SeaFrance : un cas emblématique


 par Marc Dupuis

Comme ce fut le cas des aciéries de Gandrange , l’affaire SeaFrance est en train de devenir emblématique. Et surtout elle est mise sur le devant de la scène de la présidentielle.

D’abord après le geste symbolique de Benoît Hamon, pour le PS, prenant une participation dans le projet de reprise coopérative puis, aujourd’hui, par la volte-face de Nicolas Sarkozy en faveur d’une reprise par les  salariés sous forme coopérative, alors que son ministre avait, dans un premier temps, rejeté cette solution comme illusoire.

Démocratie & Entreprises a largement défendu  la forme coopérative comme alternative au capital privé traditionnel. Cependant chacun flaire ici que le cas est plein d’embûches et de chausses-trappes… À commencer par la solution de réinvestissement des indemnités de licenciement versées aux salariés pour trouver les 50 millions d’euros nécessaires à une relance éventuelle de l’activité.

Rappelons que cette société filiale de la SNCF, a été mise en liquidation en 2011. Elle assure les liaisons transmanche par ferries entre Calais et Douvres. La compagnie emploie 800 personnes, dont 650 navigants français. C’est le premier employeur privé de la ville de Calais. La recherche d’un repreneur privé ( condition exigée par Bruxelles) a jusqu’alors échoué.

 Ce cas pose de nombreuses questions :

Deux rapports contradictoires ont été rédigés  par AT Kearney pour le compte de la direction et par Sécafi Alpha pour le compte du comité d’entreprise à majorité CFDT. Le détail de ces rapports ne nous est pas communiqué. Ce qu’on sait c’est que cette entreprise a fait faillite pour des raisons externes (diminution du trafic passagers, concurrence des compagnies low-cost),  et internes  (grève des cadres, mauvaise gestion des personnels,  des postes plus ou moins cooptés)…

Qu’en est-il de la viabilité de cette entreprise ?

Quelles sont les conditions de viabilité de l’entreprise ? Avec combien de postes ? Comment contourner les contraintes  européennes sur le financement public exclu ? La solution « coopérative » est-elle viable, dans quelles conditions ? Les salariés de l’entreprise peuvent -ils risquer leurs indemnités de licenciement sans garanties ? Serait-ce  cela, pour eux, le risque entrepreneurial qui serait demandé ?

Démocratie et Entreprises publiera une note détaillée sur ce sujet dans le prochain numéro de sa Newsletter.

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