TPE : Le gouvernement n’inspire toujours pas confiance aux patrons de TPE

Par Fiducial/Ifop

Ce 39ème baromètre de conjoncture des Très Petites Entreprises, réalisé par l’Ifop pour FIDUCIAL, dévoile un léger redressement des indicateurs de conjoncture (situation financière, emploi, accès au crédit). Pour autant, le contexte économique et financier des TPE demeure difficile. Les patrons de TPE sont maintenant 72% (+3 points par rapport à avril et au même niveau qu’au début de la crise) à être pessimistes sur la situation économique de la France.

Emploi : une amélioration temporaire due principalement à l’activité saisonnière
L’indicateur de créations nettes d’emplois* est positif et en hausse
pour ce 2ème trimestre 2010, avec un indice de +2 (contre -1 au précédent trimestre). On retrouve les scores de juillet 2009 (+2,5) et ceux de juillet 2008 (+2).
Le faible recours au CDI (un tiers des embauches du 2ème trimestre contre 58% en CDD) et des prévisions de suppressions de postes en forte hausse (7% d’ici fin septembre contre 4% entre avril et juin dernier) démontrent que les patrons de TPE ne se projettent pas dans une perspective de croissance pérenne. D’ailleurs, selon les prévisions pour le 3ème trimestre, l’indicateur de créations nettes d’emplois repasserait dans le rouge, à -0,5.

Une situation financière toujours préoccupante en dépit d’une inversion de tendance
Sur les trois derniers mois, l’indicateur de situation financière** s’infléchit certes dans le bon sens (-17% contre -24% en avril), mais il demeure largement dans le rouge.
Les patrons de TPE ne sont plus que 31% (contre 40% au trimestre précédent) à considérer leur situation financière préoccupante. Et s’ils sont toujours 11% à envisager une cessation de leur activité d’ici la fin de l’année, c’est un niveau inférieur de 7 points par rapport à juillet 2009.
Les dirigeants de TPE projettent une baisse sensible de leurs ventes au 3ème trimestre 2010 (-3,2% contre en moyenne -1% sur les trois précédents trimestres).
Les dirigeants de TPE restent cependant majoritairement optimistes pour leur activité (55%) avec une appréciation positive plus marquée chez les jeunes de mois de 35 ans (60%).
 
Un durcissement des conditions d’accès au crédit moins durement ressenti
Interrogés sur les conditions d’accès au crédit, les dirigeants sont moins nombreux (19% soit -5 points par rapport au dernier baromètre) à déclarer avoir subi un durcissement de la part de leur banque. Cette diminution est toutefois concomitante à une réduction sensible des demandes de financement (22%, -6 points).

Le gouvernement ne convainc toujours pas
Avec une crise qui perdure et une situation économique instable, les patrons ne sont que 33% (-2 points) à faire confiance aux mesures prises par le gouvernement. C’est le plus bas niveau de confiance depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

Comme le souligne Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles de Fiducial : « l’infléchissement plutôt positif des principaux indicateurs de tendance survient à l’approche de la période estivale. C’est pourquoi il est pour le moins prématuré de conclure à un frémissement durable de reprise de l’activité. A ce titre, l’amélioration de la perception des banques par les patrons de TPE masque en fait une autre réalité, le renoncement à investir et donc à demander des financements ».

* Indice de créations nettes de postes (différence entre la création et la suppression de postes)
** Indicateur de situation financière (pourcentage d’amélioration de situation financière moins pourcentage de dégradation)

Des emplois d’abord, des retraites ensuite…

Par Emile Domski (D&E)

L’agenda social-politique de cette année prévoit, selon les accords de 2006, une révision et une adaptation des politiques des retraites.

Les débats commencent avec une polémique récurrente sur l’âge de départ à la retraite qui serait décisif en termes de garantie du niveau de ces retraites et d’équilibre du système de répartition.

Il nous semble que le problème n’est pas bien posé, en particulier par le patronat et le gouvernement : la vérité, c’est que, quelles que soient les déclarations et pour un ensemble de raisons qui remontent à l’après 68, le patronat français n’aime pas l’emploi: la culture dominante, c’est que le recrutement d’un salarié est un coût pour l’entreprise, à la différence de l’investissement dans une machine qu’on amortit.Parler des retraites sans parler de l’emploi consiste à prendre le problème du côté des conséquences et non pas des causes.

Quels sont donc les termes de l’équation?

Les Français et leurs représentants syndicaux disent tous être attachés à la répartition – qui implique que les actifs (qui cotisent, donc qui touchent un salaire) financent les retraités (et les chômeurs suivant le même principe). Si on ne met pas en cause ce principe de financement et si on ne crée pas d’emploi (pour les jeunes qui peinent à entrer dans la vie active et pour les seniors qui présentent déjà un taux de chômage record dès 55 ans, nonobstant les déclarations et exhortations des uns et des autres) et si on ne relève pas les salaires (donc le montant des cotisations)  comment on va résoudre ce problème ?

Les politiques, qui sont les champions du dégagement en touche, nous dirons que, de toute façon, le problème existe du fait de l’allongement de la durée de vie. Argument spécieux: s’il y avait de l’emploi, beaucoup de seniors accepteraient de travailler plus longtemps, éventuellement avec une durée de travail et un traitement allégés pour pouvoir former des jeunes qui sont les cotisants de leurs futures retraites.

Donc, le problème des retraites pose la véritable question de l’emploi, qui renvoie elle-même au problème du modèle économique de développement en France;

 la Chine ne réussit pas par magie ou sous l’influence des astres: elle a opté pour un modèle productiviste qui en fait l’usine du monde avec des coûts de production bas et une monnaie faible pour prendre les marchés; globalement, ça marche. Que veut être la France, que veut l’Europe, comment tirons-nous parti de nos atouts (pour en faire des avantages compétitifs) avec un euro fort?

Peut-être peut-on cesser de se dire qu’on a les meilleurs politiques, patrons, haut fonctionnaires, grandes écoles,…du monde, à les lire, à les entendre et à constater les résultats. Peut-être peut on revenir au vrai débat, en privilégiant d’autres voies tout en préservant ce qui peut l’être en attendant.

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