La règle est d’or mais l’étalon n’est pas le même d’un pays à l’autre

Par Dominique Guizien

Depuis plus d’un an, les rigoristes budgétaires n’ont plus que cette expression à la bouche « la règle d’or ». Voilà une merveilleuse invention sémantique. En parlant de la règle, on pense aussitôt au mètre étalon, déposé au Pavillon de Breteuil, c’est-à-dire quelque chose d’intangible, d’immuable et qu’on ne peut trangresser. Et qui plus est, cette régle est en or, ce métal à la fois précieux et magique, tellement magique même qu’il fut lui aussi l’étalon du système monétaire. On joue donc sur toutes les ressources de l’imaginaire collectif auquel j’aurai pu rajouter cette image  « règle »= « baguette » qui ne peut être que magique.

On est donc complètement sorti de la rationalité pour rentrer dans le discours fantasmatique. Qu’en est-il ailleurs ? Regardons chez les fondateurs de ce principe d’orthodoxie budgétaires, les Suisses et les Allemands !

Ils ne parlent pas de règle d’or mais ils utilisent la même expression pour en parler « Schuldenbremse » , c’est-à-dire « frein de la dette ». C’est moins poétique mais c’est plus parlant, car enfin ce système que nos dirigeants rigoristes nationaux et européens veulent nous imposer, ce n’est ni plus ni moins qu’un mécanisme pluri-annuel de réduction des déficits publics .

Dès lors, on se demande pourquoi il est nécessaire d’en faire tout un débat national. Ce débat a déjà eu lieu mais dans un autre cadre. Lors du référendum sur le Traité de Maastricht, pas le référendum de 2005, le premier, celui qui donna une réponse positive de justesse, ceux qui ont eu le courage de lire les deux cents et quelques pages du traité ont vu qu’il était inscrit dans le marbre que les déficits publics des états ne devaient pas dépasser un seuil annuel fixé en pourcentage du PIB et que l’endettement public ne devait pas lui non plus dépasser un autre pourcentage du PIB. C’est ce qui a été popularisé par l’expression « critères de Maastricht ».

Partie intégrante du Traité, ces mesures ont une valeur juridique supérieure à la Constitution Nationale, dès lors qu’elles ne sont pas contraires aux principes énoncés dans ladite Constitution.

Il n’est donc pas nécessaire de vouloir introduire dans la Constitution des mesures plus contraignantes surtout si nos partenaires n’en font pas autant simultanément.

Or les Allemands ont bien voté un frein à l’endettement mais il ne s’appliquera qu’à partir de 2016, les Espagnols ont voté ce qu’ils appelé une règle d’or mais pour eux c’était vital car ils avaient besoin de rassurer ABSOLUMENT les financiers, les Portugais qui sont dans le même situation en ont fait autant, les Italiens qui n’en sont pas loin ont promis de le faire, les Irlandais qui pourtant ne sont pas dans une situation meilleure que les Ibériques n’ont rien fait , les Autrichiens ont refusé de voter une telle mesure.La Pologne a inscrit l’équilibre budgétaire dans sa Constitution mais c’était juste après la décommunisation  et elle pensait bien faire en donnant des gages aux économistes ultra-libéraux de l’école de Chicago qui peuplaient (qui peuplent encore ?) le FMI et la Banque Mondiale.

Pour en revenir à la France, on aurait pu commencer par respecter les propres règles que nous avions édictées. Dans la foulée de la mise en place de la loi organique relative aux lois de finances (la fameuse LOLF), le ministère des Finances a réussi à imposé les “triennaux”, c’est à dire des lois triennales de programmation des lois de finances. On en est au deuxième cycle triennal et le moins qu’on puisse dire est que le gouvernement actuel ne s’est jamais vraiment senti contraint par  ces « trajectoires budgétaires »Pour en rester à la France, on aurait pu commencer par éviter de creuser artificiellement  les déficits en multipliant les cadeaux fiscaux. Il eut été courageux de reconnaître que certains étaient de réelles erreurs stratégiques et il se serait grandi de les remettre en cause. Certes, cela ne représente qu’un partie du déficit structurel mais 12 à 14 milliards par an, cela fait pour reprendre l’arithmétique un peu particulière du chef du gouvernement, 480 à 560 milliards sur 40 ans.

Revenons déjà à l’application des règles du Traité Européen, gardons la possibilité d’avoir une action budgétaire contracyclique et améliorons le traité européen lui-même en fixant une règle d’équilibre sur un cycle économique et en affinant peut-être les critères , la référence au PIB n’étant peut-être par ce qu’il y a de plus judicieux.

Pour illustrer cette dernière remarque, je voudrais juste souligner un point : en 2012, le déficit public représentera  3.7% du PIB, ce qui paraît somme toute redevenu raisonnable mais ces 77 milliards représenteront quand même plus de 1/5° des dépenses, ce qui est pour le coup totalement déraisonnable d’autant plus qu’il ne s’agit pas de financer des dépenses d’investissement

L’année qui s’achève

Par Paul Jorion

D’abord, un petit rappel. Le cadre global, c’est celui d’un système où l’argent manque en général là où il est nécessaire. Il faut alors l’emprunter et payer des intérêts. Comment se détermine le niveau des taux d’intérêt ? C’est le produit d’un rapport de force où interviennent trois facteurs : 1) l’offre et la demande de capitaux, 2) le rendement de l’économie (on est « partageux » quand le choses vont bien, beaucoup moins quand elles vont mal) et 3) le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque de non-remboursement. (Les économistes mentionnent aussi l’anticipation de l’inflation. Une « anticipation » est une représentation, elle peut déterminer le degré de résolution individuelle mais elle n’a aucun impact sur le rapport de force entre prêteur et emprunteur).

Quand, comme aujourd’hui, les taux sont élevés essentiellement parce que la part « prime de risque » est élevée, l’emprunteur se trouve pris dans un cercle vicieux : la prime de risque élevée accroît sa difficulté à rembourser, autrement dit augmente son risque de défaut. C’est le drame de l’Europe aujourd’hui. Lire la suite

UNE FAILLITE INTELLECTUELLE ET POLITIQUE

Par Christian Gomez

Money conceptPar les temps qui courent, il ne fait pas bon d’être banquier. Par avidité et appât du gain, ceux-ci auraient pris trop de risques et conduit le système financier à la à la faillite. C’est là réécrire déjà l’histoire d’une manière bien sommaire, car les vrais responsables sont d’abord ceux qui ont créé le système qui a pu laisser libre cours aux « esprits animaux » des banquiers d’investissement et « traders » de Wall Street et d’ailleurs, et à tous leurs nombreux suiveurs dans les directions d’entreprises… Voyons donc quels sont les vrais fauteurs de faillite !

Première faillite : la science économique dominante

Depuis 20 ans, des gourous qui sont à la science ce que les sorciers sont à la médecine nous assènent des « vérités » dont les fondements empiriques sont quasi-inexistants : les quantités de monnaie et de crédit n’ont pas d’importance ; les agents économiques forment leurs anticipations indépendamment de leurs expériences passées et d’une manière rationnelle ; les marchés sont efficients ; la conjoncture économique peut être régulée par les seuls taux d’intérêt réels ; les marchés ne se trouvent jamais mieux que laissés à eux-mêmes (laisser-fairisme)… On avait déjà vu à l’œuvre ces théories dans la plus grande catastrophe de l’histoire économique (le passage de la Russie à l’économie de marché). Force est de dire que ces économistes portent une part écrasante dans la formation des élites et le climat intellectuel qui ont conduit aux autres faillites.

Deuxième faillite : Les autorités politiques

De ce point de vue, l’échec est multi-dimensionnel.

Une mondialisation sans règles aux conséquences désastreuses : Fondé sur une théorie correcte mais inadaptée, laAustrian Parliament, Vienna théorie des coûts comparatifs de Ricardo, et sans tenir compte de la foire d’empoigne que représente le système monétaire international aujourd’hui, le processus de mondialisation qui a débuté réellement au début des années 90 a conduit à une désarticulation accélérée de l’industrie des pays industrialisés et à une forte pression sur les revenus des ménages, en particulier les catégories les plus fragiles. Pour maintenir la croissance, les gouvernements ont vu dans les politiques monétaires expansionnistes et l’accroissement de l’endettement des ménages des échappatoires dont ils n’ont cessé de vanter les mérites jusqu’à une date récente.

Un Système monétaire international à vau-l’eau : Avec un dollar à la dérive, soumis aux aléas des politiques menées par les Etats- Unis à des fins intérieures, et face à des pays émergents cherchant à renforcer leurs avantages de coûts par des dévaluations ultra compétitives avant de s’arrimer au dollar, aucune autorité n’a pris la mesure des conséquences des évolutions constatées en termes de commerce international et de création de liquidités. Elles ont ainsi préféré pratiquer une politique de « benign neglect » dont elles porteront l’entière responsabilité devant l’histoire.

Un système bancaire totalement débridé : Les Banques ont fait des profits considérables pendant cette période (plus de 50% des profits entreprises aux Etats-Unis) avec des taux de rentabilité du capital après impôts ahurissants (plus de 20%), soulevant parfois la réprobation générale devant le train de vie des dirigeants ou les bonus extravagants. Mais à aucun moment, les autorités ne se sont interrogées sur les causes réelles de ces faits extraordinaires et les risques encourus. Ainsi, elles ont laissé se constituer d’énormes conglomérats bancaires dont le sauvetage apparaît maintenant au-delà des possibilités des Etats (too big to save) ; elles n’ont aucunement veillé à renforcer la concurrence interbancaire et ont laissé se constituer des oligopoles entre ces mastodontes, dont le plus ancien et le plus célèbre est celui que constituent les firmes de Wall street ; elles ont avalisé toutes les réformes de « libéralisation » réclamées par les banques sans aucun esprit critique. Tout cela, sans que l’on puisse dire que le secteur financier, tel qu’il s’est développé, ait vraiment aidé à la croissance. Peut-être même peut-on soutenir le contraire…

Troisième faillite : Les politiques monétaires

Il s’est produit à partir de 1995, sans doute en liaison avec les premiers effets de la mondialisation, une rupture dans les politiques monétaires, qui apparaît avec évidence à l’analyse du graphique ci-contre. Délaissant toute58169c6bf77ed318de636e99f4b72a5 contrôle par les réserves bancaires, une nouvelle politique à été mise en œuvre, dite « objectif d’inflation » (inflation targeting) qui consiste à convaincre les acteurs économiques de la crédibilité des autorités monétaires dans leur volonté de tenir un objectif d’inflation basé sur un indice dit « core inflation » (prix hors prix alimentaires et énergétiques). Pour ce faire, les autorités monétaires ont cherché à convaincre le marché qu’elle réagirait sans faiblir par une manipulation adéquate des taux d’intérêt à toute divergence par rapport à l’objectif de 2% de « core inflation ». En fait, tout dans cette politique est absurde. Absurde lorsque l’on sait que l’inflation est un indicateur en retard sur la conjoncture économique et donc que toute action en fonction de ce seul critère risque d’amplifier le cycle et non de l’amoindrir (cas de Mr Trichet depuis le début de la crise). Absurde car, pendant que ces autorités montaient la garde derrière cette nouvelle « Ligne Maginot », l’indice « core inflation » fortement biaisé à la baisse par l’arrivée des pays émergents (Chine) sur les marchés de produits manufacturés, le monde était submergé de liquidités et tous les marchés d’actifs et de marchandises (immobilier, actions, obligations, produits alimentaires et énergétiques) explosaient.

Quatrième faillite : Les Autorités de Contrôle

Elles sont aujourd’hui vilipendées mais pas toujours à bon escient. Leurs fautes sont certes lourdes : inconscience devant le risque de liquidité résultant du grossissement démesuré des bilans bancaires ; cécité complice devant le développement du « système bancaire fantôme » (shadow banking system) ; manque d’esprit critique concernant ap104s3105les « nouveaux » produits devant les raisonnements probabilistes « impeccables » de jeunes gens choisis parmi les plus brillants des Ecoles d’Ingénieurs. Cependant, on ne peut leur reprocher ce qui était plutôt du ressort des Autorités Monétaires. En regardant la qualité des actifs bancaires actifs par actif et en faisant dépendre la couverture en capital de la nature des transactions, elles étaient bien sûr incapables de prendre en compte la résultante de toutes ces actions, c’est-à-dire le risque de crise systémique. Chaque crédit hypothécaire considéré en lui-même peut apparaître sain. Mais, un empilement des mêmes crédits, qui pousse les prix de l’immobilier à 40% au-dessus de leur niveau d’équilibre de long terme, remet en cause nécessairement la solidité de l’ensemble et, finalement, la rationalité de l’ensemble des décisions prises. Or, le contrôle d’une telle situation n’entre pas dans le champ des Autorités de Supervision et c’est le point essentiel pour expliquer la crise d’aujourd’hui.

Conlusion

Ainsi, cette crise, au-delà de ses effets visibles par tous, révèle en fait un problème d’une gravité extrême, l’invalidation des schémas de pensée qui ont fondé les principes directeurs de l’action au cours de la dernière décennie. Il faut bien sûr prendre des mesures d’urgence à court terme pour parer au plus pressé, mais il faut surtout se préparer à une refondation générale de notre système économique et regarder l’avenir avec des idées neuves ou, à tout le moins, plus solidement établies que celles qui nous ont menés à la catastrophe.

Dans quelques mois : le prochain krach : la bulle obligataire

Par Rachel Cado (D&E)

Rachel-CadoUn plan de relance d’une ampleur conséquente entraîne des tensions insoutenables sur le marché obligataire et donc un krach à moyen terme, c’est le marteau ou l’enclume… Le besoin de financement généré par les plans de relance est un des effets pervers, d’une bonne volonté peut résulter des maux bien plus grands, car ces plans n’ont pas fait l’objet ni d’une coordination mondiale ni d’une étude d’impact sur les marchés de capitaux et encore moins de la définition d’une procédure d’intervention sur ces marchés. L’examen du besoin de financement mondial face au fonctionnement et aux conditions actuelles du marché des capitaux permet de comprendre le déroulement et l’avancée de la bulle obligataire.

A. LES PLANS DE RELANCE SE TRADUISENT PAR UN BESOIN DE FINANCEMENT COLOSSAL

Money conceptLes plans de relance ont généré des besoins de liquidité gigantesques sur le marché obligataire.En effet hormis la Chine qui a les moyens d’autofinancer ses besoins, les pays occidentaux à commencer par les Etats-Unis ne peuvent financer leurs plans de relance que par l’endettement. Concrètement la dette US représentera 80% du PIB en 2009 et 100% en 2014 (FMI forecast dans le scénario le plus optimiste : reprise économique 2010 sans problème majeur).

Ainsi sur seulement une année, le besoin de financements supplémentaire est le suivant : Ø 700 mds$ : Plan Paulson (sauvetage des banques)

Ø 800 mds$ : Plan Obama (plan de relance)

Cela amènera le déficit US à 13% du PIB en 2009 contre 5% en 2008.

Au niveau européen les plans restent bien plus modestes (ne dépassant pas 1 à 2% de PIB) mais requièrent également des liquidité sur le marché de l’endettement, de telle sorte que le besoin de financement des administrations publiques au niveau mondial atteint 6 000 mds$.Certes ces plans de relance sont jugés indispensables et vont permettre de stimuler voire de susciter un redémarrage économique, du moins une transition des pays occidentaux vers le modèle économique de la connaissance et de la croissance verte correspondant à la nouvelle donne économique et financière, transition qui n’avait pas été entreprise ou prévue. Ils sont donc attendus avoir un effet positif sur l’économie et la sortie de « crise ».

Cependant le revers de la médaille est que le besoin de financement repose sur l’endettement, et ceci peut avoir un effet inverse : aggraver et approfondir la crise.

B. BESOIN DE FINANCEMENT ET MARCHE DE L’ENDETTEMENT : MECANISME ET RISQUES

Dans la mesure où le financement repose sur l’endettement, cela signifie que les Etats doivent se financer sur le marché de l’endettement c’est-à-dire sur le marché obligataire en procédant à des émissions obligataires, en l’espèce les US font des émissions de T-Bills, T-Notes et T-Bonds

c’est-à-dire de Bons du Trésor 2 ans, 5 et 10 ans, et 30 ans, avec une prédilection sur cette opération pour les maturités 2 et 10 ans (effet de liquidité et d’opportunité de placements).

Le point crucial est donc d’établir les conditions de possibilité du marché obligataire : est – il évident de lever des sommes de cette ampleur? Il y a-t-il suffisamment de demande (=capacité de placement)? Comment se comporte ce marché ? A quel niveau (=coût) pourront se faire ces levées de fonds? Quel impact cela aura-t-il sur ledit marché obligataire et par ricochet sur les marchés financiers en général?

En tout premier lieu il faut avoir en tête que cet appel au marché se fait dans un contexte de baisse de l’attrait des investisseurs, en se gardant par de là -même de dire de raréfaction des liquidités car celles-ci sont plus abondante que jamais surtout au regard des injections massives des banques centrales… mais il s’agit d’une raréfaction de la circulation des liquidités. Dès lors si l’attrait des investisseurs est déjà en fort recul, cela signifie que le placement des émissions sera difficile, et peut être même dans certains cas impossible. La conséquence mécanique de ce placement difficile est le paiement d’un taux d’intérêt plus élevé à l’investisseur, et s’agissant d’une émission d’Etat, cela signifie une hausse forte voire violente des rendements sur la maturité concernée donc des perturbations très vives sur la courbe des taux.

Les 3 risques concomitants à l’explosion des émissions obligataires

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Ø Des tensions très vives sur les maturités d’émissions c’est-à-dire une très forte remonté des taux concernés par rapport aux autres taux de la courbe donc ce qu’on appelle sur les marchés des déformations de courbes.

Ø La hausse vive des taux signifie la baisse du prix des titres, reste donc à craindre desmouvements de baisses fulgurants sur les marchés obligataires (ce qui est d’autant plus graves qu’il s’agit de marchés d’Etat AAA donc le marché « refuge »), et peut donc aboutir à une situation de krach entraînant une fuite des capitaux des marchés financiers asséchant l’économie mondiale et réduisant à néant les efforts cumulés des Etats avec les plans de relance et des banques centrales avec les injections de liquidité.

Ø Parallèlement une violente remontée des rendements signifie une violente remontée de l’inflation qui combinée avec une situation de krach financier et de blocage économique serait assez dramatique.

C. ETAT ACTUEL DIFFERENCIE DES MARCHES OBLIGATAIRES CIBLES

La Chine est de plus en plus réticente à financer la dette US

Le plus gros demandeur sera les US, sur un marché déjà en forte tension, en effet 2/3 de la dette US est actuellement financée par la Chine, or celle-ci devient de plus en plus réticente à poursuivre et encore moins augmenter cet e effort de financement :

Ø La crise a demandé un recentrage des investissements sur le marché intérieur

Ø La crise rend la dette US moins attractive car elle est officieusement « downgradée » (sa notation officieuse n’est plus AAA)

Ø Les perspectives inflationniste et de krach obligataire rendent ce type de placement peu recommandable

Ø La forte progression de sa demande intérieure la rend moins dépendante des US en termes d’exportations et donc de soutien de la consommation interne par le soutien de l’endettement par l’achat des Bons du Trésor… ses réserves de change étant en $ ainsi que ses exportations on comprend qu’elle remette en cause la suprématie du $…

Ø La Chine souhaite maintenant orienter ses liquidités vers des placements plus rentables : marché des PME européennes et économie de Moyen Orient

Les investisseurs sont en retrait des marchés de capitaux, d’où une demande réduite face à une offre devenant gargantuesque.

La crise a réduit l’investissement des liquidités sur les marchés des capitaux qui ont été en situation d’assèchement (repli des investisseurs) et les injections massives des banques centrales sont très loin de se traduire par le rétablissement du circuit des liquidités de l’interbancaire c’est-à-dire par le rétablissement de la confiance… car la primauté a été donnée aux sauvetage des banques, ainsi en Europe le sauvetage banques européennes représente 3000 mds€ (Commission Européenne), qui comme chacun sait se recapitalisent mais injectent peu..

Le drainage des liquidités présente un riche d’assèchement du marché des capitaux

Comme vu ci-dessus le marché des capitaux est déjà relativement réduit, mais si l’on tient compte que l’Europe va opérer une ponction exceptionnelle et que les plans de relance des US demandent une captation des 2/3 de l’épargne mondiale, on mesure non seulement le risque que cela représente pour le marché des capitaux mais aussi également pour l’économie dans la mesure où l’essentiel des liquidités disponibles (que les détenteurs consentent à mettre en circulation) sera monopolisé et de ce fait non disponible pour l’économie réelle.

La courbe des taux subit déjà des tensions en raison de :

Ø Signes d’anticipations de reprise économique (ralentissement des achats d’obligations = titres de la dette publique)

Ø Anticipations inflationnistes (détente quantitative de la Fed = création monétaire)

Ø L’explosion mondiale des besoins de financement publics sera le coup de grâce final

Les points de courbe à surveiller

Ø US : les maturités 2 ans et surtout 10 ans seront fortement sollicitées d’où une pentification violente du segment 2-10 US et un aplatissement du segment 10-30US.

Ø Europe : les mouvements seront plus atténués mais tout de même fortement significatifs, les maturités les plus sollicitées seront le 5 et 10 ans.

Les collectivités territoriales dans la tourmente du financement devront jouer serré

Cette situation sera fortement préjudiciable aux collectivités territoriales françaises, qui d’une part ont des expositions importantes en produits structurés de pente multi devises et intra et inter courbes avec des effets de leviers, et qui d’autre part ont-elles- mêmes un fort besoin de solliciter le marché des capitaux pour se financer elles- même ou leur économie locale que ce soit par des émissions obligataires (projets à long terme, infrastructures routières…), par le financement de projets (financement direct) ou par l’appel public à l’épargne (fonds PME, innovation, FIP….). Il sera donc essentiel quelles soient accompagnées de manière très professionnelle par des experts indépendants qui ont un accès privilégiés au différents circuits de financements professionnels, étant donné que ces opérations sont nouvelles pour la plupart d’entre elles, que le marché du financement sera relativement difficile sur les 2 ans à venir, et qu’il faudra envisager directement des sources de financements alternatives permettant de lever des fonds plus facilement et à moindre coûts comme les émissions obligataires en « sukuk » (finance islamique) ou les émissions par tranches sur des maturités longues avec des pools de financements Moyen Orient en finance conventionnelle. De la même façon les fonds d’appel publics à l’épargne devront résulter d’un montage et être gérés de telle manière à répondre précisément aux besoins du tissu économique local, à une stratégie économique clairement définie par les acteurs, à l’appui et à la participation des institutions financières locales éventuellement en pool, à une sélection rigoureuse des entreprises et à un accompagnement professionnel des entreprises leur permettant de repenser leur « business model », développer leur activité dans les directions propices au développement et à l’exportation, ce qui signifie une gestion indépendante qui intègre parfaitement la volonté des territoires initiateurs et acteurs.

Apparemment cette ponction massive et désordonnée sur le marché obligataire mondial est une erreur qui se présente comme dangereuse, pourquoi? On a agi sur la liquidité au lieu d’agir sur la confiance et sur l’orientation de la liquidité, on a attaqué la conséquence et non la cause, mais alors qu’aurait il fallu faire ou prendre en compte parallèlement?

ON EN REVIENT TOUJOURS A LA CAUSE QUI ETAIT LE RETABLISSEMENT DE LA CONFIANCE, CAR LES LIQUIDITES SONT PLUS QUE JAMAIS PRESENTES MAIS BLOQUEES, LE BUT NETAIT DONC PAS DE FAIRE DES INJECTIONS MASSIVES QUI NONT PU QUE FAIRE GROSSIR LA BULLE ET REDUIRE LA CONFIANCE.

Ø Rétablir la confiance : faire montre d’une compréhension globale de la situation avec une action mondiale (ou au moins Européenne et Etats-Unis) coordonnée

Ø Rétablir et redéfinir le circuit des liquidités par une politique commune au niveau bancaire qui implique d’intervenir directement dans le capital et donc dans la gestion des banques pour réglementer la prise de risque hors bilan et redéfinir les critères et processus d’attribution de crédit avec des obligations de résultats.

Ø Cette réorientation des liquidités permet de mettre en oeuvre des plans de relance  économique reposant sur les liquidités existantes et non seulement sur l’endettement.

Ø Le recours à l’endettement et aux marchés de capitaux se doit d’être coordonné au niveau mondial avec un examen du marché, de la capacité de placement et de l’impact financier et économique des opérations

Ø Il doit en résulter la définition d’une procédure d’intervention coordonnée, mesurée et contrôlée sur le marché primaire concernant les très gros montants.

Ø Les émissions doivent être échelonnées par tranches sur le moyen terme

Ø Situer l’action financière dans le cadre du nouveau SMI (Système Monétaire International) dont les leaders sont le Moyen Orient et l’Asie

Ø Situer l’action économique adaptée au nouveau cadre économique régional : Moyen Orient, Asie, Amérique Latine, Europe de l’Est, Occident (Europe et Etats-Unis).

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