L’efficacité de l’interdiction des ventes à découvert largement décriée par la Finance

Par Olivier Pinaud (Agefi)

Alors qu’elle a rouvert le dispostif la semaine dernière, l’AMF reconnaissait en 2009 que les gênes induites contrebalancent les effets positifs.

A en croire la nouvelle hausse des actions bancaires un peu partout en Europe vendredi, 5,65% pour la Société Générale par exemple, l’interdiction pour 15 jours des ventes à découvert dans quatre pays (France, Italie, Espagne et Belgique) a contribué à faire retomber la pression sur le secteur. En raison du risque juridique qu’elle fait courir, l’interdiction peut en effet avoir un effet paralysant sur les actionnaires qui louent leurs actions aux vendeurs à découvert. Ces derniers se retrouvent donc à court de munition, et réduisent automatiquement leur activité.

Mais l’effet positif peut-il durer? Les expériences récentes ont montré l’efficacité toute relative d’une telle mesure. Dans un rapport commandé en 2009 au lendemain des interdictions adoptées lors de la crise provoquée par la faillite de Lehman Brothers, l’Autorité des marchés financiers reconnaît que les études menées par son service de surveillance «ont montré un impact assez réduit des mesures exceptionnelles prises. Une comparaison des principales variables 5 jours avant la décision, et 5 jours après, montre peu d’écarts significatifs». En 2008, lors de l’interdiction des ventes à découvert à Londres après la faillite de Lehman Brothers, les valeurs bancaires avaient chuté de 41% en quatre mois, quasiment trois fois plus que le FTSE 100, l’indice de la Bourse de Londres. Lire la suite

Bercy et l’AMF se montrent sévères sur le trading à haute fréquence

Par Bruno de Roulhac (Agefi)

Levée de bouclier contre le trading à haute fréquence. Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la spéculation, la ministre de l’Economie n’a pas hésité à se prononcer jusqu’à une interdiction si nécessaire. «Ma tendance naturelle serait au moins de les règlementer, de les encadrer très strictement, et après analyse des avantages-coûts de ces méthodes, éventuellement de les interdire, en tous cas de donner la capacité à l’Autorité des marchés de pouvoir les interdire en cas de circonstances considérées comme exceptionnelles, néfastes», a déclaré Christine Lagarde.

Des propos appuyés peu après par le régulateur lors de la 7e édition des Entretiens de l’ AMF. Ces techniques «compliquent la détection des manipulations de cours, tout en perturbant les investisseurs qui n’arrivent plus à lire le marché. Elles engendrent aussi des risques opérationnels», a expliqué Jean-Pierre Jouyet rappelant que le trading à haute fréquence représente environ 35% de l’activité totale en Europe et pourrait atteindre 60%, comme aux Etats-Unis, d’ici à 2012. «Si nous ne voulons pas nous donner les moyens humains, financiers ou techniques, alors je plaide pour que l’on bride ces activités», a ajouté le président de l’ AMF. Lire la suite

La loi de régulation bancaire et financière :Un pétard mouillé ou un écran de fumée ?

Par Dominique Guizien (D&E)

1ère Partie

La loi de régulation bancaire et financière a été promulguée le 20 octobre et publiée au J.O. le 23 octobre 2010. Elle fait 40 pages et comporte 92 articles On comprendra que cela rebute le commun des mortels et pourtant puisqu’il s’agissait, parait-il de l’arme fatale contre toute nouvelle crise financière, il faut bien la présenter. Donc on fera simple en essayant de ne pas faire simplificateur.

Cette loi se présente en deux parties :

I. Renforcer la supervision des acteurs et des marchés financiers

II. Soutenir le financement de l’économie pour accompagner la reprise

La première partie fait nettement référence aux défauts de contrôle des pouvoirs publics sur les marchés et se veut donc une réponse aux failles les plus criantes constatées dans le système de régulation financière de l’Etat en même temps qu’une moralisation des mœurs bancaires.

La deuxième partie et plus conjoncturelle et tend à démontrer que le système financier ainsi remis d’aplomb est maintenant en ordre de bataille pour assumer sa mission première soutenir le financement de l’économie et ainsi accompagner la reprise qui pointe à l’horizon (mais tout le monde connaît la caractéristique principale de l’horizon)

L’analyse détaillée des 40 pages se trouve ci-après mais disons déjà que ce texte n’atteint pas les objectifs visés, par manque d’ambition, par manque de courage et par manque de moyens. Lire la suite

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