OGM :  »fausses promesses et échec technologique »


Par Sophie Fabregat (Actu-Environnement)

Alors que la question de la sécurité alimentaire est au cœur des discussions internationales, un collectif d’associations publie un rapport contre les OGM, reprenant point par point les arguments des partisans des biotechnologies.

 »Depuis plus de vingt ans, les défenseurs des OGM affirment que les biotechnologies peuvent répondre aux grands défis de l’époque, notamment aux crises alimentaires, à la dégradation des ressources naturelles et au réchauffement planétaire. Pourtant, comme de nombreuses études le révèlent, les OGM n’ont tenu aucune de leurs promesses », dénonce un collectif d’associations représenté par l’ONG Navdanya, dans un  »contre-rapport » sur les OGM. Ce rapport a été présenté le 19 octobre, à quelques jours du sommet du G20 à Cannes (3 et 4 novembre prochains) qui devra aborder la question de la sécurité alimentaire mondiale et alors que le Comité de l’Organisation des Nations unies sur la sécurité alimentaire dans le monde (CSA) est réuni à Rome jusqu’au 21 octobre.

 »Alors que les citoyens, dans chaque pays, déclarent clairement, sondages après sondages, qu’ils ne veulent pas de produits OGM, la plupart des dirigeants persistent dans ​​le soutien à cette technologie et travaillent même en hâte à l’adoption de semences et cultures génétiquement modifiées. Pourquoi cet acharnement ? », interroge le rapport avant de donner sa propre vision des choses :  »La collusion entre les gouvernements et les sociétés de biotechnologie se manifeste à travers diverses tactiques : le lobbying, le marketing, le financement des institutions scientifiques, de l’éducation et de recherche… ».

En se basant sur des études scientifiques, des expériences locales et des exemples concrets, le rapport sous-titré  »fausses promesses et échec technologique » démonte point par point les arguments pro OGM.

Augmenter les rendements et nourrir la planète

 »Les OGM sont développés depuis près de vingt ans et pourtant la faim dans le monde atteint toujours des proportions inquiétantes, avec plus d’un milliard de personnes en souffrance chaque jour », indique le rapport. La raison ? Les OGM n’atteignent pas les rendements promis et les tentatives pour cultiver certaines plantes GM comme le manioc, l’igname ont échoué. De plus, les OGM sont souvent cultivés pour nourrir les animaux et produire des agrocarburants.

En revanche,  »de nombreuses recherches démontrent que l’agroécologie et l’agriculture biologique peuvent atteindre des rendements égaux ou supérieurs aux rendements de l’agriculture industrielle’‘. Et de citer une étude récente menée par le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation qui indiquait que les systèmes agroécologiques doublaient le rendement des cultures sur une période de trois à 10 ans dans des expériences de terrain menées dans plusieurs pays d’Afrique.

Or, prévient Vandana Shiva,  »si on n’arrête pas les OGM, il n’y aura plus d’agriculture bio et plus de semences non OGM ». La contamination par les OGM des culture conventionnelles est fréquente, rappelle le rapport, entraînant des situations parfois dramatiques, comme en Inde, où de nombreux cultivateurs de coton endettés (95 % du coton indien est OGM) se sont suicidés.

Ainsi, si les industriels des OGM font miroiter aux agriculteurs des profits plus élevés, certaines expériences prouvent le contraire, indique le rapport. C’est le cas en Afrique du sud, où après cinq ans de culture de coton Bt, la majorité des agriculteurs sont endettés. En Colombie, la Fédération des cultivateurs de coton a réclamé une réparation des dommages à Monsanto car leurs cultures ne résistaient pas aux parasites comme le leur avait promis l’industriel.

Lutter contre la dégradation des ressources naturelles

Un des autres arguments des défenseurs des OGM est que ces technologies permettent de lutter contre la dégradation des ressources naturelles. Or,  »les pays qui ont largement adopté les OGM font face à des dommages environnementaux ». La pratique monoculturale de l’agriculture GM contribue à la perte de la biodiversité mais pas seulement.

Le rapport cite une étude du ministère américain de l’Agriculture qui révèle que les cultures OGM aux Etats-Unis consomment plus de 26 % de pesticides par hectare que les cultures conventionnelles. En Argentine, les importations d’herbicides ont augmenté de 330 % avec l’introduction de soja OGM.

Conséquence :  »Les agronomes du monde entier sont alarmés par l’épidémie croissante de mauvaises herbes résistantes aux herbicides, aussi connu sous le nom de super-mauvaises herbes, qui ont développé une résistance au glyphosate (désherbant total) en raison de son intense utilisation ». Des parasites développent également des résistances aux toxines produites par les OGM pour justement lutter contre leurs attaques.

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2 Réponses

  1. Le lien sur le rapport ne fonctionne pas. En voici un autreThe GMO emperor has no clothes

  2. Au lieu d’inventer des trucs pour le moins compliqué, ne pourrait-on pas :

    cultiver les terres que l’UE oblige à mettre en jachère
    œuvrer pour la paix dans le tiers monde, ce qui permettrait aux paysans de faire leur boulot ??

    (J’ai encore dû rater un épisode…)
    http://et-si.eklablog.com/ogm-a16164386

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