La Chine veut acheter Facebook !


D’après Gordon G. Chang (Harvard Business School) traduction d’Alain Loréal 

Jeudi dernier, « Business Insider » annonce que la Chine essaie d’acheter « un gros morceau » de Facebook.

Selon le site Web d’infos business, Pékin a approché un fonds qui achète des actions d’anciens employés de Facebook pour voir s’il pourrait assembler un ensemble d’actions assez grand. Par ailleurs, CitiBank est soupçonnée de tenter d’acquérir pour 1,2 milliard de dollars de titres pour deux fonds souverains, l’un du Moyen-Orient et l’autre chinois. « Business Insider » rapporte une troisième source, à partir d’une « très influente » banque d’investissement de la Silicon Valley, qui confirmerai  que CitiBank représente effectivement la  Chine.

Pékin serait-il  autorisé à acheter une partie du site de Mark Zuckerberg ? « Business Insider » nous dit qu’il n’y a pas de raison » de se préoccuper de la censure chinoise à propos  des photos et des posts des 700 millions de personnes qui font confiance à Facebook pour  leur activité personnelle en ligne.

Tout d’abord, la participation de la Chine ne serait pas importante. Un investissement de plusieurs milliards de dollars n’achète pas beaucoup d’influence dans un site dont la  valeur est estimée cent fois supérieure en cas d’entrée en bourse. Deuxièmement, Pékin  ne peut  acquérir que des actions sans droit de vote. Troisièmement, les actionnaires n’ont  pas le droit de regarder ce qu’il ya sur le site. Tous ces arguments de « Business Insider » sont  vrais.

Pourtant, ils sont tous à côté de la plaque -et il y a d’autres raisons d’être inquiets. Le site affirme que «les fonds souverains sont très distincts de leurs gouvernements. »

C’est peut-être le cas pour  la Norvège est, mais pas la Chine. Le Parti communiste, en dépit de trois décennies de réformes économiques, insiste sur son monopole du pouvoir politique. Et pour maintenir ce monopole, il contrôle étroitement ses instruments propres. C’est particulièrement vrai en ce moment parce que le Parti est au milieu de la répression la plus complète sur la société depuis le printemps 1989 à Pékin. Les dirigeants chinois considèrent clairement les médias sociaux comme une menace pour leur pouvoir, en particulier après avoir vu leur force-un effet de levier incroyable dans les révoltes au  cours des printemps arabes qui ont renversé des gouvernements.

En bref, le fonds souverain chinois, qui n’est pas  plus indépendante du Parti communiste que le gouvernement municipal de Pékin, veut acheter une participation dans les plus éminents réseaux sociaux du monde, car les dirigeants chinois veulent contrôler les networks. Et ils espèrent faire cela dans le cadre de leur campagne globale visant à censurer les discussions à propos de la Chine et pas seulement à l’intérieur du pays mais aussi du monde entier.

Pékin, au cours de la dernière décennie, a annoncé des initiatives pour changer le discours sur les campus universitaires étrangers avec ses Instituts Confucius, (maintenant 322) et les salles de classe Confucius du primaire et du secondaire -(369 de ceux-ci). En outre, son initiative  «pénétrer les marchés mondiaux »  tente d’influer sur la couverture des nouvelles de la Chine en ouvrant des bureaux à l’étranger pour internationaliser les médias d’Etat, en particulier Xinhua Nouvelles Agence, China Central Television, et Le Quotidien du Peuple .

Et c’est là que le fondateur de Facebook donne une ouverture à Pékin. Zuckerberg a visité la Chine en Décembre et a prévue d’y retourner, peut-être en Septembre, dans sa tentative d’accéder à la plus grande communauté en ligne, 457 millions de personnes au dernier décompte.

« Une des principales  raisons pour lesquelles les  firmes américaines trébuchent en Chine est que le gouvernement tend à favoriser les gens du pays quand il s’agit de la réglementation », souligne « Business Insider ». «Une façon de s’assurer que cela se produise pas est de permettre au gouvernement de détenir une participation. »

Pékin veut posséder des participations dans les entreprises étrangères, car il essaie de les contrôler. Ces ambitions peuvent pour le moment sembler irréalistes pour nous, mais cela ne signifie pas que des responsables du Parti communiste n’y pensent pas.

Les Chinois ne sont pas les seuls à se bercer  d’illusions. Mark Zuckerberg, selon un  journaliste, « estime que Facebook peut être un agent de changement en Chine, comme il  l’a été dans des pays comme l’Egypte et la Tunisie. » Après les expériences désastreuses en Chine de Yahoo et de Google et de l’histoire mouvementée de Microsoft -pour ne pas mentionner les tirades récentes de Pékin contre les médias sociaux étrangers-, le fondateur de Facebook apparaît à la fois arrogant et naïf.

La Directrice d’exploitation Sheryl Sandberg précise « Méfiez-vous des compromis que Facebook aurait à accepter pour faire des affaires là-bas. » Si elle perd dans sa divergence  avec Mark Zuckerberg, Facebook entre en Chine, l’entreprise sera éventuellement soumise à des demandes de censure sur ses sites, intérieurs et extérieurs à la Chine. C’est apparemment pourquoi les Chinois veulent posséder une participation importante dans Facebook. Ils sont, en bref, à la recherche de contrôle sur le long terme. Aucune autre explication est cohérente avec les autres médias du Parti et les initiatives «éducatives».

Bien sûr, un Facebook « orienté » Pékin  sera atteint directement  par la publicité négative  et d’inévitables  défections. Les autres sites de réseaux sociaux tenteront de  capturer les utilisateurs fuyant. Le génie de l’Amérique, c’est qu’il ouvre les marchés ouvert largement et  punit éventuellement l’arrogance et les naïfs en permettant le choix.

Alors, qui a dit « MySpace » est mort? Peut-être que  Rupert Murdoch a vendu trop tôt.

Publiè la première fois sur le site d’Harvard Business School le 02/06/2011

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :