Le Brésil, l’Eldorado des infrastructures


Par Hugo Joncas (Lesaffaires.com)

Le plus grand pays d’Amérique latine a du pain sur la planche. Et beaucoup, beaucoup d’argent à dépenser. Avis aux exportateurs.

Près de 1 000 milliards de reais, soit 574 milliards de dollars. Le Brésil prévoit des investissements pharaoniques dans les infrastructures au cours des trois prochaines années. Le pays manque de tout : transports publics, autoroutes, aéroports, stades… Dans sa première conférence de presse avec les journalistes étrangers, en début d’année, la nouvelle ministre de la Planification et du Budget, Miriam Belchior, a insisté sur les occasions que représente le Programa de Aceleração do Crescimento (PAC), un vaste plan pour augmenter les investissements dans les infrastructures publiques du pays, dont elle est responsable.

 » Le programme est une occasion importante d’investissement au Brésil. De plus, comme vous le savez, le pays va aussi accueillir la Coupe du monde de soccer de 2014 et les Jeux olympiques d’été, en 2016 « , dit Miriam Belchior. Cette ingénieure de formation est le bras droit, pour les questions de dépenses publiques, de la nouvelle présidente Dilma Roussef, qui a succédé à Inacio Lula da Silva, le 1er janvier.Dès 2011, Brasilia doit réaliser des appels d’offres pour de nouvelles concessions d’infrastructures publiques d’une valeur de 26 milliards de dollars. Le plus important concerne la construction et l’exploitation d’un train à grande vitesse entre les deux plus grandes villes du pays, São Paulo et Rio de Janeiro. Un contrat de 20 milliards. L’encan aura lieu à la fin d’avril.

Géant électrique

Comme le Québec, le Brésil mise gros sur le développement de l’hydroélectricité. Contrairement à Hydro-Québec, l’entreprise publique brésilienne Eletrobras n’a pas le monopole du développement électrique dans son pays. En fait, le Brésil accorde par appels d’offres les contrats pour construire des centrales hydroélectriques et les exploiter pendant des décennies. Eletrobras peut l’emporter… ou non.En Amazonie, la française GDF-Suez a obtenu la concession de la centrale Jirau, actuellement en chantier. À quelque 90 kilomètres en aval, sur la rivière Madeira, un autre consortium, dont Eletrobras est le plus grand actionnaire, bâtit la centrale jumelle Santo Antônio. Ensemble, elles fourniront plus de 6 000 mégawatts de puissance supplémentaire à São Paulo, mégapole de 20 millions d’habitants dont l’économie est en explosion.

D’ici la fin de 2012, le gouvernement doit faire d’autres encans pour augmenter la puissance hydroélectrique de 6 000 mégawatts. Des contrats de 8,3 milliards de dollars.

Urgent besoin de bâtisseurs

Le temps presse pour réaliser ces investissements. Plusieurs hauts responsables politiques craignent que le Brésil ne perde la face en 2014 et 2016, dans le cadre des grands rendez-vous sportifs.  » Les problèmes de logistique et de transport sont très graves « , dit Marcel Aubut, président du Comité olympique canadien et avocat au cabinet Heenan Blaikie. Il organise à la fin du mois une mission au Brésil avec des entreprises canadiennes pour établir des contacts commerciaux.Les aéroports, par exemple, sont loin d’être prêts, dans les 12 villes choisies pour accueillir la Coupe du monde, en 2014. Pour régler le problème, le gouvernement fédéral et les États ouvrent la porte aux concessions relativement à la gestion des aéroports.

 En 2011, Brasilia doit accorder un premier contrat pour construire et exploiter un aéroport près de Recife, dans le nord-est du pays.À Rio de Janeiro, le gouverneur de l’État, Sérgio Cabral, défend l’idée de faire de même avec l’aéroport international de Rio.Pour lui, les rénovations nécessaires à l’aéroport Tom Jobim seraient un véritable gouffre financier pour l’État. Il compte plutôt sur des capitaux étrangers pour investir dans ces installations, devenues selon lui  » une honte pour le peuple  » de la ville.6 % Taux d’intérêt que Banco nacional do desenvolvimento, la banque de développement nationale du Brésil, accordera cette année pour le financement de projets d’infrastructures. C’est une forme de subvention, selon des experts de l’Organisation mondiale du commerce, puisque ce taux est bien inférieur au taux directeur de la Banque centrale brésilienne, parmi les plus élevés du monde, à 11,25 %.

Article publiè la première fois le 19/02/2011 sur les affaires.com

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