Un contrat avec les entreprises : créer le cadre d’une nouvelle croissance

par Emile Domski et Marc Dupuis

Les 60 engagements du programme de François Hollande supposent qu’un contrat soit passé entre les entreprises, l’Etat et les régions, afin de créer le cadre d’une nouvelle croissance dans notre pays. Ce contrat vise à débloquer les freins qui pèsent sur le développement d’un tissu industriel compétitif en Europe et dans le monde. Après avoir identifié ces freins nous proposons de donner un contenu à un tel contrat à partir de trois axes prioritaires : le lancement d’entreprises viables et porteuses d’avenir, le développement d’un tissu de PME et ETI exportatrices, la démocratisation des grandes entreprises.

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Quelques réflexions sur la Balance commerciale 2011

Les chiffres du commerce extérieur pour 2011 affichent un déficit record qui dénote plus des choix ou des non-choix économiques et industriels que les effets de la crise financière.

On peut constater  que :

–          La désindustrialisation se traduit ici encore, quand sur un déficit de plus de 69 milliards, plus de 42 (plus de 60%) proviennent du solde des industries manufacturières (en 2004, les chiffres étaient respectivement de 6 milliards de déficit global et de plus de 3 milliards d’excédent !)

–          Le renchérissement de la facture énergétique (dû aux cours du pétrole) pose une interrogation sur le retrait prématuré de la filière nucléaire (les manœuvres de rétorsion vis-à-vis de l’Iran ne militeront pas en faveur d’une accalmie des cours du pétrole).

–          Les économies d’énergie sont surement un vecteur plus opérationnel, mais qui a entendu parler d’une politique cohérente à ce sujet depuis Raymond Barre ?

–          Les ventes d’Airbus, c’est bien, mais cela entraîne des importations importantes vis-à-vis de l’Allemagne, de même que le soutien aux investissements favorise leur secteur de la machine-outil ou encore que la prime à la casse se fait au bénéfice des moyennes gammes allemandes et espagnoles bénéficiant d’une politique commerciale plus agressive

–          Nos secteurs champions restent l’agriculture, les industries agro-alimentaires et le luxe, malgré un bon score de la chimie, notre industrie pharmaceutique baisse ses performances : il y a là nécessité de développement et de soutien des filières alimentation-santé-bien-être qui bénéficieraient autant au marché intérieur qu’à l’exportation.

Télécharger le fichier PDF « Balance commercilale 2011″ ici.

 

 

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L’autre finance existe… je l’ai rencontrée !

par Christian Sautter

L’autre finance existe… et je l’ai rencontrée ! Cela n’a rien d’une découverte : des milliers d’entrepreneurs, des dizaines de milliers d’épargnants en font déjà un bon usage. Ses ondées bienfaisantes ne font certes pas l’actualité comme les « tsunami » de la finance spéculative, mais elle grandit discrètement et rapidement.

Et elle innove loin des cieux parisiens. Je me souviens de l’atelier passionnant qui lui était consacré au cours des États généraux de l’Économie Sociale et Solidaire en juin 2011. Les « cahiers d’espérance », magnifique initiative du Labo, avaient mis au jour des pratiques aussi joyeuses que clandestines dans l’univers toujours opaque et souvent inquiétant de la finance traditionnelle. Donnons quelques exemples, que les lecteurs de cette page vont, je l’espère, démultiplier.

L’épargne solidaire s’investit totalement ou partiellement dans des projets solidaires. Les salariés, les familles peuvent consacrer une fraction de leur épargne (il faut bien songer aux temps plus ou moins lointains de la retraite !) à épauler des entreprises d’insertion, des associations , des coopératives ou des entrepreneurs individuels : ces partenaires disposent ainsi de fonds pendant plusieurs années, à un coût faible, pour acheter le véhicule, les outillages, les bâtiments de leur nouvelle entreprise. Les réseaux d’épargne solidaire sont multiples : Cigales, Garrigue, La Nef et évidemment les Fonds communs de placement Insertion-emploi qui permettent à France Active de financer près de 800 entreprises solidaires chaque année.

Les « cahiers d’espérance » ont bien montré l’aspiration aux circuits courts : l’épargne solidaire est collectée localement pour financer des projets locaux connus, de l’autre côté de la route. Pour éviter de prendre trop de risques, des dispositifs régionaux ou nationaux de garantie jouent tranquillement. La finance devient alors un vrai lien social, une relation humaine entre des épargnants de bonne volonté et des entrepreneurs de bonne qualité. Des expériences existent aux quatre coins de notre pays, et aussi dans d’autres pays européens, sans oublier l’admirable Québec. Le Labo a pour passion de les faire connaître, de les diffuser, de les multiplier.

Dans notre monde où les capitaux volent au-dessus de nos têtes à des vitesses prodigieuses, en masses quasiment infinies, il est temps de revenir à une économie à taille et à vitesse humaines. Déjà, une vingtaine de « pôles territoriaux de développement économique », tels que celui de Romans, atteignent une taille critique qui permet à la croissance de s’entretenir elle-même. Ces « pôles » d’économie solidaire crèvent la chape d’indifférence des médias à tout ce qui n’est pas l’économie libérale classique. Ils sont les phalanstères du XXIe siècle.

De même que les syndicats, les coopératives, les mutuelles sont nées au XIXe siècle en contrepoids d’un capitalisme qui abusait de son pouvoir industriel, de même les entreprises sociales ou solidaires qui se multiplient aujourd’hui sont un antidote à un capitalisme financier qui a perdu la tête.

Ces jeunes pousses dissimulées sous les feuilles mortes de la tradition vont, en quelques décennies, devenir vigoureuses et redonner au monde économique les valeurs de justice, de démocratie, de solidarité, d’innovation qui lui font si cruellement défaut. Cette renaissance ne viendra pas d’en haut mais de mille actions minuscules qui jailliront des profondeurs des territoires qui constituent notre pays, notre Europe. Ces jeunes pousses, aidez-les à les faire grandir, à les faire connaître.

L’autre finance existe, vous pouvez l’encourager.

TVA sociale, Total, France Télévisions, etc : revue de presse

TVA Sociale 

Les vrais gagnants de la TVA sociale

L’Expansion

Extrait :

« Le rapport de Gilles Carrez sur le collectif budgétaire estime que la mesure ne concernerait qu’à 25% l’industrie (3,3 milliards d’euros de baisses de charges). Le gouvernement, qui présente la TVA sociale comme une mesure pour la compétitivité des entreprises, assure, lui, que les allègements de cotisations sociales patronales ciblent « 80% des effectifs de l’industrie ». « L’industrie en bénéficiera relativement peu », contredit le rapporteur général du budget à l’Assemblée. A l’appui de sa démonstration, le rapporteur général du Budget a précisé que sur les 13,2 milliards d’euros d’exonérations de cotisations prévus par le dispositif »… Lire l’article

La «TVA sociale» au menu de l’Assemblée nationale

Libération

Extrait :

« Le Parlement doit remettre sur le métier le budget 2012 à peine adopté. Il devra débattre tambour battant de ce projet de loi de finances rectificative: le vote définitif est prévu le 29 février, à quelques jours de la fin des travaux parlementaires, rallongés pour l’occasion jusqu’au 9 mars. Une telle précipitation traduit la volonté de Nicolas Sarkozy de présenter in extremis une réforme emblématique censée stimuler la compétitivité de la France, à la veille d’une présidentielle où sa déclaration de candidature est donnée comme imminente.

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Total

Profits record pour Total en 2011

BFM radio

Extrait :

« Une polémique mémorable. En 2011, Total, dont les profits au titre de 2010 s’élevaient à 10 milliards d’euros, n’avait payé aucun impôt sur les sociétés. Cette année, le groupe va s’y soumettre et le crie sur les toits. Le groupe pétrolier français a publié pour 2011 ses meilleurs résultats depuis ceux, record, de 2008 à 12 milliards d’euros de bénéfices. Il a largement profité de la hausse des cours du pétrole, qui ont compensé une légère baisse de la production. » Lire l’article

France Télévisions et la Cour des Comptes

La cour des comptes donne une mention « passable » à France Télévisions

La Tribune

Extrait

(…) « Un grand nombre de points restent à régler. Ainsi, les systèmes d’information ne sont toujours pas unifiés. Ils le seront au mieux en 2013. Les négociations sur les accords sociaux, qui devait aboutir à un accord unique d’entreprise, ne sont toujours pas terminés. Si un accord sur le statut des journalistes a été signé par trois syndicats sur quatre (hors CGT) en septembre dernier, la direction doit maintenant trouver un terrain d’entente sur le personnel technique et administratif, dont les conditions de travail différent beaucoup entre France 2 et France 3 notamment. La direction de France Télévisions espère conclure en fin d’année. Le groupe public n’a pas non plus réduit suffisamment réduit ses effectifs. L’objectif initial était de 900 départs volontaires à la retraite fin 2012, rappelle la Cour. Mais à cette date, seuls 520 salariés auront quitté l’entreprise. » Lire l’article

Vous avez entendu parlé de dossiers secrets ? Steve Jobs en avait un aussi.

« You’ve heard about things going on your permanent record? Steve Jobs had one, too ».

L’information a été reprise par plusieurs médias : le dossier de Steve Jobs par le FBI vient d’être dévoilé. Ici, nous reprenons des extraits d’un article publié dans le Blog Big Browser qui propose chaque jour une revue de web.

Extraits :

Un dossier secret rédigé en 1991 par des agents du FBI sur le fondateur d’Apple, alors qu’il était pressenti pour un poste « sensible » de conseiller auprès du président George Bush senior, a été dévoilé jeudi par la police fédérale américaine.

(…) A l’époque, Steve Jobs était pressenti pour rejoindre un conseil influençant la politique américaine en matière de commerce international, basé à la Maison Blanche. Le FBI avait réalisé une revue de son parcours professionnel et de sa personnalité, interrogeant ses relations d’affaires et ses proches.

(…) Ces propos rejoignent en partie le portrait dressé par Water Isaacson dans sa biographie récente de Steve Jobs, rappelle le Guardian. Le journaliste affirme qu’un puissant « ‘champ de distorsion de la réalité’ pouvait émaner de Jobs, lui permettant de croire que tout ce qu’il disait était vrai, et d’en convaincre les autres ». Chez le fondateur d’Apple, fasciné par la méditation bouddhiste depuis les années 1970, « La pratique du zen n’est pas allée de pair avec un apaisement de l’esprit ou des relations sociales, » écrivait Isaacson.

(…) Steve Jobs, qui était indisponible « pendant trois semaines » pour répondre aux questions du FBI, travaillait alors dans sa société Next Computing, après avoir été évincé d’Apple en 1985 – il n’y reviendrait qu’en 1997.

Lire l’article.

L’article du Wall Street Journal est à lire ici.

Le Labo de l’économie sociale et solidaire

Le site rajeuni du labo de l’ESS aborde sa quatrième semaine. 

Le Labo de l’économie sociale et solidaire (ESS) est un Think Tank qui s’est donné comme objectif de faire connaître et reconnaître l’économie sociale et solidaire, d’être un lieu d’échanges, de réflexions et d’actions pour une économie respectueuse de l’homme et de l’environnement.

Les crises que nous traversons rendent nécessaire et urgent de sortir d’un modèle dominé par le pouvoir financier pour donner toute sa place aux acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Christian Sautter

Le Labo résulte d’une démarche initiée en Janvier 2009, réflexion collective autour d’une centaine d’acteurs responsables dans les domaines variés de l’ESS, et qui s’est poursuivi à partir d’Octobre 2009 par un travail collaboratif en ligne, sur une plateforme ouverte et participative, afin de mobiliser les acteurs de l’ESS et ainsi instaurer un débat public.

Fruit de ces travaux de réflexion, le livre « Pour une autre économie – 60 propositions pour changer de cap » met l’innovation sociale et une approche territoriale au cœur du processus de régénération de l’économie sociale et solidaire. Il en fait l’un des leviers forts pour changer d’échelle et infléchir l’économie et la société dans son ensemble.

Par la suite, l’organisation des Etats généraux de l’ESS et la réalisation de 400 Cahiers d’espérances en faveur d’une autre économie ont constitué les projets clés du Labo de l’ESS pour 2011.

Retrouvez le site du labo ici.

Revue de web : Dickens et les économistes

Alternatives Économiques

Blog Économie Politique de Christian Chavagneux

rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques et rédacteur en chef de la revue L’Economie politique.

Rappel : 200 ans ans de  la naissance de Charles Dickens, né le 7 février 1812.

Extraits :

Né en février 1812, Charles Dickens est connu pour sa peinture sociale de l’Angleterre en pleine révolution industrielle. On le sait moins, il a également écrit un roman pour se moquer de la prétention des économistes de son époque à comprendre le monde…

Hard times (Temps difficiles), publié en 1854, décrit l’extrême difficulté de la vie ouvrière dans une cité minière anglaise. Il se moque également de ce discours libéral qui veut que tout homme s’il n’est pas un fainéant peut se retrouver un patron riche et prospère. Sans dévoiler la fin de l’histoire, le personnage qui porte ce discours se révèlera un fieffé menteur…

Mais Dickens règle également ses comptes avec les économistes dont deux idées le choquent particulièrement. Il réfute le postulat selon lequel la poursuite par chacun de son intérêt individuel amène forcément la prospérité générale. Il en donne même une illustration à la fin de l’histoire lorsqu’un personnage avance un raisonnement cynique et sans pitié au motif que cela sert son intérêt personnel dont la promotion est l’unique catéchisme. (…)

« Dans cette salle enchantée les questions sociales les plus compliquées étaient mises en chiffres, exactement totalisées, et définitivement réglées – ou l’eussent été si seulement ce résultat avait pu être porté à la connaissance des intéressés. Comme si un observatoire pouvait être construit sans fenêtres et comme si l’astronome pouvait, de l’intérieur, ordonner l’univers étoilé uniquement à l’aide de plumes, d’encre et de papier, ainsi M. Gradgrind, dans son observatoire – et il y en a beaucoup de semblables – n’avait pas besoin de jeter les yeux sur les fourmillantes myriades d’êtres humains qui l’entouraient, mais pouvait régler toutes leurs destinées sur une ardoise et effacer toutes leurs larmes avec un sale petit bout d’éponge. »

Lire l’article… sur le blog Économie Politique de Christian Chavagneux

Note D&E :

Cet extrait du roman de Dickens n’est pas sans rappeler un chapitre de « Paris au 20ème siècle » de Jules Vernes (1863). Et ce, malgré le fait que l’oeuvre de Dickens est un récit social et engagé, là où l’auteur français a écrit un roman d’anticipation (particulièrement visionnaire).

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