Les indignés, vite un business plan !


Edito par Diane Berard (Le fil de Diane)

Imaginons que le mouvement des indignés soit une PME. Disons une petite start-up techno. Après un démarrage “mou” – on l’a ignorée ou on tournée au ridicule – elle est devenue “la saveur du mois”.

Voyons ce qu’elle a pour elle: un slogan puissant. “99%”, c’est court, facile à retenir et ça s’écrit dans toutes les langues. Bref, voilà un slogan qui permet des pancartes efficaces et des photos puissantes.

Le message est lancé et compris, maintenant quoi? Une entreprise ne peut pas se résumer à un slogan, si “punchy” soit-il.

Il faut un plan d’affaires, une stratégie. Comme le dit si justement le reporter Derek Thompson de The Atlantic, il faut passer “ de la pancarte à la plateforme”.Pour une entreprise, on parle de migrer de l’idée à la commercialisation.

Cela suppose une structure. Or, l’idée même de structure va à l’encontre de l’esprit du mouvement des indignés. On l’a répété plusieurs fois, le mouvement des indignés est une “révolution sans leader”.

Mais, on a aussi dit que, contrairement au printemps arabe qui visait à renverser le système, le mouvement des indignés aspire plutôt à la corriger. La nuance est essentielle.

Corriger un système plutôt que le renverser exige de travailler avec celui-ci. C’est là où en est le mouvement des indignés. Après plusieurs semaines d’occupation de Zucotti Park – sans compter les rassemblements dans d’autres villes nord-américaines – le temps est venu de poser LA question:

quel est le but de ce mouvement, faire passer un message ou réformer le système?

La réponse sera douloureuse, car elle impliquera des choix. S’il ne s’agit que de faire passer le message, les pancartes suffiront. Mais les messages, on le sait, peuvent tomber dans l’oreille des sourds. Surtout qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. 

S’il est question de réformer le système, cela ne s’accomplira pas à coup de pancartes seulement. Il faut jouer le jeu des appuis, du lobby, des portes-parole, etc. Un système se change de l’intérieur.

Les premiers indignés de Wall Street ne savaient probablement pas où leurs pancartes les mèneraient. Comme les entrepreneurs ignorent souvent le plein potentiel de leurs idées. Mais, lorsque vous avez entraîné des supporteurs dans votre sillon et créé un “buzz” autour de votre idée – qu’il s’agisse d’indignés ou d’employés – il faut répondre à leurs attentes.

L’entrepreneur doit décider jusqu’où il veut croître? Sur combien de marchés? Avec combien d’employés? Quel rang il désire occuper dans son secteur?

Le mouvement des indignés, lui, doit décider s’il veut faire le reste travail lui-même ou le sous-traiter aux pouvoirs publics… et à la grâce de Dieu.Et le temps file car, en Amérique du nord en tout cas, la météo décidera bientôt pour lui.

 

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