Les sociétés françaises de capital-risque confirment leur regain d’activité


Par Antoine Landrot (Agefi)

Leurs investissements se sont approchés du montant record de 2000. Mais ce renouveau cache le déclin de l’amorçage.

Les tendances se confirment dans le capital-risque. Les investissements des sociétés de gestion françaises en Europe se sont maintenus à un niveau soutenu en 2010. Selon l’indicateur Chausson Finance, 1,05 milliard d’euros a été apporté à 677 sociétés technologiques, contre 910 millions un an plus tôt. Grâce à un deuxième semestre particulièrement dynamique (+31% à 532 millions d’euros), l’activité du capital-risque a réalisé sa meilleure année depuis le record établi en 2000, au faîte de la bulle internet (1,15 milliard).

Alors que le venture est à juste titre considéré comme le maillon faible du private equity européen, comparé à son homologue américain, l’activité des gérants français s’est stabilisée depuis 2007 autour du milliard d’euros en dépit de la crise financière, après une période 2001-2006 terne. «En 2000, les investissements étaient réalisés par des véhicules de type FCPR, qui collectent auprès des institutions financières. Arrivés plus tardivement, les FIP et FCPI, qui font appel à l’épargne des particuliers, ont pris une part croissante dans les investissements», explique Christophe Chausson, fondateur de la société de conseil en levées de fonds. Ils ont ainsi représenté 62% de l’argent placé au second semestre. Dans les dix plus gros investisseurs, on trouve six sociétés utilisant des FCPI. L’une d’elle, OTC AM, détrône d’ailleurs Sofinnova, une habituée de la première place.

Une autre catégorie d’investisseurs s’est également développée: les business angels très fortunés. «Ces anciens entrepreneurs peuvent investir des sommes supérieures au million d’euros. Cette tendance devrait s’accentuer», ajoute Christophe Chausson.

Professionnels et pouvoirs publics pourraient légitimement se réjouir du dynamisme du soutien à l’innovation, si ces chiffres ne masquaient pas une réalisé plus nuancée. De semestre en semestre, on note une désaffection des gérants pour l’amorçage, c’est-à-dire la première étape d’investissement, la plus risquée car elle concerne de très jeunes entreprises. Seuls 65 millions d’euros ont été investis à ce niveau, à peine 6,2% du montant total.

A l’opposé, quatre investissements dépassent les 20 millions d’euros, dont deux sont supérieurs à 50 millions (Insude Secure et Cerenis Therapeutics), un record. Un phénomène que Christophe Chausson explique par le manque d’appétit des investisseurs actions pour les introductions en Bourse.

Publié pour la première fois sur le site de l’Agefi le 21/03/2011

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