Quelques réflexions sur la Balance commerciale 2011

Les chiffres du commerce extérieur pour 2011 affichent un déficit record qui dénote plus des choix ou des non-choix économiques et industriels que les effets de la crise financière.

On peut constater  que :

–          La désindustrialisation se traduit ici encore, quand sur un déficit de plus de 69 milliards, plus de 42 (plus de 60%) proviennent du solde des industries manufacturières (en 2004, les chiffres étaient respectivement de 6 milliards de déficit global et de plus de 3 milliards d’excédent !)

–          Le renchérissement de la facture énergétique (dû aux cours du pétrole) pose une interrogation sur le retrait prématuré de la filière nucléaire (les manœuvres de rétorsion vis-à-vis de l’Iran ne militeront pas en faveur d’une accalmie des cours du pétrole).

–          Les économies d’énergie sont surement un vecteur plus opérationnel, mais qui a entendu parler d’une politique cohérente à ce sujet depuis Raymond Barre ?

–          Les ventes d’Airbus, c’est bien, mais cela entraîne des importations importantes vis-à-vis de l’Allemagne, de même que le soutien aux investissements favorise leur secteur de la machine-outil ou encore que la prime à la casse se fait au bénéfice des moyennes gammes allemandes et espagnoles bénéficiant d’une politique commerciale plus agressive

–          Nos secteurs champions restent l’agriculture, les industries agro-alimentaires et le luxe, malgré un bon score de la chimie, notre industrie pharmaceutique baisse ses performances : il y a là nécessité de développement et de soutien des filières alimentation-santé-bien-être qui bénéficieraient autant au marché intérieur qu’à l’exportation.

Télécharger le fichier PDF « Balance commercilale 2011″ ici.

 

 

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Revue de presse: Le Rafale pourrait devenir propriété technologique indienne

Arnaud Montebourg : « Le Rafale pourrait devenir la propriété technologique des Indiens »

L’Usine Nouvelle

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour et Thibaut De Jaegher

Lire l’article

Extraits :

Dans un entretien exclusif accordé à L’Usine Nouvelle, Arnaud Montebourg revient sur le contrat que Dassault pourrait signer avec l’Inde pour vendre le Rafale. Le député et président du conseil général de Saône-et-Loire, qui vient d’entamer un tour de France des usines au nom du candidat socialiste, François Hollande, dénonce ces contrats qui se font au prix de transferts de technologies massifs.

L’Usine Nouvelle – La semaine où la France vend peut-être pour la première fois le Rafale de Dassault à l’export, n’est-il pas délicat de tenir un discours sur la démondialisation ?

Arnaud Montebourg – Est-ce que vous avez essayé de raisonner à l’envers? Les Indiens eux-mêmes sont protectionnistes, beaucoup plus que nous. Il y a une intoxication générale à cause d’années de dogmatisme. Concernant le contrat, j’ai juste noté que nous allions construire 18 avions, et que tous les autres, ce serait du transfert de technologie pour que le Rafale soit la propriété technologique des Indiens. C’est bien la démonstration qu’il faut réindustrialiser notre pays au lieu de continuer à donner nos technologies à des pays, non pas émergents mais émergés, et leur permettre ainsi d’économiser 70 ans de recherche scientifique. Il y a une guerre économique mondiale et il faut se réarmer !

L’Usine Nouvelle – La semaine où la France vend peut-être pour la première fois le Rafale de Dassault à l’export, n’est-il pas délicat de tenir un discours sur la démondialisation ?

Arnaud Montebourg – Est-ce que vous avez essayé de raisonner à l’envers? Les Indiens eux-mêmes sont protectionnistes, beaucoup plus que nous. Il y a une intoxication générale à cause d’années de dogmatisme. Concernant le contrat, j’ai juste noté que nous allions construire 18 avions, et que tous les autres, ce serait du transfert de technologie pour que le Rafale soit la propriété technologique des Indiens. C’est bien la démonstration qu’il faut réindustrialiser notre pays au lieu de continuer à donner nos technologies à des pays, non pas émergents mais émergés, et leur permettre ainsi d’économiser 70 ans de recherche scientifique. Il y a une guerre économique mondiale et il faut se réarmer !

Mais si Dassault n’acceptait pas ces conditions, le Rafale ne serait pas vendu et c’est le Typhoon d’Eurofighter qui l’emporterait. Le marché est toujours pris par quelqu’un….

Je suis d’accord avec vous mais ce raisonnement, c’est ce qui a conduit à donner Airbus à la Chine. Dans cinq ans, on ne vendra plus d’Airbus puisque les Chinois le feront eux-mêmes. Et donc on licenciera chez EADS dans dix ans, parce que les Chinois les vendront beaucoup moins chers !

Vous croyez que ce contrat va faire émerger un “Dassault” indien ?

Inévitablement ! Je comprends les Indiens. Mais si on les comprend, il faut que les Indiens nous comprennent également. Nous avons nous aussi besoin de nous réindustrialiser. Le textile doit revenir en Europe, la métallurgie ne doit plus partir en Inde même si elle est contrôlée par la famille Mittal.

(…)

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