Conférence de Cancún sur le climat : quels enjeux ?

Par Agnès Sinaï (Actu-environnement)

Empêcher l’éclatement du système multilatéral, pérenniser un fonds vert, renforcer l’intégrité environnementale du dispositif : l’avenir du Protocole de Kyoto va se jouer à Cancún (Mexique), où s’ouvre une conférence aux enjeux majeurs, mais à l’issue incertaine. 

Les négociations vont se poursuivre). Si le Protocole de Kyoto survit au cataclysme politique de la COP 15 de l’an dernier à Copenhague (Danemark), son pronostic de vie sera confirmé dans les jours prochains. Les négociateurs auront pour tâche de le faire renaître de ses cendres sans les Etats-Unis, dont le ralliement à un engagement contraignant est désormais hors de question, sur fond d’hostilité du Canada, de la Russie et du Japon.

//  Le sommet de Copenhague était la dernière limite dans le temps juridique imparti pour reconduire le Protocole de Kyoto, adopté en 1997 au Japon, entré en vigueur en 2005 après maintes difficultés de ratification, et expirant en 2012 à l’issue d’une première période de quatre ans. Si ce flottement se poursuit à Cancun, il n’y aura plus de traité international contraignant sur la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre.

Réaffirmation de la vision partagée

L’enjeu premier de la conférence de Cancun est donc de maintenir l’existence d’un outil multilatéral de négociation autour de l’avenir du climat de la planète. Problème transfrontalier, le changement climatique ne peut se passer d’un protocole de résolution globale. Relevant de la dette écologique des pays industrialisés, la crise climatique impose une solidarité internationale avec les pays vulnérables. Autour du Protocole de Kyoto issu de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1992) s’est forgé un langage commun, qui s’est traduit en une « vision partagée » autour de l’impératif de stabiliser la hausse de la température planétaire. Ce seuil impératif a été fixé à +2°C dans l’accord de Copenhague.

Au fil des années, les jeux d’acteurs ont évolué autour d’intérêts divergents, mais aussi grâce à une véritable prise de conscience de l’enjeu crucial qu’est la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Si les Etats-Unis se sont montrés de plus en plus réticents à un texte contraignant sous la pression des lobbies des énergies fossiles et de la crise économique, la Russie, elle, ne s’est impliquée dans le processus que par la motivation vénale de la manne de crédits carbone résultant de la comptabilisation de ses forêts comme puits dans le cadre du  Sommet européen du 10 décembre, la France et de grands pays forestiers se sont opposés au sujet de la prise en compte des forêts des pays développés dans le futur accord. LULUCF (« hot air »), longtemps fer de lance des négociations, a adopté en 2008 un « paquet » énergie-climat par lequel elle s’engage à réduire ses émissions de 20% d’ici à 2020 par rapport à 1990. Son volontarisme politique semble depuis lors s’étioler

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Bercy et l’AMF se montrent sévères sur le trading à haute fréquence

Par Bruno de Roulhac (Agefi)

Levée de bouclier contre le trading à haute fréquence. Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la spéculation, la ministre de l’Economie n’a pas hésité à se prononcer jusqu’à une interdiction si nécessaire. «Ma tendance naturelle serait au moins de les règlementer, de les encadrer très strictement, et après analyse des avantages-coûts de ces méthodes, éventuellement de les interdire, en tous cas de donner la capacité à l’Autorité des marchés de pouvoir les interdire en cas de circonstances considérées comme exceptionnelles, néfastes», a déclaré Christine Lagarde.

Des propos appuyés peu après par le régulateur lors de la 7e édition des Entretiens de l’ AMF. Ces techniques «compliquent la détection des manipulations de cours, tout en perturbant les investisseurs qui n’arrivent plus à lire le marché. Elles engendrent aussi des risques opérationnels», a expliqué Jean-Pierre Jouyet rappelant que le trading à haute fréquence représente environ 35% de l’activité totale en Europe et pourrait atteindre 60%, comme aux Etats-Unis, d’ici à 2012. «Si nous ne voulons pas nous donner les moyens humains, financiers ou techniques, alors je plaide pour que l’on bride ces activités», a ajouté le président de l’ AMF. Lire la suite

Bâle III ou l’art de faire du Canada Dry avec du Whisky

Par Morad El Hattab et Irving Silverschmidt
 
Deux ans après la « crise de Lehman Brothers », les banques européennes, si elles inspirent confiance pour le beau temps, suscitent la peur dès que menace la tempête… Pour les guérir de cette perverse maladie, les institutions européennes ont d’abord réinventé l’Amérique c’est-à-dire les stress tests.

Las, après un fol succès, l’une des banques admises aux stress tests l’Anglo Irish Bank réclame à la République d’Irlande une bourse de 25 milliards € ou la vie c’est-à-dire la faillite ! Et comme l’Irlande n’est pas assez solide, ses bons du Trésor à 10 ans font avec les bunds allemands à 10 ans le grand écart de 399 points (au 21 septembre 2010), soit + 3,99%… Tout ceci évidemment fait désordre

Des stress tests déjà démentis

Puisque les résultats des stress tests sont déjà démentis par une banque irlandaise un mois après leur publication, il faut autre chose et alors Bâle III et ses règles de prudence bancaire viennent à point. Bâle III est un arrière-petit enfant de la déréglementation. Il succède par génération à la déréglementation, puis Bâle I, puis Bâle II, d’ailleurs la philosophie financière de Bâle III reste la même que pour Bâle I. Lire la suite

Pavilion Resources promet des turbines éoliennes de 30 MW

Par  Francis Rousseau (Les énergies de la Mer)

20 à 30 MW. Et ce n’est pas une faute de frappe !  Alors que les plus puissantes turbines actuelles développent à tout casser 5,5 MW voire 6 MW, l’audacieuse compagnie Pavilion Energy Resources (PVRE) propose une solution miracle pour résoudre les problèmes que connaissent actuellement les énergies renouvelables. Ainsi, avec ses Sterling Accelerator Turbines (SAT) de 20 à 30 MW, la compagnie proposerait deux fois plus (au bas mot) de capacité par turbine que la capacité actuelle pour la moitié du prix actuel (bien entendu) n’hésitant à claironner. « L’énergie renouvelable moins chère que n’importe laquelle des énergies fossiles ». Bien bien bien … Cela mérite que l’on s’y attarde.

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Et si la Chine sauvait l’Irlande et l’Europe et prenait le contrôle du FMI?

Par Diane Berard (Le Fil de Diane)

Que diriez-vous si la Chine prenait le contrôle du Fonds Monétaire International?

Qu’un banquier chinois dirige cette très occidentale et vénérable institution? Bref si la Chine venait au secours de l’Europe. Cette idée vous sourit? Vous angoisse? Vous irrite? Vous laisse indifférent?

Pour ma part, je ne serais pas vraiment surprise si cela se produisait. Enfin, pas trop. La possibilité que la Chine se transforme en super-héros financier de l’Occiddent me trotte dans la tête depuis quelque temps déjà et voilà que, ce matin, Simon Johnson, chroniqueur pour Bloomberg, professseur au Sloan School of Management et auteur de l’excellent ouvrage « 13 bankers: The Wall Street Takeover and the Next Financial Mletdown » abonde dans le même sens.Il s’amuse à imaginer un monde où l’Europe, qui craque de partout, se cherche un chevalier blanc. Les États-Unis? Possible, mais disons que ces temps-ci le peuple américain en a marre des plans de sauvetage… Et qu’Obama a d’autres chats à fouetter que sauver l’Europe. Il doit d’abord sauver sa peau…

Pourquoi pas la Chine? Peut-on imaginer Dominique Strauss-Kahn, le directeur-général du FMI, inviter Hu Jintao, le président de la Chine, pour un 5 à 7 intime, histoire de discuter pognon? Lire la suite

La Russie, l’Inde, la Chine : Le triangle stratégique…

Par En Jincheng Yu (Xinhua)

La Russie, l’Inde et la Chine poursuivent des objectifs communs dans leurs politiques internationales et le développement économique.

Dans ce qui est la dernière étape de la coopération trilatérale dans une variété de domaines, le ministres des Affaires étrangères de la Chine, la Russie et l’Inde se sont réunis pour deux jours la semaine dernière à Wuhan, capitale de la province du Hubei central. Dixième du genre, la réunion a démontré l’approfondissement des liens trilatéraux entre Pékin, Moscou et New Delhi.

En raison de l’influence croissante de ces trois pays dans les affaires régionales et mondiales, la coopération ouvre des perspectives pour un développement accru. Lire la suite

Place aux jeunes, un mythe à la vie dure

Par Florence Legros(*)

Depuis début octobre, les jeunes, étudiants ou lycéens, ont rejoint les cortèges des « anti »-réforme des retraites. Alors qu’on aurait pu penser qu’ils seraient – à l’image du collectif « Nous ne paierons pas vos dettes » qui avait recueilli quelques centaines de signatures en 48 heures en septembre 2006 – sensibles à la limitation de la future charge des retraites, certains syndicats lycéens et étudiants se prononcent contre une réforme qui « va accentuer le chômage des jeunes » (sic).

Le raisonnement suivi est simple : l’augmentation de deux ans de l’âge de départ à la retraite (en admettant que le report soit effectif) induira une augmentation de l’emploi des seniors et « c’est un million d’emplois qui ne seront pas libérés » (sic). Autrement dit, il y aurait substitution parfaite entre les emplois des plus âgés et ceux des plus jeunes. Cette vision est clairement à relier à l’un des grands mythes qui circulent autour de la question de la retraite : celui selon lequel l’emploi serait un « gâteau » de taille fixe, qu’il conviendrait de se partager entre générations (et quelquefois entre sexes, ce qui explique les politiques familiales incluant une allocation pour parent au foyer, ou entre natifs et immigrés).
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