La fin des « Autoentrepreneurs » ?


Edito par Dominique Guizien  

L’INSEE nous apprend que le nombre de création d’entreprises a diminué de 15.1% en juillet par rapport au mois de juin. L’importance de la chute en elle-même attire l’attention et invite à y regarder de plus près.

En fait, si on prend en compte les données cumulées sur douze mois, la décrue  a commencé bien plus tôt, en novembre 2010 plus précisément. Depuis cette date, les données « en année glissante » diminuent continument. Sur 7 mois, la diminution est de 9.5%.

Et si on regarde encore plus dans le détail, on constate que sur cette période, la création d’entreprise individuelle de forme classique a diminué de 4.5% que la création d’entreprise
sous forme de société a même légèrement progressé de 1%. Par contre, le nombre d’auto-entrepreneurs est en forte diminution de 15.6%. Comme il s’agit de chiffres « en année glissante, cela veut dire que le phénomène a commencé encore plus tôt.

Et de fait quand on regarde les données mensuelles, le pic de déclarations d’auto-entrepreneurs a été atteint en mars 2010 avec 43.498 pour finalement en arriver en juillet 2011 à 20.754.

Partant de là, plusieurs lectures sont possibles.

a) Les secteurs d’activité de prédilection des auto-entrepreneurs sont en crise : les secteurs qui ont été les plus impactés par la création du statut d’auto-entrepreneurs sont le soutien aux entreprises, les services aux ménages, le commerce, la construction et dans une moindre mesure « enseignement, santé et action sociale ». Hormis, ce dernier ensemble, ce sont aussi les secteurs où globalement la création d’entreprises a le plus baissé depuis novembre dernier.

En période difficile, les entreprises rognent sur les budgets « consultants » qui rognent à
leur tour sur leur budget « contribution des free-lance ».

En période difficile, les ménages rognent sur les budgets « assistances ménagères de toutes sortes » ou retrouvent les délices du travail au noir.

b) La situation de l’emploi s’améliorant, les gens ressentent moins le besoin soit de se mettre à leur compte soit de rechercher un revenu de complément :Si on regarde les chiffres du chômage, on peut en douter, si on regarde le chiffre de création d’emploi on peut le penser. Personnellement, je fais l’analyse que la montée concomitante du nombre de chômeurs et du nombre d’embauche traduit en fait une précarisation de l’emploi et pour le coup l’auto-entrepreneuriat peut apparaître pour certains un moyen de « lisser » leur activité.

c) Le statut d’auto-entrepreneur se révèle un leurre pour beaucoup et cela a fini par se savoir. L’auto-entrepreneuriat n’aura alors été qu’un feu de paille. Vu les chiffres d’affaires déclarés par une majorité des auto-entrepreneurs enregistrés, cette hypothèse n’est pas à exclure.

Mais pour autant faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain !

Ils restent les points positifs suivants :

*il est possible de ne payer des cotisations et des taxes que sur une activité réelle et a posteriori sans que  le fisc s’offusque, que l’URSSAF  t’agrafe, ni que les ASSEDIC
t’astique

*il existe une réelle tentation des Français de se « mettre à son compte »

*la simplification des procédures n’est pas l’ennemi de l’administration.

Restent également les points négatifs suivants :

*il y a parfois un gouffre entre vouloir et pouvoir : tout le monde n’est pas fait pour être
entrepreneur !

*entreprendre, ça ne s’improvise pas : un projet d’entreprise aussi modeste soit-il se prépare !

*l’administration est parfois l’ennemi de la simplification : le passage du statut d’auto-entrepreneur à un statut plus classique d’entreprise a rappelé aux auto-entrepreneurs qui  ont franchi les seuils que l’administration reste malgré tout l’administration.

En bonne logique, c’est en s’appuyant sur  les points forts et en gommant les points faibles qu’on réussit à réformer une réforme, surtout quand elle n’est pas totalement mauvaise !

 

2 Réponses

  1. En fait, ce statut paraît surtout intéressant pour lancer une activité indépendante, le temps de voir si ça va marcher, sans avoir à payer des cotisations forfaitaires avant d’avoir rien gagné.
    Mais ce n’est PAS une panacée. En Hongrie, on y a vu le remède miracle contre le chômage. Cela s’est soldé par la multiplication des sous-traitances (jusqu’à 8 échelons dans le bâtiment !) avec une baisse de la qualité du travail et des rémunérations dérisoires au bas de l’échelle.

  2. Non en effet le statut d’auto entrepreneur est loin d’être la panacée, de plus j’ajouterais aux raison évoquées par Dominique concernant la baisse de la propension à la création d’entreprises , les effets de la crise financièresur les prêts des banques aux créateurs , la spéculation se faisant au détriment de l’investissement productif . Tout ceci se cumule et se combine ce qui montre que toute mesure de relance de la création passe par la jugulation de cette spéculation ( accentuée par les agences de notation) , une redéfinition du sytème bancaire orienté vers l’ivestissement productif ( et notamment l’épargne des particuliers et des fonds de pension) , le retour à une certaine confiance paramètre décisif, et à plus long terme la formation des entrepreneurs. Comme le note justement DG entrepreneur cela ne s’imporvise pas!
    Marc

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