme de la reprise économique, de l’activité industrielle et l’évolution de la législation sont les facteurs clés de l’évolution des bonus en 2010», ont souligné les analystes qui ont rédigé cette étude. Selon Johnson Associates, les hausses les plus importantes devraient concerner les équipes de gestion d’actifs «equities» (+ 15%), de «high net worth» (+ 10 à 15%) et de «prime brokerage» (+5 à 10%). En revanche, le «fixed income» doit s’attendre à un recul de 5 à 15%.

 

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