La Société Générale privilégie ses fonds propres à ses actionnaires


Par Antoine Landrot (Agefi)

Comme sa rivale BNP Paribas, elle a passé une décote de 60 % sur ses titres d’Etat grecs et a fortement allégé son portefeuille souverain.

La Société Générale ne distribuera pas de dividendes au titre de l’exercice 2011. Cette décision, annoncée hier par son PDG Frédéric Oudéa, lui permet d’éviter de recourir au marché et devrait faciliter la satisfaction aux exigences de fonds propres formulées par l’Autorité bancaire européenne (EBA). Celle-ci impose un ratio de fonds propres durs core tier one de 9% au 30 juin 2012.

En effet, la Société Générale affiche un ratio de 9,5% au 30 septembre, contre 9,3% au 30 juin et 8,5% au 31 décembre 2010. Sur les 100 points de base (pb) gagnés au cours des neuf premiers mois, 65 proviennent de la mise en réserve des bénéfices et 28 des actifs gérés en extinction. La suppression du dividende générera environ 15 pb de capital sur l’année. «L’effort demandé aux actionnaires sera partagé par les dirigeants», ajoute Frédéric Oudéa, sans autre précision. La forte réduction de l’exposition à la dette souveraine périphérique permet à l’établissement d’éviter la constitution d’un coussin de capital spécifique, défini par l’EBA. Au 30 octobre, l’exposition de son banking book a été réduite de 39% par rapport à la fin du premier semestre, à 3,43 milliards d’euros.

A l’instar de BNP Paribas la semaine dernière, la banque de la Défense a passé une dépréciation de 60% sur les titres d’Etat grecs, alors que l’accord de restructuration ne prévoit que 50%. «Nous avons pris en compte les incertitudes concernant la maturité et le coupon de l’instrument qui remplacera les titres actuels», précise Frédéric Oudéa. Cette décote a nécessité le passage d’une provision de 333 millions d’euros au troisième trimestre. L’exposition nette au 31 octobre atteint 575 millions.

La Générale a également réduit de 29% son exposition à la dette italienne (à 2,2 milliards d’euros), alors que l’Italie subit la pression de Bruxelles et des marchés. Par ailleurs, son exposition aux titres périphériques en trading book atteint 2,2 milliards fin octobre.

Autre sujet sensible, les besoins de liquidité de la banque de financement et d’investissement SG CIB ont été réduits de 40 milliards d’euros au 30 septembre, pour un objectif de 50 à 60 milliards en 2013; pour ses besoins en dollars (passés de 100 à 60 milliards entre juin et septembre), 80% de l’objectif ont été atteints. «Nous voulons être le plus fort possible à l’entrée de 2012 dans tous les éléments de bilan, en capital comme en liquidité», a proclamé Frédéric Oudéa

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