La place des femmes sur le marché du travail


Par Sophie Herber (MaviePro)

Dans « Travail et emploi des femmes », la sociologue et directrice de recherche au CNRS Margaret Maruani analyse les caractéristiques de l’activité féminine.

« Depuis le début des années 60, la montée de l’activité féminine est l’élément moteur de la croissance de la population active », indique Margaret Maruani. En Europe, de 30% en 1960, les femmes représentent aujourd’hui 45% des actifs. Malgré tout, cette quatrième édition de Travail et emploi des femmes dresse un état des lieux en dents de scie.

Car si les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler, si elles sont plus diplômées que les hommes et continuent à exercer leur métier après avoir donné naissance à un voire plusieurs enfants, leur réussite professionnelle est souvent moindre, les écarts de salaires constant, et le plafond de verre toujours aussi résistant. Pire encore, dans certaines professions la féminisation conduit à la précarisation. Ainsi, « là où il se développe, le travail à temps partiel accentue la concentration des emplois féminins en les cantonnant dans un nombre encore plus réduit de professions et de qualifications ».

Toutefois, la sociologue ne dresse pas un constat d’échec. « La progression de l’activité féminine ne se traduit pas systématiquement, par la féminisation massive des métiers peu valorisés socialement ». Margaret Maruani prend ainsi l’exemple de professions dites « prestigieuses » (magistrates, avocates, médecins, journalistes, etc.) pour démontrer que la dévalorisation n’est pas le destin de tout métier qui se féminise. En ce qui concerne le journalisme, néanmoins, la féminisation entraîne une précarisation du métier. En 1999, les femmes représentaient 45% des pigistes et 60% des demandeurs d’emploi (source : Institut français de presse).

Travail et emploi des femmes n’en reste pas moins un ouvrage intéressant pour ceux qui veulent en savoir plus sur la place des femmes active dans la société. D’autant plus intéressant que l’auteur inscrit ses recherches dans une perspective européenne tout en se gardant bien de désigner un bon élève. « Aucun pays n’a trouvé le modèle parfait. » Cette ouverture sur l’Europe révèle aussi des inégalités criantes. Ainsi, à la fin des années 90 en Espagne, le taux de chômage des femmes diplômées de l’enseignement supérieur était quasiment le même que celui des hommes analphabètes. Autre exemple : en Grande-Bretagne le chômage des femmes est faible mais le sous-emploi omniprésent. Aussi force est de constater que les progrès attendent encore trop souvent le nombre des années.

Travail et emploi des femmes
Margaret Maruani
Ed. La Découverte (4ème édition)
128 pages, 9,50 euros

Une Réponse

  1. Le travail des femmes est bien un des facteurs qui devrait nous pousser à réorganiser le domaine social qui était majoritairement assuré par elle sans qu’on s’en rende vraiment compte avant les années 60. C’est ce que je propose avec l’état providence participatif.

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