La City se trouve au centre d’une polémique sur les bonus


Par Stéphanie Salti (AGEFI)

La taxe exceptionnelle et les nouvelles règles en matière de rémunération n’auraient guère changé le comportement des banquiers londoniens

L’ancien chancelier de l’Echiquier Alistair Darling dressait hier un bilan sans complaisance dans les colonnes du Financial Times. Selon lui, la taxe exceptionnelle de 50% imposée cette année sur les bonus supérieurs à 25.000 livres et payés entre décembre 2009 et avril 2010 n’a rien changé à la culture des banquiers londoniens, enclins à contourner la loi en usant de procédés «imaginatifs».

Ce constat intervient alors que 400 cadres londoniens de Credit Suisse se sont vu notifier le mois dernier qu’ils auraient droit au 1er septembre à un bonus intermédiaire en numéraire. Ils ne pourront pas le toucher avant 2012 ou 2013. La prime pourrait être corrélée à la performance, et cette initiative permettrait à Credit Suisse de s’aligner sur ses concurrents. Aussitôt, la révélation a entraîné le soupçon que d’autres établissements avancent le versement des bonus afin d’échapper à l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2011, du code de rémunération, actuellement en consultation et élaboré par l’autorité de supervision financière, la FSA, en conformité avec la directive européenne CRD3.

Si la majorité des établissements financiers londoniens se refusent à commenter leur politique en matière de bonus pour cette année, les avis restent divisés sur la démarche. Certains opérateurs de marché, en provenance en particulier des établissements américains, ne croient pas à cette solution : «la tendance actuelle au sein des banques américaines est plutôt de montrer patte blanche et de ne pas être pris en faute. Par ailleurs, cela n’aurait aucun sens de privilégier le sort des opérateurs de marché londoniens au détriment des traders américains», explique l’un d’eux.

A l’inverse, un certain nombre de juristes confirment la possibilité d’une anticipation des versements. Si, pour certains, l’initiative est destinée à gonfler le moral des employés, pour d’autres, il s’agirait plutôt d’un subterfuge afin de gagner du temps dans l’élaboration de nouvelles pratiques de rémunération conformes au futur code FSA. Certains font néanmoins valoir que le versement anticipé des bonus est à double tranchant: si un courtier touche son bonus en décembre plutôt qu’en janvier, sa performance sur le dernier mois de l’année n’est pas prise en compte. En dépit du tableau encourageant dressé aujourd’hui par l’IIF, la guerre des bonus continue

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