La volonté de Goldman Sachs d’arrêter le compte propre soulève des doutes


Par Antoine Landrot (AGEFI)

L’ambiguïté de la position des banques provient de la difficulté à définir l’activité pour compte propre sur les marchés.

Info ou intox? Même si elle n’a pas été confirmée, la décision prêtée à Goldman Sachs d’arrêter ses activités de trading pour compte propre n’est pas passée inaperçue. Elle rejoindrait celle de JPMorgan, qui a annoncé en interne en début de semaine dernière fermer le courtage pour compte propre en matières premières – laissant planer le doute sur les activités actions et taux (fixed income).

Cette décision, si elle était avérée, serait la conséquence de la promulgation en juillet de la loi Dodd-Frank. En transposant la décriée «règle Volcker», elle interdit aux banques les activités de trading pour compte propre sous certaines conditions. Elles ont jusqu’en 2014 pour s’y conformer.

Les activités de trading pour compte propre de Goldman Sachs sont regroupées au sein du département Principal Strategies, lui-même logé dans la division actions de la banque d’investissement. Nombreux sont les financiers qui toutefois s’interrogent sur la volonté réelle de l’établissement de se séparer d’une activité qui, selon ses propres déclarations, représente 10% de ses revenus (une proportion que d’aucuns estiment nettement sous-estimée) et qui lui a largement permis d’asseoir sa domination sur les marchés financiers au fil des années.

Toute l’ambiguïté tient dans la difficulté de définir le «compte propre», ambiguïté sur laquelle Goldman Sachs peut jouer. Le sujet avait déjà été évoqué au début de l’année, lorsque la règle Volcker fut dévoilée. Les banquiers expliquaient alors qu’une partie importante du trading pour compte propre était en fait constituée d’opérations réalisées pour les besoins de leurs clients (de couverture par exemple) ou pour assumer leur rôle de market maker (animateur de marché).

Il s’agit là d’opérations à la journée, soi-disant neutres, et non pas des prises de positions directionnelles sans lien avec des besoins des clients. «Une fois la transaction du client effectuée, une position de couverture peut, sur plusieurs jours, se révéler gagnante pour la banque», explique un consultant à Paris. Ce dernier précise que les départements juridiques des banques de Wall Street planchent tous sur la création de véhicules d’investissement qui permettraient de conserver indirectement cette activité. Sous le feu des critiques, Goldman Sachs pourrait ainsi satisfaire l’opinion publique à bon compte.

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