Grèce : des négociations à un point critique…

  • Grèce : des négociations dans une phase critique…

Par Marie Karel

À l’occasion des cérémonies, dimanche, de la commémoration de la résistance nationale à l’armée nazie en 1940, le président grec a exprimé le voeu que le redressement économique de son pays intervienne rapidement et souligné que le peuple grec a déjà « tout donné ».

Fallait-il y voir une référence aux discussions en cours actuellement à Athènes autour des mesures exigées par les experts de la « troïka » (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) contre le déblocage de la dernière tranche de prêt qui évitera à la Grèce la faillite ?

Après deux ans de mise en place de mesures d’austérité qui étouffent l’économie du pays ne laissant aucune chance à la reprise, et qui sont déjà très mal acceptées par la population, une série de « réformes » supplémentaire est sur la table : une nouvelle baisse du salaire minimum, la suppression de ce qui restait du 13ème mois, l’assouplissement des lois sur le licenciement, et le renvoi de plusieurs milliers de fonctionnaires (30 000 postes supprimés d’ici fin 2013). En Grèce, on prévoit des licenciements massifs touchant les salaires les plus élevés et l’on craint que toute une tranche d’âge de cadres de plus de 50 ans ne se trouve au chômage dans les mois qui viennent.

Face à ces exigences de la troïka visant l’emploi et le droit du travail, une fois de plus les responsables politiques grecs se trouvent divisés. Cette fois c’est la coalition gouvernementale qui est mise en péril : si les proches du Premier ministre Antonis Samaras se déclarent prêts à signer, leurs alliés du parti de centre gauche ont fait savoir leur désaccord et sont suivis par un certain nombre de socialistes de la coalition.

Au cours des négociations qui durent maintenant depuis trois semaines, divers projets et propositions ont défrayé la chronique athénienne: comme celui, démenti par le ministre des finances, de faire évacuer les îles grecques les moins peuplées pour économiser toutes sortes de frais ! Ou encore l’exigence de la Troïka de ne pas laisser les banques payer la contribution prévue et comptabilisée en raison d’un différend de considération technique… Finalement, un accord a été trouvé sur ce dernier point, permettant aux banques d’apporter leur contribution !

Des commentateurs regardent du côté des Etats-Unis en ce moment, évoquant l’impact possible de l’approche des élections américaines sur la date de la prise de décision concernant le dossier grec. Date qui, selon eux, ne devrait pas intervenir avant le 6 novembre.

Pendant ce temps, à New York, on prépare la 14e session du Forum annuel des Investisseurs organisée par Capital Links le 29 novembre prochain. Elle doit réunir des financiers, des grandes entreprises, des armateurs, des banques, des membres du gouvernement grec, autour du thème « Building a new Greece ». Et, bien entendu, on trouvera de la partie, encore et toujours… Goldman Sachs !

MK

  • La RSE au quotidien par Dominique Guizien

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Marie K.

La RSE au quotidien, par Dominique Guizien

 

Les consommateurs sont aussi des parties prenantes de l’entreprise
Contrairement à ce que semblent croire certaines entreprises, les consommateurs ne sont pas que de porte-monnaie qu’on peut vider à son gré. La folie qui a saisi le monde des téléphones portables illustre jusqu’à la caricature le modèle économique des grandes entreprises. A défaut d’être réellement innovantes, elles sauvent la progression de leur chiffre d’affaires en programmant l’obsolescence de leur produit quand ce n’est pas la durée de vie des produits elle-même qui est programmée

http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,pratiques_commerciales,produits,la_lutte_contre_obsolescence_programmee_enfin_lancee,138353.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok
La lutte contre l’obsolescence programmée enfin lancée
Voilà donc quelques idées pour faire reculer ces pratiques qui font autant mal à nos porte-monnaie qu’à la planète dont elles usent prématurément les ressources. Comme on ne peut pas mettre un représentant des associations de consommateur dans chaque conseil d’administration ou d’autres instances de gouvernance de ces groupes industriels, il sera nécessaire de mettre en oeuvre certaines de ces propositions, notamment la durée de vie minimale mais aussi pourquoi pas la création d’un label pour les entreprises qui accepteraient de soumettre tous leurs nouveaux produits à la démarche « analyse du cycle de vie du produit », analyse évidemment auditée.
Reste néanmoins ces questions de fond: quelle est donc la logique de ce système qui ne peut vivre et prospérer que sur de tels gâchis? Quelles sont ses chances de survie à terme?

Le changement des valeurs de l’entreprise passe nécessairement par les hommes
Le passage à une démarche plus responsable de l’entreprise vis à vis de toutes ses parties prenantes et vis à vis de son environnement suppose qu’elle révise assez fortement les valeurs qui la meuvent. Or ces valeurs sont portées avant tout par des hommes qui sont chargés de les appliquer et de les promouvoir au quotidien.

http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/quete-de-sens-au-travail-des-metiers-en-mutation_1165238.html
Quête de sens au travail: des métiers en mutation
L’intérêt des crises est qu’elles ouvrent des espaces de liberté à ceux qui veulent les occuper. C’est un peu ce que montre cet article dont il ressort qu’il s’agit cependant encore de notables exceptions. D’ailleurs, à part un, tous les autres cas décrits montrent des cadres plus en rupture qu’en immersion dans leur entreprise. Or, c’est l’imprégnation dans l’entreprise qui fait que celle-ci fait bouger son logiciel de développement. Il y a donc encore du chemin à parcourir avant que ceux qui sont en quête de sens au travail trouve pleinement leur place dans l’organisation où ils travaillent. Au-delà de l’organisation de l’entreprise, c’est peut-être le système économique qui empêche cet épanouissement qu’il convient d’interroger. Certes, il y a bien la voie de l’économie sociale ET solidaire mais marier les exceptions n’a jamais fait une généralisation.

Passer de la défiance à la confiance
Deux jeunes économistes, Yann Algan et Pierre Cahuc avaient fait sensation en publiant un petit essai à l’automne 2007, bourré de statistiques parlant de la France comme d’une « société de défiance » et mettant notamment de l’avant l’importance qu’avait la mauvaise qualité du dialogue social dans cette situation. C’est un peu ce que nous dit aussi Jean Peyrelevade dans cet article

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/24/un-nouveau-pacte-social-en-faveur-de-l-entreprise_1764598_3232.html
Un nouveau pacte social en faveur de l’entreprise
Le diagnostic est juste mais ni ce « grand banquier » ni « ces deux jeunes économistes » n’apportent de solution. Et le fokonyaka n’est en général pas d’une grande utilité. Pour que la confiance revienne, cela suppose que la transparence soit plus grande au sein de l’entreprise. Cela passe certainement par une participation des salariés aux décisions de l’entreprise, et non une vague information convenue lors de Comité d’Entreprises sous tension. Cela passe aussi par un plus grand respect des autres parties prenantes de l’entreprise , clients (voir ci-dessus le paragraphe sur l’obsolescence), fournisseurs considérés encore trop souvent comme de simples sous-traitants exécutants. Cela passe aussi par une attitude plus claire pour ce qui concerne le respect de l’environnement au sens large dans les process de production. Cela a un nom, cela s’appelle la RSE mais tant qu’elle sera utilisée pour peindre en vert les bilans, cela fera naître plus de défiance que de confiance. Message transmis, respectueusement à Mr Peyrelevade, mais aussi à Mr Lebèque président de l’ORSE (Observatoire de la RSE).

Dans responsabilité, il y a répondre
Dans la plupart des entreprises qui se sont dotées d’une charte de gouvernance, on a multiplié les règles de bonnes conduites à adopter pour que l’entreprise soit « fair », comme disent les anglophones. Mais un sujet est rarement traité, les sanctions, car justement, quand on est entre « gentlemen », on est par définition « fair ». Il n’empêche qu’un point devrait être évoqué dans ce cadre et il ne l’est jamais, la révocation des dirigeants qui ne « répondent » pas aux attentes.

 

http://www.novethic.fr/novethic/isr_investissement_socialement_responsable,exercice_du_droit_de_vote,gouvernance_revocation_ad_nutum_dispositif_juridique_encore_confidentiel,138255.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok
Gouvernance : la révocation « ad nutum », un dispositif encore confidentiel
Comme le montre fort bien cet article, à défaut d’avoir prévu que les responsables répondent réellement de leur action, les séparations se font souvent dans des conditions éthiquement peu glorieuses. Pourtant la loi le permet;
On est en droit de s’interroger sur l’efficacité d’un système incapable de sanctionner ses propres dysfonctionnements. Cela est peut-être dû à la trop grande proximité culturelle des différents protagonistes. C’est pourquoi la revendication d’un élargissement des instances de gouvernance aux autres parties prenantes est aussi une mesure de protection des sociétés commerciales telles qu’elles sont ACTUELLEMENT…

 

 

 

 

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