Bruxelles presse Washington sur le rythme des réformes financières


Par Tân Le Quang

Michel Barnier, dans une lettre adressée le 27 mai à Tim Geithner, rappelle aux Etats-Unis leurs engagements pour la convergence réglementaire.

Bruxelles met la pression sur Washington. De passage aux Etats-Unis depuis mercredi dans le cadre de rencontres avec l’Administration américaine, le Trésor, la Fed, la SEC et la CFTC, Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur et aux services a préalablement envoyé le 27 mai une lettre au secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, qu’il a rencontré hier. Le premier appelle la puissance américaine à accélérer la mise en place de sa nouvelle réglementation bancaire et à aligner ses efforts sur ceux de l’Europe.

«Notre accord sur les principes généraux était une première étape, il est maintenant temps de livrer (les réformes) et d’être cohérent, rappelle Michel Barnier dans la lettre que se sont procurée le Financial Times et Reuters. Des règles du jeu équitables doivent être une réalité, pas un slogan vide». Il ajoute que Bruxelles est devant les Etats-Unis dans plusieurs domaines, dont celui des exigences en capital pour les banques et les limites sur les bonus des dirigeants financiers.

Michel Barnier fait part des inquiétudes des européens sur l’engagement américain par rapport au Comité de Bâle, les Etats-Unis n’ayant toujours pas mis en place Bâle 2. D’après sa porte-parole, celui-ci fera savoir qu’il est essentiel que les délais de Bâle soient respectés.

En matière de bonus, la rencontre a été l’occasion pour le commissaire d’expliquer ce qui a été fait au niveau de l’UE pour mettre en place les principes annoncés à Pittsburgh, à travers les règles contraignantes de la directive CRD 3 qui s’applique déjà aux bonus 2010. «L’UE est la seule à avoir jusqu’à présent imposé de telles règles contraignantes, et le commissaire croit que l’approche d’autres juridictions, y compris les Etats-Unis, qui va vers des mesures non contraignantes laisse beaucoup trop de latitude aux institutions financières et leur permet de contourner les principes établis à Pittsburgh», précise la porte-parole.

Cette piqûre de rappel intervient alors qu’à la fin octobre, Tim Geithner et le commissaire ont réaffirmé que les Etats-Unis et l’UE avaient la responsabilité spéciale d’instaurer des standards financiers mondiaux, de réduire le champ des arbitrages réglementaires et d’œuvrer à plus de convergence et cohérence réglementaire. Les agences de notation, les normes comptables, les marchés dérivés font partie des sujets de discussions avec les régulateurs américains

Publié la première fois sur le site de l’Agefi le 03/08/2011

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