Dernière minute : La Fnac va supprimer 310 postes en France

Reuters

PARIS (Reuters) – Le groupe de luxe et de distribution PPR a annoncé vendredi un plan d’économie de 80 millions d’euros à la Fnac, qui se traduira notamment par la suppression de 310 postes en France, un gel des recrutements à l’étranger et « une politique de modération salariale ».

« L’aggravation de la crise économique ces six derniers mois s’est traduite par une forte diminution de la consommation des ménages qui affecte les marchés de la Fnac dans l’ensemble des pays où elle est implantée », a expliqué PPR dans un communiqué.

Le groupe indique que le chiffre d’affaires de l’enseigne a baissé de 3,2% en 2011 et son résultat opérationnel courant de moitié.

PPR justifie son plan d’économie par le fait que « rien ne laisse entrevoir une amélioration de la conjoncture dans les prochains mois ».

PPR souhaite vendre la Fnac, mais la fragilité du marché du disque et du multimédia en général complique ce projet.

 

Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot

 

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Les mesures du plan d’équilibre des finances publiques

(Communiqué du Gouvernement)

Au total, c’est un effort supplémentaire de 17,4 milliards d’euros dont 7 milliards d’euros dès 2012 qui sera mis en œuvre. Ce plan se propose  d’éviter près de 65 milliards d’euros de dette d’ici 2016 (?).

Le Gouvernement accélère les réformes en cours

  • 0,5 milliard d’euros supplémentaires seront économisés en 2012 sur le Budget de l’Etat, ce qui porte l’effort à 1,5 milliard d’économies supplémentaires par rapport au projet de loi de finances initial. Cet effort sera poursuivi : à partir de 2013, les dépenses de l’Etat diminueront en valeur d’un milliard d’euros par an.

  • 0,7 milliard d’euros supplémentaires seront également économisés en 2012 au titre de la maîtrise des dépenses de Sécurité Sociale. La progression de l’ONDAM 2012, initialement fixée à 2,8 % dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2012, sera ramenée à 2,5%, ce qui représente 500 millions d’euros d’économies supplémentaires. Cet effort sera poursuivi jusqu’en 2016. Par ailleurs, un effort d’économies supplémentaire de 120 millions d’euros sur les dépenses de gestion des caisses de Sécurité Sociale et de 100 millions d’euros sur les fonds de la protection sociale sera réalisé en 2012. Lire la suite

La dégradation des banques françaises par Moody’s s’inscrit dans la logique

Par Antoine Landrot (Agefi)

L’agence ne ferait que s’aligner sur S&P et Fitch, qui attribuent déjà des notes inférieures d’un ou deux crans.

L’éventualité d’une dégradation des notes des banques françaises par Moody’s cette semaine a provoqué beaucoup d’agitation. Elle ne serait pourtant pas surprenante.

L’agence de notation ne ferait qu’emboîter le pas de ses concurrentes S&P et Fitch. Les notes que ces dernières ont attribuées au Crédit Agricole, à la Société Générale et à BNP Paribas sont en effet inférieures d’un ou deux crans à celle de Moody’s. Tout en restant dans la catégorie «investment grade».

En outre, les trois établissements français avaient été placés sous surveillance négative le 15 juin dernier par Moody’s: la période de réflexion avant toute prise de décision arrive à son terme. Pour un banquier de la place, cette mise sous surveillance par Moody’s découle «des déclarations des gouvernements européens qui, prenant conscience de l’aléa moral de leur position, avaient déclaré avant l’été que le soutien systématique des établissements de crédit était révolu. L’agence prend au pied de la lettre ces déclarations publiques. Mais il est évident qu’un Etat ne laissera pas son système bancaire s’écrouler sans intervenir !». Lire la suite

Crise économique : les PME sont encore dedans

Par Julien VANDERFEER

Près de deux entreprises sur trois ressentent une baisse de leur chiffre d’affaires en mars 2010. Parallèlement, 68 % d’entre elles déclarent avoir au moins un besoin de financement. C’est ce qu’indique le cinquième baromètre KPMG/CGPME.

La crise économique est derrière nous ? Pas pour les PME, en tout cas. De fait, 62 % des PME françaises ressentent une baisse de leur chiffre d’affaires en mars 2010, soit 4 points de plus qu’en janvier. C’est ce qu’il ressort de la cinquième édition du baromètre KPMG/CGPME* réalisé par l’Ifop et publié mardi 13 avril.

Des difficultés qui se reflètent au niveau du moral des dirigeants. Ils sont 80 % à se déclarer inquiets pour l’économie française, contre 72 % trois mois plus tôt. À titre de comparaison, en février 2009, en pleine crise économique, ils étaient 87 % à se dire pessimiste. 

Les besoins de financement explosent
Dans ce contexte, 68 % (+8 points) des PME déclarent avoir au moins un besoin de financement. C’est le niveau le plus haut depuis la création du baromètre il y a un an. « Les besoins liés à des financements de trésorerie et d’exploitation ont particulièrement augmenté et concernent désormais 40 % des PME (contre 32 % il y a trois mois) », indique l’Ifop.

Parallèlement, 44% des dirigeants avouent se retreindre dans leurs investissements et leurs demandes auprès des banques. Cette autocensure est plus fortement ressentie dans les entreprises de 20 à 49 salariés (51%). 

Les banques de plus en plus exigeantes sur l’accès au crédit…
Plus des trois-quarts des PME déclarent être confrontées à au moins une mesure de durcissement d’accès au crédit de la part de leur banque. Un niveau stable depuis six mois, mais en hausse de 17 points en un an.

Ainsi, une PME sur deux doit présenter des cofinancements ou des cautions ; 46 % (+ 4 points) des entreprises obtiennent des crédits à des taux ou des frais élevés, ou pour des montants plus faibles que souhaités ; 42 % (+ 4 points) doivent fournir des garanties supplémentaires. Enfin, les délais d’acceptation tendent à s’allonger pour 33 % des PME (contre 30 % en janvier). 

…ce qui impacte leurs relations avec les PME
Conséquence de ce durcissement ? Les dirigeants sont de moins en moins satisfaits de leur relation avec leur banque (-5 points depuis janvier 2010). 85 % des chefs d’entreprise se déclarent toutefois encore satisfaits.

Logiquement, les PME sont désormais 59 % à envisager d’examiner les conditions des banques concurrentes (contre 49 % il y a un an). 58 % souhaitent demander plus d’informations à leur banque et près de la moitié (48 %, -2 points) pourraient réexaminer leurs placements, trésorerie ou lignes de crédit.

Enfin, plus d’un dirigeant sur deux (51 %, +2 points) se dit prêt à recourir au médiateur du crédit ou à un tiers de confiance en cas de litige ou de problème de financement.

 

* Pour la cinquième édition de ce baromètre, l’Ifop a interrogé en mars 2010, à la demande de KPMG et de la CGPME, plus de 400 dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés sur leur financement et leur accès au crédit.

Les statistiques douteuses de la Chine masquent la crise économique

Par John Chan

Des doutes ont été émis sur les statistiques économiques chinoises affichant des taux de croissance en hausse. Les évaluations du produit intérieur brut (PIB) effectuées le 1er août par 31 gouvernements provinciaux et municipaux s’élevaient à 15,38 billions de yuan sur la première moitié de cette année, un chiffre nettement supérieur au chiffre de 13,99 billions de yuan publié par le Bureau national des statistiques de Chine (NBS).

Les gouvernements locaux subissent la pression de Beijing pour maintenir cette année la croissance du PIB à plus de 8 pour cent même si leurs économies continuent d’être maltraitées par la crise financière mondiale. En conséquence, de nombreux dirigeants de partis ont tout simplement décidé de fournir des statistiques fausses pour impressionner leurs supérieurs, et ce, jusqu’au secrétaire général du Comité central, Hu Jintao, au plus haut niveau de l’échelle. Vu l’importance grandissante de la Chine pour l’économie mondiale, ces données font l’objet d’un examen minutieux en Chine et internationalement.

Les incohérences des statistiques sur le PIB soulèvent des questions quant à l’ampleur des manipulations auxquelles s’est livré le régime chinois pour dissimuler la situation réelle de l’économie. Le Financial Times avait prévenu qu’ : « alors que le reste du monde considère la Chine comme un phare en matière d’expansion, cet écart est un rappel de ce que les statistiques n’y sont souvent pas fiables pour être régulièrement manipulées par les mandataires à des fins personnelles et politiques. »

Le mois dernier, Derek Scissors, un économiste du centre de réflexion conservateur Heritage Foundation, avait suscité une polémique en critiquant le NBS. « Malgré des moyens fortement limités et une économie dynamique complexe, il n’aura fallu au Bureau national des statistiques que 15 jours pour se faire une idée du progrès économique réalisé par 1,3 milliard de personnes [au premier trimestre] », avait-il écrit. « Dans le meilleur des cas, les activités antérieures sont évaluées. Au pire, les résultats sont fabriqués dans le but de plaire au Parti communiste. » Le NBS a répondu en publiant un long commentaire dans China Daily, pour rejeter les arguments de Scissors comme « faux » vu que le bureau employait 100 000 statisticiens.

Le secrétaire du comité du Parti communiste de la province du Guangdong, Wang Yang, avait dernièrement critiqué les homologues des autres provinces pour s’être livrés à une course en vue de produire de forts taux de croissance et de bonnes statistiques. Il avait signalé la manière absurde avec laquelle des mesures de relance liées à l’infrastructure gonflaient les chiffres du PIB. « Par exemple, la construction d’un pont augmente le PIB ; sa démolition y contribue aussi : reconstruire ensuite le pont signifie encore du PIB. Un seul pont a contribué trois fois au PIB, en gaspillant une grande quantité de ressources sociales tout en ne produisant qu’une seule fois vraiment de la richesse sociale. »

Et pourtant, dans la province du Guangdong fortement tributaire des exportations, le chiffre de 7,1 pour cent du PIB, pour la première moitié de cette année, est tout aussi douteux que la moyenne nationale. L’un de ses principaux centres industriels, la ville de Gongguan, avait enregistré un taux de croissance d’à peine 0,6 pour cent pour la première moitié de l’année, un chiffre largement en-dessous de l’objectif de croissance officiel de 10 pour cent. Durant la même période, la ville qui compte dix millions d’habitants a vu sa main-d’oeuvre baisser de 10 pour cent en raison d’un déclin de 24 pour cent des exportations.

Au deuxième trimestre, le taux de croissance officiel du PIB chinois était de 7,9 pour cent par rapport à l’année précédente, où il se situait à 6,1 pour cent au premier trimestre. La production industrielle avait progressé de 7 pour cent sur la première moitié de l’année, malgré une chute dans les secteurs clé, y compris les exportations de 21,8 pour cent et la production d’électricité de 2,24 pour cent.

En essayant d’expliquer les anomalies dans la production d’électricité, le NBS a affirmé que la baisse de la consommation d’électricité était due au ralentissement des industries intensives en énergie, en acier, en métaux non ferreux et en produits chimiques, alors que la croissance industrielle a eu lieu dans les industries moins intensives en énergie.

Cette argumentation n’est toutefois pas convaincante. En mai, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait mis en doute le taux de croissance de 6,1 pour cent du PIB au premier trimestre en remarquant qu’il y avait eu un recul de 3,5 pour cent de la demande de pétrole.

La « reprise » de la Chine est activée par un vaste plan de sauvetage, à savoir un flot de crédits bancaires qui a atteint un chiffre record de 7,1 billions de yuan (1,1 billion de dollars américains) sur la première moitié de l’année. Une part considérable de ces crédits n’a pas été investie dans la production, mais a servi à spéculer sur les actions en bourse et sur le marché de l’immobilier. La bourse de Shanghai s’est déjà envolée de près 90 pour cent cette année alors que le volume des ventes immobilières de janvier à juin a grimpé de 31,7 pour cent par rapport à la même période l’année dernière.

Il est significatif de noter que les entreprises du textile, du médicament et des appareils ménagers spéculent de plus en plus sur le marché de l’immobilier pour compenser la faible rentabilité et le déclin de profitabilité de la production industrielle. Vu que les investisseurs immobiliers chinois dépendent pour 50 pour cent de crédits bancaires, bien plus que la moyenne internationale, les experts économiques et les politiciens sont profondément préoccupés par la perspective d’une crise bancaire. D’après la banque centrale chinoise, pour ce qui est des nouveaux crédits bancaires contractés durant la première moitié de 2009, 538,1 milliards de yuan (78,7 milliards de dollars) ont été consacrés à l’immobilier. Un montant identique a atterri en bourse.

Dans un article paru le 5 août dans le magazine Caijing, Andy Xie, un éminent économiste chinois a estimé que les marchés boursier et immobilier étaient surévalués de l’ordre de 50 à 100 pour cent et ressemblaient à « un schéma de Ponzi » [escroquerie de type pyramidal]. Il a comparé la bulle d’actifs de la Chine à celle de Hong Kong en 1997 au moment de la crise financière asiatique.

Le Bureau national des statistiques de Chine est confronté à de plus en plus de critiques concernant ses données sur le chômage et les salaires. Le journal officiel Global Times a rapporté que l’opinion publique avait réagi par « des railleries et du sarcasme » à la publication des chiffres du NBS indiquant que le salaire urbain moyen avait augmenté de 13 pour cent durant la première moitié de l’année pour passer à 2,142 dollars américains. Le journal avait cité une enquête en ligne montrant que 88 pour cent des personnes interrogées mettaient en doute la validité des statistiques. Le sentiment des gens ordinaires était tout autre, les salaires sont réduits et les niveaux de vie sont en baisse. Un article paru dans le China Daily avait fait état d’un autre sondage qui avait trouvé que 91 pour cent des répondants étaient sceptiques face aux données officielles, contre 79 pour cent en 2007.

Le directeur du NBS, Ma Jiantang, avait tenu la semaine passée une conférence de presse pour appeler le personnel à restaurer la crédibilité des statistiques officielles. Il a souligné l’importante disponibilité de données en ligne et le fait que la population était à présent plus consciente de ses droits démocratiques. « La manière avec laquelle nous allons réagir aux défis de l’internet et de la mondialisation sera un test pour nous tous », a déclaré Ma.

Un scandale national provoqué par le trucage des statistiques de l’emploi de jeunes diplômés universitaires avait été dévoilé le mois dernier sur internet. Dans le but d’afficher un taux d’emploi élevé de leurs diplômés, un nombre d’universités avaient obligé les étudiants à apporter la « preuve » d’un emploi avant de pouvoir quitter le campus. Certains étudiants qui avaient signé des contrats avec des entreprises fictives furent recensés comme actif ayant un emploi.

Le ministère des Ressources humaines et de la Protection sociale a affirmé que le scandale n’impliquait qu’un faible nombre d’étudiants et de campus et que 68 pour cent des diplômés universitaires avaient trouvé un emploi. Toutefois, en juillet le journal officiel Beijing Youth Daily avait remarqué que même si les statistiques officielles étaient exactes, le nombre des diplômés au chômage cette année et l’année dernière s’élevait à près de trois millions. « Etant donné que le ministère du Travail et de la Sécurité sociale n’a pas fourni des éléments statistiques précis pour étayer [ses arguments], les doutes restent difficiles à dissiper dans l’esprit des gens. »

Les données concernant les travailleurs migrants ruraux sans emploi ont également été mis en doute. Le Wall Street Journal a rapporté que le vice-directeur pour l’emploi du ministère des Ressources humaines, Wang Yadong, avait récemment déclaré que moins de 3 pour cent des travailleurs migrants ruraux n’avaient pas pu trouver d’emploi après leur retour en ville. « Il a refusé de donner des chiffres précis et n’a pas expliqué comment les évaluations avaient été faites. Le rapport de M. Wang est la première mise à jour depuis le mois de février de la situation de l’emploi des migrants », a précisé le Journal.

On a estimé en janvier qu’entre 18 et 23 millions de travailleurs migrants avaient perdu leur emploi en raison de la crise financière mondiale. Wang a affirmé que l’amélioration sur le marché du travail était le résultat de l’énorme plan de sauvetage mis en place par le gouvernement tout en admettant que « la situation de l’emploi restait très sérieuse en Chine » parce que de nombreuses entreprises connaissaient encore de grandes difficultés. « Il se peut que cette année, les nouveaux emplois pour les migrants ne soient pas aussi bien que ceux qu’ils avaient eu avant. Certains scientifiques rapportent que les travailleurs migrants avaient souvent été obligés d’accepter des salaires bas pour trouver du travail ces derniers mois », a écrit le Wall Street Journal.

Les doutes soulevés sur les statistiques chinoises sont en dernière analyse une expression de la fragilité de son système d’exploitation de la main-d’œuvre bon marché. En dépit des efforts qui sont faits pour dresser un tableau plus positif, y compris la manipulation des statistiques, l’impact de la crise économique mondiale ne peut pas simplement être caché par des moyens bureaucratiques.

 

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