La qualité de la vie au travail est jugée plutôt bonne dans l’ensemble des salariés français


par Emile Domski

La CFDT a présenté début novembre les résultats de son premier baromètre annuel sur le travail. Il porte sur près de 13.000 salariés des entreprises et des administrations de tous sexes, âges, et catégories.

Les constatations sont dans l’ensemble positives, 70% des salariés estimant avoir les moyens de faire un travail de qualité, avec suffisamment d’autonomie et de responsabilités pour le réaliser. Ce constat est partagé par tous, hommes et femmes, toutes générations confondues.

Cette bonne appréciation d’ensemble est cependant à nuancer suivant les différents aspects de la qualité de vie et les catégories considérées. Ainsi sont jugées positivement la possibilité de s’exprimer sur son travail, l’écoute de l’encadrement et son support en cas de problème, l’association aux changements, les possibilités d’aménagement d’horaires et la conciliation entre temps de travail et vie personnelle. Néanmoins, dans ces traits positifs, les ouvriers et les fonctionnaires des catégories B et A sont nettement plus partagés que les employés, les cadres et les fonctionnaires de catégorie C.

Par contre, sont notées une certaine inquiétude quant à l’avenir, les difficultés à faire le même travail jusqu’à la retraite ( ?) et les compétences insuffisantes pour changer d’emploi, ceci étant plus accentué chez les ouvriers et les fonctionnaires de catégorie B.

Enfin, l’insatisfaction est plus générale qui concerne la reconnaissance de l’investissement dans le travail et la rémunération, à l’exception des cadres. Quant à ces derniers, il faut noter la particularité suivante : 80% des cadres estiment pouvoir réunir les collaborateurs pour les associer aux missions et aux changements, mais moins d’un tiers le font effectivement.

Ce baromètre est un des éléments du projet de la CFDT appelé « Agir sur le travail » qui articule réflexion et actions à travers des expérimentations sur le quotidien des salariés du privé et du public (cf. http://www.cfdt.fr). Nous saluons cette initiative et les résultats de cette étude appelée à être pérennisée sont significatifs.

La gauche française est marquée à la fois par le signe chrétien « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » qui définit le travail comme la punition du péché originel et la doxa marxiste qui lie le travail à l’aliénation.

Sans doute, certains licenciements boursiers, certaines délocalisations violentes, une vague de suicides dans telle entreprise ou tel service public, la persistance voire l’accroissement d’un chômage de masse, la lourdeur de la crise actuelle enfin, favorisent les clichés sur les « patrons-voyous », la pseudo-démocratie en entreprise ou autres slogans. Ce qui reste vrai dans le monde et la France d’aujourd’hui, c’est que le chômage et la faillite sont aliénants alors que le travail et l’entreprise sont source de développement et de création de richesse.

Appuyant ce projet de la CFDT, nous pensons que la régulation concrète (non pas dans les discours et conférences de presse) du capitalisme est indispensable et que le mouvement de démocratie participative dans l’entreprise et les services public doit être consolidé dans le droit positif, c’est-à-dire, dans les statuts et le mode de fonctionnement et de contrôle des entreprises.

 

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