Pathologies professionnelles : les maladies respiratoires en tête de liste


Par Laurent Radisson (Actu-Environnement)

L’Anses vient de publier le rapport scientifique du réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (rnv3p). Un tableau instructif des pathologies les plus représentées en France et de leur évolution.

Entre 2001 et 2009, les problèmes de santé au travail enregistrés par les centres de consultation de pathologies professionnelles ont augmenté de près de 6% par an en moyenne. C’est ce qui ressort du rapport scientifique du réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (rnv3p) publié par l’Anses.

Pathologies respiratoires et troubles mentaux très fréquents

 Les pathologies en relation avec le travail les plus fréquemment signalées sont les pathologies respiratoires (24%), suivies par les troubles mentaux et du comportement (22%), tels que la dépression ou l’anxiété. Viennent ensuite les maladies de la peau (17%), les maladies ostéo-articulaires (16%), les tumeurs (7,6%) et les pathologies de l’audition (5,6 %).  

« Les familles de pathologie significativement les plus souvent rapportées chez les hommes sont les tumeurs, les maladies de l’oreille et les maladies respiratoires. A l’inverse, les troubles mentaux et du comportement (psychopathologies du travail), les maladies dermatologiques et les maladies ostéo-articulaires sont plus souvent rapportés chez les femmes« , indique le rapport.

Les industries manufacturières surreprésentées

Certains secteurs d’activité sont surreprésentés. C’est le cas des industries manufacturières, responsables de 26% des pathologies alors qu’elles ne représentent que 17% de la population active. Ou le secteur de la construction : 12% des pathologies pour 7% des actifs en 2003. « Les secteurs les plus sous-représentés dans le réseau par rapport à la population active sont les suivants : éducation, agriculture, services domestiques et administration publique« , précise le rapport.

L’étude montre aussi que certaines pathologies sont plus particulièrement associées à certains secteurs. On rencontre ainsi plus de pathologies respiratoires dans les secteurs de l’industrie extractive, des services collectifs et des industries manufacturières ou plus de troubles musculo-squelettiques (TMS) dans les secteurs de la santé, de l’action sociale, de l’hôtellerie, de la restauration et de l’aide à la personne.

Les méthodologies d’émergence appliquées dans le réseau permettent de détecter des relations entre des pathologies et des activités ou expositions particulières. Ainsi, il a été mis en relief une association entre les tumeurs et le secteur agricole : les tumeurs y représentent 12% des pathologies, dont les deux tiers sont associés à une exposition professionnelle aux pesticides. Un lien a également été établi entre des maladies neurodégénératives rares et l’exposition à certains métaux.

Symptômes psychiques et TMS en forte évolution

En termes d’évolutions, « les psychopathologies du travail enregistrées par le réseau sont en constante augmentation chez les hommes comme chez les femmes », souligne le rapport. Les pathologies ostéo-articulaires sont également en évolution dans tous les secteurs depuis 2008.

Les tumeurs sont en augmentation dans le secteur industriel manufacturier et dans celui de la construction. « Il faut préciser qu’il s’agit en majorité de tumeurs liés aux fibres d’amiante« , précise l’étude.

Bilan contrasté pour les allergies professionnelles

En ce qui concerne les allergies, les auteurs du rapport ont observé une diminution statistiquement significative des asthmes professionnels dans les industries du caoutchouc et des plastiques. « Elle concerne les asthmes associés aux résines et colles, au caoutchouc ou aux métaux et, en termes de substances, aux isocyanates et aux aldéhydes« , précise le rapport. En revanche, une augmentation significative est observée pour les asthmes associés aux ammoniums quaternaires et produits de désinfection.

Les dermatites de contact sont également en augmentation sensible. Les secteurs concernés sont l’hôtellerie et la restauration, l’administration publique et les services à la personne. Les expositions concernées sont celles aux résines époxy, parfums et thiazoles. « Une diminution significative des dermatites de contact associées aux poussières inorganiques, aux détergents et aux produits d’origine végétale » est toutefois observée dans le même temps.

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