L’ENA ou Le bal des « petits lits blancs »

Edito par Dominique Guizien (D&E)

L’Ecole Nationale d’Administration, qui fait notre fierté administrative et cristallise l’exécration de nos concitoyens, ne mérite ni cet excès d’honneur, ni ce surcroît d’indignité. La réalité est plus prosaïque : l’ENA a fait son temps, du moins sous cette forme-ci et avec ces pratiques-là.

Le débat autour du classement est typiquement le genre de discussions byzantines qui font penser que nos élites vivent à côté de leur vie. En effet, le classement n’intéresse que les 15-18 premiers, ceux qui par ce biais peuvent espérer intégrer les Grands Corps. Je traduis : les grands corps, ce sont le Conseil d’Etat, la Cour des Comptes, l’Inspection Générale des Finances, par ordre alphabétique. Le classement, c’est la quintessence de la méritocratie républicaine et serait effectivement un bon système s’il ne présentait deux défauts. Le premier est lié à la dérive politico-administrative qui a fait qu’au fil du temps, le système des Grands Corps est devenu un formidable accélérateur de carrière. Le deuxième est lié aux modalités de classement qui fait la part trop belle encore aux épreuves académiques où l’agilité intellectuelle prime tout. Quant à l’appréciation des stages, il s’agit d’une note très subjective où les qualités de managers n’ont pas nécessairement la part la meilleure. Or accélérateur de carrière veut dire manager très jeune. On voit alors la difficulté. Lire la suite

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