Les rémunérations renouent avec les sommets à Wall Street


Par Antoine Duroyon

Selon une enquête du « Wall Street Journal », elles ont atteint en 2010 un niveau record de 135 milliards de dollars, en hausse de 5,7 % sur un an

Retour à la «normale». L’an dernier, les grands noms de Wall Street ont de nouveau ouvert les vannes des rémunérations. C’est le constat qui ressort d’une étude menée par le Wall Street Journal (WSJ) auprès de 25 établissements cotés de la place (banques, maisons de courtage, sociétés de conseil en investissement). Le total des sommes distribuées (salaires et bonus) a atteint le record de 135 milliards de dollars (98 milliards d’euros), soit un gain de 5,7% par rapport à 2009. Chez Bank of America, par exemple, l’enveloppe globale a augmenté de 11% à 35,1 milliards de dollars.

Des largesses qui s’expliquent par un rebond du chiffre d’affaires des sociétés présentes dans le panel, à 417 milliards de dollars (+1%), ainsi que par des recrutements en prévision d’une amélioration des conditions de marché. Le ratio de rémunération (chiffre d’affaires/rémunération) ressort donc à 32,5%, en hausse de 1,4 point de pourcentage comparé à 2009. Toujours selon les calculs du WSJ, la rémunération moyenne par employé s’établit à 141.000 dollars, un chiffre qui varie fortement d’une société à l’autre.

Les hauts dirigeants, les plus exposés, ont bénéficié du retour à meilleure fortune. Chez Citigroup, le salaire de base annuel du PDG Vikram Pandit est passé du dollar symbolique à 1,75 million de dollars. Chez Bank of America, le patron Brian Moynihan a vu sa rémunération globale grimper de 67%. Quant à celui de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, son salaire a plus que triplé (de 600.000 à 2 millions de dollars) et la part du bonus en titres a bondi de 42% pour atteindre 12,6 millions de dollars.

Même si les établissements ont renoué avec leurs vieilles habitudes, ils ont été contraints de prendre en compte les nouvelles exigences formulées par les régulateurs. Ainsi, en 2010, la rémunération différée a représenté jusqu’à la moitié du total, contre un tiers précédemment, d’après les estimations de la société de conseil Johnson Associates .
Les actionnaires s’attendent également à jouer un rôle de modérateur. La loi Dodd-Frank sur la réforme financière leur a en effet confié le mandat du «say-on-pay». Ils pourront désormais se prononcer, au moins une fois tous les trois ans, sur la rémunération des dirigeants des entreprises cotées. Les sociétés devront également fournir des informations précises sur les «parachutes dorés» lors des opérations de fusion.

Publié la première fois sur AGEFI le 3/02/11

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