Pour la création d’une Banque des TPE


D’après Fiducial

 

Un secteur bancaire inadapté aux TPE

Les évolutions conjoncturelles récentes ont mis en évidence de façon criante un problème structurel, à savoir que l’organisation et les critères de rentabilité des banques de détail classiques sont inadaptés aux attentes et à la satisfaction des besoins des TPE. Ce constat a été amplifié par les dérives financières de ces dernières années qui ont privé les TPE de financements bancaires à des moments cruciaux, non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour l’économie française, dont elles sont l’un des maillons les plus stables et les plus créateurs d’emplois.

Les conditions d’accueil et la considération accordées aux TPE dans les banques ont toujours constitué le principal motif d’insatisfaction des patrons de TPE vis-à-vis de leur banque, même si par ailleurs, ils se déclarent globalement satisfaits. Les TPE sont considérées tantôt comme des clients particuliers, et accueillis dans les agences de proximité dans les mêmes conditions que ceux-ci, tantôt comme des clients entreprises, et reçus dans des centres d’affaires où ils sont moins bien considérés que les PME.

Cette ambiguïté dans le mode de relation fait que, d’une manière générale, l’interlocuteur bancaire mis à disposition du dirigeant de TPE ne présente pas toujours les qualités requises sur le plan de la connaissance tant du métier exercé par le professionnel, que de ses besoins en financements et en services. En outre, les patrons de TPE souffrent plus que d’autres de devoir se confier à un nouvel interlocuteur chaque fois que le précédent est muté par son employeur dans une autre agence ou une autre fonction.

Pourtant, les besoins des TPE en matière de produits et services bancaires n’ont rien d’exceptionnel ! Ce sont les conditions d’accueil, et surtout de soutien en cas de difficulté, qui sont déterminantes, et qui justifient la création d’une banque des TPE. Ce n’est pas quand tout va bien qu’une TPE a le plus besoin d’un banquier impliqué et audacieux.

Mettre en confiance les TPE
 La Banque des TPE jouirait d’un statut de banque de plein exercice et devrait être agréée comme telle par les autorités de tutelles. En effet, la gamme de ses prestations serait la plus large possible (compte courant et services associés, financements classiques, outils de rémunération de la trésorerie…). D’autres produits ou services seraient créés et distribués exclusivement par la Banque des TPE, comme par exemple un prêt bonifié pour financer le besoin en fonds de roulement, un livret d’épargne TPE (l’équivalent pour les entreprises d’un livret épargne logement) ou encore une réserve de crédit disponible signifiée chaque année par la banque et accessible immédiatement en cas de coup dur.

 La Banque des TPE miserait aussi sur la proximité géographique. La plupart des organismes dédiés à l’aide aux TPE (Oséo, chambres de commerce, chambres de métiers…) souffrent d’une proximité insuffisante : un, voire deux établissements par département, et parfois des bureaux de représentation à temps partiel. La Banque des TPE devrait être accessible en moins d’une demie heure de voiture, avec une plage horaires d’ouverture suffisamment large pour que les patrons de TPE puissent y accéder avant ou après les heures d’ouverture du commerce, du cabinet, de l’officine, des chantiers…

 La proximité géographique ne saurait suffire. Il faut également de la proximité intellectuelle. Or, les patrons de TPE se sentiront beaucoup plus en confiance avec un interlocuteur bancaire parlant leur langage, voire issu de leur rang. La Banque des TPE réduirait le nombre de dossiers suivis traditionnellement par un conseiller. Elle s’attacherait à décentraliser la prise de décision, qui serait ainsi motivée par la connaissance intime du client plutôt que par une analyse statistique et désincarnée des comptes de l’entreprise, comme c’est trop souvent le cas actuellement.

Cette différenciation dans la gestion de la relation client avec les actuelles pratiques bancaires donnerait une consistance forte à la dimension “responsabilité sociale” de cette banque. Elle favoriserait ainsi l’initiative et la prise de risques de ses clients. Ne considère-t-on pas, à juste titre, que les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain ?

La Banque des TPE deviendrait un acteur majeur de l’économie française, consacré exclusivement au développement des TPE, fer de lance de l’économie locale, et vecteur de la création et de la conservation d’un nombre d’emplois important. Pour mettre en oeuvre la banque des TPE, il pourrait être alloué 5 milliards sur les 35 milliards du grand emprunt.

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Une Réponse

  1. Il fut une époque où cette banque des TPE existait. Je sais j’en étais le client satisfait . Elle était Banque ET Populaire à la fois maintenant elle est Pérolée depuis qu’on la mise de force à la colle avec des caisses dans lesquelles nous epargnons

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