Le Sénat appelle le FSI à affirmer sa « visibilité » et sa « singularité »


Par Fabrice Anselmi    

La Commission des finances du Sénat a présenté son rapport sur l’utilité du Fonds stratégique d’investissement.

La Commission des finances du Sénat présidée par Jean Arthuis a adopté mercredi le rapport sur le Fonds stratégique d’investissement ( FSI) du sénateur Jean-Pierre Fourcade. «Au terme de ces travaux (lancés à la suite des débats parlementaires de 2010, ndlr), il apparaît que le FSI a prouvé son utilité en apportant un début de réponse aux besoins structurels de fonds propres des entreprises françaises», conclut le rapporteur spécial des participations financières de l’Etat. Il salue une gouvernance originale, sophistiquée et autonome – «notamment face aux dossiers d’entreprises en difficulté» -, ainsi qu’une structure opérationnelle légère et réactive. Le sénateur s’est voulu rassuré par la récente lettre de mission envoyée par les actionnaires du fonds ( CDC pour 51%, l’Etat pour 49%) sur ses orientations: le soutien aux ETI, aux filières sectorielles, et aux PME dans les régions.

«Les deux premières années appellent néanmoins un certain nombre d’ajustements.» Le FSI doit ainsi: éviter de concurrencer les fonds de capital-investissement, équilibrer ses exigences de rendement sans en faire un critère primordial, renforcer sa démarche d’investisseur socialement responsable, etc. Le rapport suggère surtout de clarifier et simplifier son positionnement «complexe» à l’égard de la CDC, et d’améliorer sa visibilité au sein des outils de financement public (Oséo, Programme d’avenir, etc.), vis-à-vis des chefs entreprises comme des investisseurs pour qui la présence du FSI devrait créer un effet d’entraînement.

«Le Fonds doit affirmer sa singularité et faire ses preuves dans une logique de long terme», ont également insisté Jean Arthuis et Jean-Pierre Fourcade, rappelant qu’il a déjà engagé 3,8 milliards d’euros de liquidités sur les 6 alloués à sa création, et qu’au rythme actuel, sa capacité d’action posera question dès 2013. Ils ont ainsi dénoncé la proposition de tirer une ligne de 1,5 milliard auprès des Fonds d’épargne de la CDC, par emprunt donc, alors même que l’Etat actionnaire s’est montré très (trop?) gourmand sur la dernière distribution de dividendes: 189 millions pour l’Etat et 197 millions pour la CDC, soit 60% du résultat net qui auraient pu être réinvestis dans le fonds… Enfin, ils ont alerté sur le risque qui résulterait d’une vente des participations stratégiques pour assurer les liquidités du fonds à court terme.

Publiè la première fois sur le site de l’Agefi, le 10/06/2011

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