RSE ou RSE ?…


Par Gilles Dumoulin (Voirin Consultants)

La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) ou RSO (… des Organisations : associations, établissements publics, entreprises de toute nature juridique…) est la contribution volontaire de toutes ces structures au développement durable, dans toutes ses dimensions, économique, sociale / sociétale et environnementale, et pas seulement écologique.

 Cette démarche de management, au service d’une performance globale, équilibrée et soutenable de la structure qui décide de s’y engager, doit être pleinement inscrite dans la stratégie de cette dernière, afin de donner du sens et de la cohérence à ses actions, en interne comme à l’extérieur de l’organisation, et ne pas être considérée, avec tous les risques inhérents, à du « greenwashing ».

La norme ISO 26000, qui est parue sur le sujet en novembre dernier, a le mérite de définir ce qu’est une entreprise (ou une organisation) « Responsable », à travers des 7 grands principes suivants : les droits de l’homme, la contribution au développement local, l’environnement, la protection du consommateur, les bonnes pratiques des affaires, les conditions de travail et la gouvernance de l’organisation. Elle a par ailleurs, comme principale caractéristique, hormis d’arriver, après de longs et difficiles débats, à un consensus international sur un vaste sujet, complexe et culturellement marqué, notamment entre les pays occidentaux et les nouveaux pays industrialisés, de ne pas être une norme conduisant à une certification, à l’instar des autres normes de management (ISO 9001, 14001…).

Elle préconise également de parler de RS (Responsabilité Sociétale) pour éviter les précisions complémentaires suivant les types de structures auxquels s’applique cette démarche (RSE, RSO… – voir plus haut), ou encore d’autres confusions possibles…

L’autre RSE (Réseau Social d’Entreprise), ou bien RSI (Réseau Social Interne), qui trouve son origine dans la nouvelle génération d’usages collaboratifs au sein des organisations, sur la base d’outils issus du « grand public » (facebook, viadeo, twitter…), a pour objectifs le développement de l’intelligence collective (partage de bonnes pratiques, accroissement de savoir-faire autour d’intérêts communs, résolutions de problèmes…), vu également comme une valorisation de leur capital social (les réseaux et communautés formels et informels qui existent déjà au sein de la structure et dans son écosystème).

La structure (entreprise, administration… dite 2.0) qui met en œuvre ces RSI est synonyme d’une organisation plurielle étendue ouverte sur son environnement : hiérarchique (par directions, divisions, business units, filiales), transversale et collaborative (par processus, projets, par dossiers), communautaire (communautés thématiques, de pratique, métiers, d’innovation…). Elle recherche donc au travers de ces outils une performance accrue, une réactivité et une mémoire partagée que les systèmes de messagerie traditionnels ne savent plus assurer et que les premières générations d’espaces collaboratifs, parfois bien trop rigides, ne garantissent pas.

De tels nouveaux usages ne sont pas sans risques… Ils impactent directement le management, la place du manager, les dispositifs de communication interne… voire l’environnement numérique de travail du collaborateur dans son Intranet.

Pour conclure, les RSI contribuent-ils à la RS des structures qui font le choix d’aller vers le 2.0 ?
Au niveau du développement économique, cela ne fait aucun doute, notamment par l’accroissement de la performance de leurs collaborateurs.

Leur impact est également positif au niveau environnemental, au sens écologique du terme, car, comme toutes procédures dématérialisées, les RSI minimisent les déplacements des personnes donc leurs impacts en matière de gaz à effet de serre.

Sur le volet sociétal, comme tout réseau social, les RSI permettent d’agrandir le cercle des points de contacts de chacun, à l’intérieur de la structure ou au sein de son écosystème étendu, offrant une approche culturelle différente (métier, domaine d’activité, pays…) et un accroissement de points de vue pertinents, même si ces derniers sont parfois et souvent ponctuels, furtifs, laconiques… et surtout désincarnés.

Concernant le volet social, les RSI sont, comme au niveau sociétal, certainement globalement positifs, mais il ne faut pas perdre de vue certains côtés négatifs, humainement parlant (« harcèlement » électronique, zapping et perte de temps, parcellisation des tâches et des responsabilités, déstabilisation de la hiérarchie surtout intermédiaire, e-réputation, etc.).

Comme tout outil, les RSI doivent être maîtrisés et au service d’une stratégie de responsabilité (la RS…) et de transformation de l’organisation; les collaborateurs doivent être formés à leur utilisation et le déploiement de ces outils doit être accompagné dans la durée.

Publié la première fois sur le site de Voirin Consultants le 17/02/2011

 

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