Presse : « Il faut se désintoxiquer des agences de notation »


Perte du triple A de la France par Standard & Poor’s

Pour réagir à l’actualité, un article paru dans l’Expansion au lendemain de la perte du triple A des États-Unis :

« Il faut se désintoxiquer des agences de notation »

L’Expansion

Interview de  Gunther Capelle-Blancard, directeur-adjoint du CEPII par  Emilie Lévêque. – Publiée le 09/08/2011.

Les Etats sont responsables du rôle prépondérant, donc déstabilisateur, des agences de notation dans la finance mondiale, explique Gunther Capelle-Blancard, directeur-adjoint du CEPII. Selon lui, s’il n’est pas possible de s’en passer, il est nécessaire de réduire notre dépendance vis-à-vis d’elles.

Extraits :

La perte du triple A américain a quand même créé un regain de tension, faisant craindre un nouveau krach boursier…

Oui, c’est justement ce que l’on reproche aux agences de notations: d’être pro-cycliques, d’ajouter aux difficultés, de semer la panique plutôt que d’alerter en amont sur les difficultés d’un pays. Depuis 15 ans, les agences n’ont vu venir aucune crise: elles n’ont pas vu venir la faillite des Etats sud-américains dans les années 80, ni la crise des subprimes en 2008; elles n’ont pas non plus alerté avant 2009 sur l’état des finances publiques grecques. Elles ne sont donc pas crédibles.

Si leurs décisions sont si peu crédibles, pourquoi ont-elles tant d’influence sur la finance mondiale?

Ce sont les régulateurs et les législateurs qui ont donné du pouvoir aux agences. Lorsque que les trois grandes agences ont été créées, au début du siècle dernier [Moody’s en 1909, Fitch en 1913 et Standard & Poor’s en 1941, ndlr], c’étaient de simple agences d’informations financières. Puis elles ont commencé à attribuer des notes. Avec succès. Mais c’est dans les années 1970 que leur rôle s’est affirmé, quand la réglementation financière s’est emparée d’elles, en faisant des notes distribuées par les agences des références. Par exemple, la législation américaine exige que certains investisseurs institutionnels, comme les sociétés d’assurance, n’achètent que des titres bien notés par des agences de notation agréées, dont font bien sûr partie S&P, Fitch et Moody’s. L’apogée de ce statut d’oracle, c’est Bâle II. Depuis 2004, la réglementation bancaire internationale contraint les banques à détenir un ratio de fonds propres proportionnel au nombre de titres qu’elles détiennent considérés comme risqués par les agences de notation. Ces règles prudentielles ont de facto confié aux agences de notation un statut d’évaluateur tout puissant… Lire la suite…

Rappel : S&P a décidé de retirer le triple A de la France, mais Moody’s avait annoncé, de son côté, il y a une semaine, qu’elle ne comptait pas rétrograder sa note.

Lien du CEPII ici.

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