Bourses :La peur du « double dip » ressurgit


Par Tân le Quang (Agefi)

Craignant un ralentissement mondial, les Bourses s’enfoncent. Le secteur bancaire replonge

Le spectre d’un retour en récession («double dip») a de nouveau affolé les marchés hier après l’entame d’un cycle de révisions à la baisse des perspectives économiques pour 2011 et 2012, assortie de statistiques décevantes outre-Atlantique. Morgan Stanley, par exemple, a abaissé sa prévision pour la zone euro en 2012, de 1,2% à 0,5%. Celle pour les Etats-Unis est réduite à 2,1%, contre 3% auparavant. Les Bourses essuient des baisses allant de 3% à plus de 6%. Le CAC 40 a perdu 5,48% à 3.076 points.

Pour justifier la division par deux de leur prévision de croissance pour la zone euro, les économistes de Morgan Stanley avancent un cocktail d’évènements explosif: ralentissement de la croissance du commerce mondial, conditions de financement pour les banques plus dures, mesures d’austérité additionnelles, euro surévalué, tensions dans les pays périphériques et hausses de taux de la Banque centrale européenne. La banque voit désormais la BCE baisser ses taux l’année prochaine avec un refi à 1% fin 2012.

Mais la banque américaine a aussi abaissé ses précédentes prévisions, établies le 14 juillet 2011, pour le PIB mondial. De 4,2% initialement, la croissance est ramenée à 3,9% pour 2011. Pour 2012, elle passe de 4,5% à 3,8%. Pour les marchés développés, l’activité devrait croître de seulement 1,5% en 2011 et 2012 contre 1,9% et 2,4% précédemment estimé. En 2011, le PIB des Etats-Unis est attendu à 1,8% contre 2,6%. Les pays émergents, eux, ne devraient pas échapper au coup de frein. Selon les économistes de Morgan Stanley, leur croissance passera de 7,8% en 2010 à 6,4% en 2011 (contre 6,6 % auparavant) pour s’établir à 6,1% en 2012 (contre 6,7%).

Tous les regards se tournent maintenant vers la Chine, premier moteur de l’économie mondiale. Deutsche Bank a revu à la baisse sa prévision pour le pays de 9,1% à 8,9% pour 2011, contre une prévision stable de 9% pour Morgan Stanley. L’assombrissement des perspectives économiques mondiales a fait chuter les Bourses émergentes jeudi, de 2% à 5% selon les pays. Le WTI a perdu 4,5% à 83,63 dollars, contre -2,5% à 107,68 dollars pour le Brent. La fuite vers la qualité s’est amplifiée. Les taux à 10 ans américains sont tombés à 1,97% dans la journée, avant de finir à 2,08%.

Dans ce contexte, certains ne cèdent pas à la panique. Alors que les marchés actions mondiaux se situent à 20% sous leurs pics de 2011, Citigroup croit, pour l’instant, à un rebond de 20% sur les 12 prochains mois. «Par le passé, les périodes de marchés défensifs prolongées ont été associées pour la plupart exclusivement à une récession des bénéficies des entreprises. Notre analyse indique que la probabilité que cela arrive comme en 2007-2009 est encore faible», estime la banque.

D’après DWS, les marchés actions jouent la récession, en dépit du fait que les données économiques plus solides aux Etats-Unis et la perspective d’un nouveau tour de stimulus monétaire de la part de la Fed indiqueraient que la contraction de l’économie américaine est improbable. Pour preuve, la hausse de 0,9% de la production industrielle en juillet. De même, pour l’Allemagne, celui-ci ne pense pas que la quasi-stagnation de son PIB à 0,1% au deuxième trimestre soit un signe de récession. Au premier trimestre, le fleuron de la zone euro a crû de 1,3%

Une Réponse

  1. Et si on disait : la bourse on s’en fout ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :