Brèves


  • Entreprendre :
  • Baisse des créations d’entreprises en octobre 2011
  • C’est dans l’adversité que de nouvelles formes d’entrepreneuriat apparaissent
  • Les prix de la finance solidaire
  • Modèle économique :
  • Un autre point de vue sur la réindustrialisation de l’Europe.
  • Un modèle économique désuet et dangereux.
  • Tragédie classique express
  • Environnement des entreprises :
  • L’impôt administratif
  • Finances  :
  • Le financement des PME

Entreprendre

Baisse des créations d’entreprises en octobre 2011

C’est le titre de la dernière note de conjoncture que l’INSEE a consacré à la création d’entreprise. Manifestement l’apparition des auto-entrepreneurs a affolé l’indicateur de l’INSEE, qui jusqu’en janvier 2009 fournissait des données « désaisonnalisés » dont les variations mensuelles étaient faibles. Depuis les variations d’un mois sur l’autre ont des amplitudes et des alternances qui rendent vaine toute analyse à court terme. Par contre sur le long terme, on constate le lent reflux du « statut d’auto-entrepreneur ». Les créations ont baissé de 20% en un an. Ceci explique peut-être que tous statuts confondus, ce soit dans les secteurs de l’appui aux entreprises (les consultants ex-free-lance ») et de l’aide à la personne que le repli est le plus vif.

Depuis le début de l’année, tous statuts confondus, le nombre de créations d’entreprises ou quasi-entreprises a diminué de 13% mais comme le nombre de nouveaux auto-entrepreneurs a diminué de 21%, le recul des créations d’entreprises est finalement minime : -2%. Qui plus est la bonne nouvelle est peut-être que les créations sociétaires sont même en hausse de 1.5%. En effet, d’expérience, nous savons que la création d’entreprises sous forme de société a plus de chance d’aller loin que la création individuelle.

C’est dans l’adversité que de nouvelles formes d’entrepreneuriat apparaissent

Les entreprises solidaires ont le vent en poupe avec la montée de la crise. En Espagne, alors que les caisses d’épargne et les banques coopératives traditionnelles, puissantes au Pays Basque, sont en train de piquer du nez et vont devoir éponger des dettes nées de leur aveuglement, voici qu’apparaissent dans le Sud du pays, de nouvelles formes d’entreprises solidaires :

http://espagne.blog.lemonde.fr/2011/11/09/naissance-dune-caisse-depargne-solidaire/

Certes, il s’agit plutôt d’économie de survie, mais elle permet la reconstitution de circuits financiers à côté des circuits classiques auxquels une part croissante de la population n’ont plus accès. Cela rappelle assez fortement la façon dont le secteur coopératif et mutualiste s’est constitué au XIX° siècle. Cela fait aussi pensé aux expériences de monnaies alternatives qui commencent à fleurir en France comme le Sol Violette à Toulouse : http://www.sol-violette.fr/

ou les SEL et autre ROBIN :

http://www.economie-sociale.coop/index-economie-sociale/monnaie-alternative.htm

Les prix de la finance solidaire

 Les Grands Prix de la finance solidaire ont été décernés le 3 novembre dernier. Cela permet de donner un coup de projecteur sur des initiatives à forte valeur ajoutée sociale qui n’ont pu voir le jour que parce que d’autres pensaient que leur argent avait une autre fonction que de produire… de l’argent.

La typologie des lauréats est illustrative de cette économie qui est en train d’émerger au côté de l’économie classique. Adage n’est pas très original dans son montage : mettre en place des formations d’insertion préparant à un concours. L’originalité vient peut-être du mode de fonctionnement, en alternance avec un emploi, du public accueilli, uniquement des femmes très « désinsérées » mais surtout du mode de financement, mêlant financement public et financement par l’épargne solidaire.

Les doigts qui rêvent : Là aussi le concept est finalement assez classique. Répondre aux besoins jeunes aveugles d’apprentissage de la lecture. Le financement l’est déjà moins puisqu’il vient de l’entreprise d’insertion qui assure le façonnage des livres et surtout des livrets d’épargne que gère une grande mutuelle d’assurance.

Terre de liens : C’est aussi banal dans l’idée. Collecter de l’épargne pour acheter du foncier, sauf que cette épargne n’a pas pour but de maximiser son revenu mais de maximiser l’accès à la terre de jeunes agriculteurs grâce à des loyers particulièrement pas (et ça ne me surprendrait si en plus ils favorisaient l’installation de producteurs bio). En 4 ans, 23 millions collectés, 57 exploitations ont été achetées et 170 exploitants se sont installés.

Groupe Archer : il s’agit bien d’un groupe mais un peu particulier puisqu’il a pour objectif de racheter ou de créer des micro-entreprises pour employer des chômeurs. À leur actif, la reprise des chaussures Jourdan, un chiffre d’affaires de 8 Millions d’Euros.

Cocorico : c’est très exotique puisque c’est la création d’un marché coopératif de femmes en Côte d’Ivoire.

À noter qu’il y a là deux associations, une société en commandite un SAS et une coopérative justifiant ainsi que ce n’est pas le statut qui fait l’entrepreneur mais toutes ces initiatives ont en commun d’avoir été créées avec de l’argent qui ne cherche pas uniquement un retour financier et qui produisent toutes, en plus de biens et de services utiles, de la SOLIDARITE.

Modèle économique

Un autre point de vue sur la réindustrialisation de l’Europe

Cet article paru dans le Monde il y a deux semaines, pose, une fois de plus, la question de la réindustrialisation :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/09/l-industrie-europeenne-dans-la-globalisation_1601290_3232.html – xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20111110-[deroule]

L’auteur Pierre Noël Giraud Ingénieur général des Mines et professeur d’économie fonde son raisonnement sur deux constats :

  • plus de trois quarts des emplois sont non délocalisables.
  • la décroissance de l’emploi industriel est due au recul des secteurs en équilibre instable, ou fortement exposés que ne vient pas contrebalancer une progression des secteurs de haute technologie et des industries de marque.

Dans la mesure où la qualité des emplois nomades tire celle des emplois sédentaires et compte tenu de l’éclatement de la chaîne de création de valeur dans un processus de production, la question n’est pas tant quelle activité devons conserver que quelle part de la chaîne globale de production il convient de garder. Les stratégies de rattrapage de la Chine ou de l’Inde après s’être concentrées sur les coûts de production se focalisent de plus en plus sur les chaînons à fort investissement humain. On peut penser que les standards de vie montant très vite, l’avantage comparatif aura sensiblement diminué à l’horizon de 15 à 20 ans mais si d’ici là le potentiel humain n’a pas été préservé, il deviendra difficile de tirer partie de ces conditions de concurrence rétablies dans la mesure où la constitution de ces savoir-faire prend elle-même de 15 à 20 ans. L’arrêt de la désindustrialisation passe donc par le maintien de ces chaînons intermédiaires de la création de la valeur à un niveau élevé. C’est pourquoi par exemple, il devient incompréhensible que des constructeurs automobiles délocalisent leur activité de recherche et développement dans le même temps où les industries du numériques et de nanotechnologies renforcent leur potentiel sur le territoire national.

La solution proposée par J-N Giraud est simple : appliquons aux firmes chinoises et indiennes qui veulent travailler en Europe les mêmes règles que la Chine applique depuis déjà deux décennies : pour vendre en Europe, il faudra accepter qu’une partie de la valeur ajoutée soit produite en France (et pas uniquement l’étiquette finale !)

Un modèle économique désuet et dangereux

La France se bat bec et ongles pour préserver sa place sur un marché très lucratif : celui des armes. Et elle y réussi assez bien jusqu’à présent avec un chiffre d’export d’un peu plus de 5 milliards d’Euros qui lui garantit la 4° place. Mais les déboires récents du produit vedette, le rafale, et les déboires judiciaires d’anciens marché montre qu’il s’agit là d’un modèle économique à la fois désuet et dangereux. Le modèle est désuet dans la mesure où il remplace une pratique commerciale saine par une démarche dont on ne sait jamais si elle est tout à fait commerciale, ni tout à fait politique. Un tel mélange se justifiait à l’époque de la politique des blocs et dans le cadre de la politique française des zones d’influence exclusives. Dans un monde où les blocs ont éclaté et où les zones d’influence sont devenues très mouvantes, une telle stratégie est vieillotte.

Le modèle est surtout dangereux. D’un strict point de vue commerciale et d’équilibre de la balance commerciale, il s’agit de marchés qui tiennent à très peu de grosses commandes, mais nos industries d’exportation nous ont habitués à ce modèle commercialement un peu surprenant, puisque c’est le même en matière d’aéronautique, de matériel ferroviaire, de centrale nucléaire. La politique des « grands marchés » est efficace lorsque votre diplomatie est forte et se sent motivée par l’enjeu. On n’en est plus là hélas. Ce marché est aussi dangereux d’un point de vue géostratégique. Les débats autour de la vente des navires Mistral à la Russie et des risques que cela pouvait faire naître en Mer Noire ont ravivé le débat sur la contribution de la France à la prolifération des armes conventionnelles.

Enfin les marchés d’armement sont apparus comme étant aussi dangereux… pour la démocratie.Depuis l’affaire des vedettes de Taïwan et jusqu’à des affaires plus récentes, il est apparu que ces marchés pouvaient être de formidables vecteurs de corruption des élites politico-administratives. Être le 4° marchands d’armes n’est donc peut-être ni glorieux, ni raisonnable.

Tragédie classique express

Unité de lieu, unité de temps, unité d’action : les trois ingrédients sont réunis pour faire une grande tragédie classique des temps modernes.

Unité de lieu : tout se passe à Abu Dahbi. Unité de temps : la grande foire aéronautique. Unité d’action : les grands contrats.

Boeing empoche coup sur coup le plus gros contrat de son histoire puis le plus gros contrat au-delà de ce plus gros contrat. Dassault qui arrivait en vainqueur avec son Rafale se voit désavouer par l’acheteur en chef. Et c’est ça la tragédie : d’un côté, nous avons des commerciaux, de l’autre des ingénieurs qui accompagnent des politiques… Épilogue du drame : le souffleur (comprenez le ministre des affaires étrangères) est obligé de monter sur scène. Pour recevoir les tomates ?

Environnement des entreprises

L’impôt administratif

Le Premier ministre a annoncé une série de mesures destinées à faciliter les relations entre les collectivités locales et leurs fournisseurs : formalités allégées pour les petits marchés, référencement unique. Le tout sera repris dans une circulaire à paraître bientôt. Cela va dans le bon sens, mais le vrai impôt papier, ce sont ces formulaires alambiqués conçus par des fonctionnaires dont la fonction de contrôle semble avoir aiguisé la créativité jusqu’à l’absurde. L’autre impôt indirect prélevé sur les fournisseurs, ce sont les délais de paiement, mais maintenant que les collectivités territoriales commencent à avoir des problèmes aigus de gestion de trésorerie, il n’est pas sûr que les bonnes intentions affichées il y a peu encore, durent encore longtemps.

Finances

Le financement des PME

Le FSI se régionalise pour aller au plus près des besoins des PME, qui comme chacun sait, sont d’abord et avant tout des grandes provinciales. Sur sa dotation de 20 milliards d’Euros, le FIS va consacrer 350 millions à cette nouvelle structure appelée FSI Région. Comme prévu, il y va en compagnie d’OSEO et s’appuiera sur le réseau régional de CDC PME, qui apporteront tous les deux leur expertise en matière de PME ; Cette expertise ne sera pas de trop, en effet. Depuis sa création en 2008, le FSI s’est beaucoup manifesté par ses interventions financières au bénéfice de grands groupes délaissant un peu les PME., sauf dans quelques secteurs ciblés (numérique notamment). L’annonce concomitante de la création de trois nouveaux fonds sectoriel n’indique pas que l’orientation en faveur des PME soit réellement renforcée dans l’avenir puisque ces trois secteurs sont : l’aéronautique, l’équipement médical et le nucléaire, domaine par excellence des grands groupes industriels. Le financement des entreprises dans cette version, c’est un peu comme le pâté d’alouette, dans lequel les PME joueraient le rôle de l’alouette. Compte tenu des promesses entrevues il y a peu lors de l’annonce de cette mesure, on ne peut être que déçu.

http://dominiqueguizien.wordpress.com/2011/09/27/financer-les-pme-une-question-politique/

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La Newsletter est rédigée par le Comité de Rédaction de Démocratie et Entreprises

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